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Superaliments : chia, goji, algues… pourquoi ils cartonnent ?

Publié par Killian Ravon le 31 Jan 2026 à 5:30

Un bol d’avoine, une poignée de graines, une poudre verte dans un smoothie… Les superaliments s’invitent partout.

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Petit-déjeuner aux superaliments : graines de chia, baies de goji et spiruline sur table en bois
Graines, baies et poudres “bien-être” : les superaliments s’invitent de plus en plus au petit-déjeuner.

Mais derrière la promesse “santé”, que faut-il vraiment comprendre des superaliments, et pourquoi cette tendance s’installe durablement ?

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Le petit-déjeuner “healthy” a popularisé les superaliments. Crédit : Wikimedia Commons.
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La promesse d’un petit geste qui “change tout”

Le succès des superaliments tient d’abord à une idée simple. Manger mieux, sans révolutionner sa vie. Une cuillère de graines dans un yaourt paraît plus facile qu’un rééquilibrage complet. Et puis, ces produits racontent une histoire. Celle d’un corps plus tonique, d’une digestion plus sereine, d’une concentration retrouvée.

Dans un contexte où l’alimentation est devenue un sujet de santé publique, le terrain était prêt. Santé publique France rappelle que les recommandations ont été actualisées en 2019 et qu’une alimentation de meilleure qualité protège de nombreuses maladies. Mais au quotidien, beaucoup de Français restent loin des repères de base. Le baromètre 2021 publié dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire montre une faible adhésion à la recommandation “5 fruits et légumes par jour”, avec de fortes différences selon les régions et les catégories sociales.

C’est là que le “super” devient séduisant. Il donne l’impression de compenser. De rattraper. Et parfois, de se rassurer.

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Le chia est devenu un incontournable des placards. Crédit : Wikimedia Commons.

Des réseaux sociaux aux rayons : la mécanique du désir

La montée des superaliments n’est pas née dans les cabinets médicaux. Elle s’est surtout construite sur les réseaux sociaux, les influenceurs “healthy”, et une avalanche de recettes courtes, visuelles, faciles à reproduire. Le format est parfait : un avant/après, une texture “instagrammable”, et une promesse claire.

Mais un point revient chez de nombreux experts : “superaliment” n’est pas une catégorie scientifique. L’Inserm, via son canal de décryptage, le dit sans détour : c’est surtout un argument marketing, et aucun aliment ne remplace une alimentation variée et équilibrée. Le Conseil européen de l’information sur l’alimentation (EUFIC) rappelle aussi qu’il n’existe pas de définition officielle ou légale de “superfood”.

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Autrement dit, le mot “superaliments” vend une idée. Pas une garantie.

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Salade d’algues. Photo by NoName_13

Chia, goji, algues : ce que dit vraiment la science

Les superaliments ne sont pas “magiques”. En revanche, certains ont des atouts réels. La nuance est importante.

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Les graines de chia, par exemple, ont été très encadrées en Europe car elles relèvent des “novel foods” (nouveaux aliments). La Commission européenne tient une liste d’autorisations, et l’EFSA a aussi publié un avis concluant à la sécurité des graines de chia dans les conditions d’usage évaluées.
Le chia coche plusieurs cases recherchées. Il apporte des fibres, et la question des fibres est centrale : les références nutritionnelles françaises évoquent un apport satisfaisant autour de 30 g par jour. Or beaucoup de régimes modernes restent en dessous.

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Les algues, elles, sont souvent mises en avant pour leurs minéraux et leur place dans certaines cuisines traditionnelles. Mais ce n’est pas “plus” sans “mais”. L’Anses insiste sur un risque précis : l’excès d’iode. Certaines algues brunes, comme Laminaria ou Saccharina, peuvent être très riches en iode, et l’Agence déconseille ces produits à plusieurs populations à risque, tout en recommandant la vigilance aux consommateurs réguliers.

Quant aux baies de goji, elles bénéficient d’une image très “tonique”, associée à l’anti-fatigue et aux antioxydants. Le problème, c’est que l’effet santé dépend surtout de la globalité du régime alimentaire. Et de la quantité réelle consommée.

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Le moment où la tendance devient un marché

On le voit dans les rayons, mais aussi dans les chiffres partagés par plusieurs reportages récents : les achats de superaliments progressent, et certains acteurs parlent d’une hausse de plus de 18 % entre 2021 et 2023.

Cette progression se lit aussi sur le terrain. Dans les assiettes, d’abord. Certains restaurants intègrent des algues depuis des années. Ensuite chez les producteurs, car la demande pousse à relocaliser une partie de ces cultures.

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C’est ici que l’histoire prend un tournant très concret. Le goji, par exemple, n’est plus seulement “une baie venue d’ailleurs”. En Picardie, une productrice citée par Le Parisien explique avoir acclimaté le lyciet, un arbuste de la même famille que la tomate, et insiste sur la minutie de la récolte.

Et surtout, un détail résume la bascule “tendance → produit premium”. Le Parisien mentionne une vente à 6 euros les 50 g de baies séchées, soit l’équivalent de 120 euros le kilo. À ce niveau, on n’achète plus seulement un aliment. On achète un symbole.

Le goji reste souvent associé aux produits premium. Crédit : Wikimedia Commons.
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Le revers du bol : importations, risques, et effets d’annonce

Cette ruée pose une autre question : d’où viennent ces superaliments, et à quel prix, au-delà de l’étiquette ?

Pour le goji, Le Parisien rappelle que 95 % de la production mondiale vient de Chine. Cette dépendance nourrit deux inquiétudes. La première concerne l’empreinte environnementale du transport. La seconde touche à la confiance : origine, contrôles, résidus, traçabilité. Sur ce point, l’Anses conseille clairement de privilégier des circuits d’approvisionnement contrôlés par les pouvoirs publics pour les algues et compléments à base d’algues.

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Et puis il y a le piège le plus classique. Celui du “super” qui dispense du reste. L’OMS rappelle qu’une alimentation saine repose sur des bases simples : plus de fruits et légumes (au moins 400 g par jour), moins de sel, moins de sucres libres, et des aliments peu transformés. Rien de très glamour. Mais c’est la charpente.
Les superaliments peuvent s’intégrer à cette logique. Ils ne doivent pas la remplacer.

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Comment profiter des superaliments sans se faire avoir

La bonne approche tient en trois idées. D’abord, revenir au rôle réel du produit : un ingrédient utile, pas une solution totale. Ensuite, respecter la dose et la fréquence, surtout pour les algues à cause de l’iode. L’Anses rappelle que l’EFSA fixe une limite supérieure de sécurité pour l’iode à 600 µg/jour chez l’adulte, et que la réglementation française encadre les compléments alimentaires avec une dose journalière maximale d’iode à 150 µg.

Enfin, regarder la qualité globale du panier. Si “superaliments” devient un alibi pour garder une alimentation trop sucrée ou trop transformée, l’effet sera surtout psychologique.

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Le “super” le plus fiable reste souvent le plus banal. Des légumineuses régulières. Et des fruits et légumes quotidiens. Des céréales complètes. Et, si vous aimez, une touche de chia, un peu de goji, ou des algues, en connaissance de cause.

La spiruline incarne la mode des poudres “bien-être”. Crédit : Wikimedia Commons.

Conclusion : la vraie promesse est ailleurs

Les superaliments racontent notre époque. Une époque pressée, anxieuse, mais en quête de contrôle. Ils peuvent apporter de la variété, du plaisir, et parfois un vrai coup de pouce nutritionnel. À condition de ne pas leur demander ce qu’aucun aliment ne peut offrir seul : “sauver” une alimentation entière.

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Et si la tendance continue de grimper, le plus important restera le même. Ce n’est pas ce que vous saupoudrez. C’est ce que vous construisez, jour après jour, dans l’assiette.

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