Gazole, Netflix, kebab… Ce que coûtaient 8 dépenses du quotidien il y a 10 ans fait vraiment mal

Vous avez l’impression que tout coûte plus cher qu’avant ? Ce n’est pas une impression. Une étude chiffrée a comparé le prix de huit dépenses courantes entre 2016 et 2026. Le résultat dépasse largement les 22 % d’inflation moyenne annoncés par l’INSEE. Et un poste du quotidien atteint un vertigineux +72 % sur la période. Spoiler : ce n’est ni Netflix, ni le kebab.
22 % d’inflation officielle, mais un budget réel qui explose
Sur le papier, l’indice des prix à la consommation a progressé de 22 % en dix ans en France. Un chiffre presque raisonnable. Sauf que derrière cette moyenne, certains postes ont littéralement décollé. Le site Radin Malin a épluché les indices officiels pour comparer une trentaine de produits et services entre 2016 et 2026.
Le constat est brutal. Carburant, alimentation, transports, streaming, garde d’enfants : presque tous les postes du quotidien dépassent la barre des 22 %. Le SMIC net, lui, est passé de 1 141 € à 1 443 €, soit +26,5 %. Insuffisant pour absorber le choc. Quant au salaire net moyen dans le privé, il n’a gagné que 2,2 % de pouvoir d’achat réel. Les cadres, eux, ont carrément perdu près de 5 %. La moyenne rassure, le détail fait grimacer.
De +28 % pour le kebab à +72 % pour le gazole : le palmarès qui pique
En tête du classement, le gazole écrase tout avec +72 % en une décennie. Chaque passage à la pompe rappelle l’addition, surtout pour les millions de Français qui n’ont pas d’alternative à la voiture. Juste derrière, les tomates affichent +59 %, symbole d’un panier de courses plus salé, notamment hors saison quand la production sous serre dépend de l’énergie.
Le billet de TGV Paris-Marseille et l’abonnement Netflix partagent la troisième marche à +50 %. Voyager loin ou regarder un film le soir : deux plaisirs devenus des lignes budgétaires à part entière. Plus bas dans le classement, la garde chez une assistante maternelle a bondi de 33 %. Le kebab, jadis repas étudiant par excellence, est passé de 5 € à 8,50 € (+28 %). La facture d’électricité au tarif réglementé pour 400 kWh grimpe à 116,29 € contre 93,55 € (+24,3 %). Même le papier toilette prend 19,5 %.
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Quand le loyer absorbe presque tout, l’inflation vécue n’a rien d’officiel
Le poids du logement aggrave encore le tableau. Les loyers ont grimpé de 10,8 % selon l’indice de référence de l’INSEE. Ça semble modéré, sauf que les 10 % de ménages les plus modestes consacrent déjà plus de 40 % de leurs revenus au toit. Pour les locataires du privé à faibles ressources, ce ratio monte à 45 %.
Une fois le loyer, l’énergie et l’alimentation réglés, il ne reste presque rien pour absorber un gazole à +72 % ou un Netflix à +50 %. La bonne surprise ? L’abonnement téléphonique a baissé de 18,5 % sur la période, rare ligne qui s’allège. Les marges de manœuvre existent — comparer les stations-service, cuisiner davantage, alterner les plateformes plutôt que les empiler — mais elles restent maigres face à l’ampleur des hausses.
Ce classement met simplement des chiffres sur un ressenti partagé par des millions de foyers : l’argent file plus vite, les fins de mois serrent plus fort, et l’inflation officielle ne raconte qu’une partie de l’histoire. La vraie question, maintenant : dans dix ans, combien coûtera votre plein ?