Percuté par un train et laissé pour mort, un chat roux est retrouvé vivant 24 heures plus tard sur les rails
Un conducteur de train aperçoit une silhouette immobile sur les rails, un samedi soir, près d’une gare de Long Island aux États-Unis. Il pense à un animal mort et poursuit sa route. Vingt-quatre heures plus tard, la même forme est toujours là — sauf que cette fois, elle bouge. Ce chat roux, aussitôt baptisé « Garfield » par ses sauveteurs, vient de survivre à l’impossible. Son histoire, relayée par le New York Post, est un petit miracle à poils.
Un samedi soir, entre les rails de la gare de Lindenhurst
La scène se déroule le 11 avril au soir, sur la ligne du Long Island Rail Road (LIRR), l’un des réseaux ferroviaires de banlieue les plus fréquentés des États-Unis. Le conducteur repère une masse orangée sur les voies, à proximité de la gare de Lindenhurst, entre deux stations. Selon lui, l’animal semble inerte. Aucune réaction visible, pas de mouvement. Il conclut logiquement qu’il est trop tard et ne s’arrête pas.

Ce qu’il ignore, c’est que le félin est bel et bien vivant. Coincé entre les rails, blessé, le chat va rester immobile pendant près d’une journée entière. Sur un réseau ferroviaire où circulent des dizaines de trains quotidiens, chaque heure qui passe sans qu’il soit repéré réduit ses chances de survie. Les voies du LIRR comportent un troisième rail électrifié — un danger mortel pour n’importe quel animal ou humain qui s’en approcherait.
Pourtant, dimanche soir, un nouveau signalement tombe. Quelqu’un remarque une boule de poils toujours présente au même endroit. Et cette fois, elle remue. L’alerte est donnée, et une opération de sauvetage peu banale se met en place. Un scénario qui rappelle d’autres sauvetages spectaculaires d’animaux à travers le monde.
« Ce qui m’inquiétait le plus, c’était sa réaction »
John DeBacker, sauveteur animalier basé à Long Island, reçoit l’appel dimanche en fin de journée. Spécialisé dans les interventions délicates, il sait que récupérer un animal blessé sur des voies ferrées actives est tout sauf anodin. Sa première décision : contacter la police des transports métropolitains (MTA Police) pour faire sécuriser la zone et couper le courant du troisième rail.
Les agents de la MTA se déploient rapidement. Sur les images diffusées sur les réseaux sociaux, on voit les policiers avancer pas à pas vers le chat, lampes torches en main, entre les traverses et les rails. Le félin est recroquevillé sur lui-même, visiblement terrorisé. « Ce qui m’inquiétait le plus, c’était de ne pas savoir comment il allait réagir », confie John DeBacker. Un chat apeuré et souffrant peut griffer, mordre, ou pire : fuir vers le rail électrifié.

Mais « Garfield » — ce surnom lui sera donné quelques minutes plus tard, en référence au célèbre chat roux de bande dessinée — ne fait rien de tout cela. Au contraire. Quand le sauveteur l’enveloppe dans un filet, l’animal se laisse faire sans résistance. Aucune tentative de morsure, aucun coup de griffe. Une fois placé dans la cage de transport, il se montre même étonnamment affectueux.
Des blessures légères pour un choc à grande vitesse
Comment un chat de quelques kilos peut-il survivre à l’impact d’un train lancé à pleine vitesse ? La question semble défier toute logique physique, et pourtant le bilan médical de Garfield est remarquablement clément. Examiné par les vétérinaires d’une association locale de protection animale, le félin ne présente que des blessures légères.
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Plusieurs hypothèses circulent. La plus probable : le chat se trouvait entre les rails au moment du passage du train, et non sur l’un d’eux. L’espace entre les roues et le sol d’un wagon peut suffire à laisser passer un animal plaqué au sol. Le choc aurait pu être un impact latéral ou un effet de souffle, suffisant pour blesser mais pas pour tuer. Les accidents impliquant des animaux réservent parfois ce type de surprises.
Ce qui impressionne davantage les sauveteurs, c’est la résistance du chat pendant les 24 heures suivantes. Blessé, exposé aux intempéries, terrifié par le passage régulier des trains à quelques centimètres de lui, Garfield n’a pas bougé. Comme figé, il a attendu — sans eau, sans nourriture — que quelqu’un revienne le chercher. Un comportement que les spécialistes expliquent par un état de sidération, fréquent chez les animaux traumatisés.
Pourquoi « Garfield » et pas un autre nom
Le surnom n’a rien d’un hasard. À peine sorti des voies, le chat roux à la carrure imposante a immédiatement évoqué le personnage créé par Jim Davis. « Il est gros, roux, et il a l’air d’en avoir vu d’autres », plaisantait un internaute sous la publication de la MTA Police sur les réseaux sociaux. Le post, accompagné de la vidéo du sauvetage, a rapidement fait le tour du web américain.
La police des transports y décrit la scène avec un laconisme tout new-yorkais : « Not a place you want to be — between the third rails. » Pas l’endroit idéal pour traîner, entre les troisièmes rails. Le message se conclut par un simple « Close call » — on l’a échappé belle. Depuis, des milliers de commentaires affluent, beaucoup demandant des nouvelles du félin ou proposant de l’adopter. Un élan de solidarité qui rappelle celui observé lors du sauvetage de chiots abandonnés à Houston.

Un félin sans puce, sans collier, sans propriétaire connu
Malgré les recherches, personne ne s’est manifesté pour réclamer Garfield. Le chat ne portait ni collier ni puce d’identification au moment de son sauvetage. Difficile de savoir s’il s’agit d’un animal domestique échappé ou d’un chat errant qui s’est aventuré sur les voies. Long Island compte, comme beaucoup de zones périurbaines américaines, une population importante de chats libres vivant à proximité des infrastructures ferroviaires.
Pour l’heure, le félin est pris en charge par une association de protection animale locale. Ses blessures, qualifiées de légères, nécessitent tout de même un suivi vétérinaire. Les frais vétérinaires sont couverts par l’association, qui devrait proposer Garfield à l’adoption une fois son rétablissement complet.
En attendant, John DeBacker savoure ce dénouement. Le sauveteur, habitué aux interventions compliquées, admet que celle-ci l’a marqué : « Il n’a pas essayé de mordre. Une fois dans les bras, il était même très affectueux. » Comme si Garfield savait qu’on était enfin venu le chercher. Pour ceux qui doutaient encore de la légendaire résistance des chats, ce rescapé du rail vient d’ajouter une neuvième vie à la liste. Un destin exceptionnel, dans la lignée de ce chien sauvé de manière extraordinaire dont l’histoire avait ému des milliers de lecteurs.