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À 83 ans, il doit se séparer de sa Pontiac Firebird d’origine — la raison tient en une pédale

Publié par Elsa Lepic le 20 Avr 2026 à 18:04
À 83 ans, il doit se séparer de sa Pontiac Firebird d'origine — la raison tient en une pédale

En Floride, un passionné d’automobiles de 83 ans vient de publier une annonce sur eBay qui serre le cœur. Sa Pontiac Firebird Formula 1979, conservée dans un état 100 % d’origine, doit trouver un nouveau propriétaire. Pas parce qu’il en a marre, pas parce qu’il a besoin d’argent. Non. La raison est beaucoup plus terre-à-terre, et elle tient dans un seul geste que son corps refuse désormais d’exécuter.

Une américaine bichonnée pendant des décennies

L’histoire commence à Palm Coast, petite ville côtière de Floride où ce propriétaire — deuxième du nom — a entretenu sa Firebird avec une minutie quasi obsessionnelle. Dans l’annonce relayée par Auto Evolution, il résume sa voiture en trois mots : « Entièrement d’origine. Deuxième propriétaire. Intérieur parfait. »

La carrosserie a reçu une seconde couche de peinture, mais dans sa teinte d’origine. Les trains roulants et les freins ont été refaits. Le V8 301 ci qui ronronne sous le long capot est décrit comme tournant « comme neuf », même si on ignore si la mécanique a été ouverte en profondeur. Bref, on est très loin du projet de restauration oublié au fond d’un garage. Cette Firebird est prête à rouler. Aujourd’hui. Demain. N’importe quand.

Le journaliste Bogdan Popa, qui a découvert l’annonce, ne cache d’ailleurs pas son enthousiasme : « Je suis tombé amoureux de l’intérieur en découvrant cette voiture, et j’ai l’impression que les photos ne rendent pas assez justice à cette Firebird. » Il recommande même de contacter le vendeur pour demander une vidéo de présentation, tout en précisant que « rien ne vaut une inspection sur place ». Sauf que pour son propriétaire actuel, l’inspection sur place se fait désormais depuis le siège passager.

1979 : l’année où la Firebird a battu tous ses records

Homme âgé devant sa Pontiac Firebird Formula 1979 en Floride

Pour comprendre pourquoi cette annonce fait vibrer les passionnés, il faut replacer la voiture dans son contexte. L’année 1979, c’est le pic absolu de production pour la Firebird. Pontiac en sort 211 453 exemplaires cette année-là. Parmi eux, 117 108 Trans Am — la star du catalogue —, 38 642 Firebird de base, et 24 850 Formula.

La Formula, c’est un cran au-dessus de la version de base sans atteindre les excès de la Trans Am. Un positionnement malin, orienté « cruising » plutôt que performance pure. Le V8 301 ci couplé à une boîte manuelle, c’est le genre de combo qui vous donne envie de longer la côte fenêtre ouverte, pas de défoncer le chrono au quart de mile. D’ailleurs, si vous aimez les histoires de voitures au kilométrage légendaire, celle-ci a de quoi vous parler.

Mais justement, cette boîte manuelle qui fait tout le charme de la bête est aussi ce qui va forcer la séparation. Et c’est là que l’histoire bascule.

Quand la pédale d’embrayage devient l’ennemi

L’explication du vendeur est d’une simplicité désarmante : il ne peut plus enfoncer la pédale d’embrayage. Sur une américaine de la fin des années 70, on ne parle pas du petit clic souple d’une citadine moderne. La commande est ferme, le point de friction demande de la force dans la jambe gauche, et chaque passage de rapport sollicite un mouvement que l’âge et les problèmes de santé rendent impossible.

À 83 ans, ce n’est pas la passion qui manque. C’est le corps qui ne suit plus. C’est une réalité que beaucoup de conducteurs seniors connaissent : un jour, la voiture que vous aimez ne vous convient plus physiquement. Et quand c’est une boîte manuelle sans aucune assistance moderne, le verdict tombe plus vite. Le débat sur l’âge limite pour conduire refait surface régulièrement en France comme aux États-Unis. Ici, le propriétaire n’a pas attendu qu’on lui retire quoi que ce soit. Il a pris la décision lui-même.

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On pourrait se dire : « Pourquoi ne pas la garder au garage, juste pour la regarder ? » Mais ce monsieur semble avoir compris quelque chose que beaucoup de collectionneurs refusent d’admettre : une voiture comme ça, ça doit rouler. Pas dormir sous une bâche. Et pour qu’elle continue à vivre, il lui faut des jambes plus jeunes derrière le volant. L’anecdote rappelle celle de cette dame de 92 ans flashée à 228 km/h en Porsche — sauf qu’ici, le propriétaire choisit la sagesse plutôt que l’adrénaline.

Un prix de départ qui fait tourner les têtes

Intérieur d'origine impeccable de la Firebird Formula 1979

L’annonce est en ligne sur eBay sous le pseudo « tullycars ». La mise à prix ? 10 000 dollars, soit environ 9 200 euros. Le genre de chiffre qui fait lever un sourcil, parce qu’il est étonnamment bas pour une Firebird Formula dans cet état.

Mais attention : un prix de réserve est en place. Le propriétaire espère visiblement bien plus que ce montant de départ. Et il a raison d’y croire. Les données de cotation Hagerty situent une Formula 1979 en bon état aux alentours de 15 600 dollars, soit environ 14 300 euros. Des exemplaires comparables affichent même des prix autour de 23 900 à 24 900 dollars — entre 22 000 et 23 000 euros — pour des versions plus préparées.

Cette Firebird, très proche de sa configuration d’usine et entretenue avec soin, se positionne donc dans une fourchette intéressante. Pour un amateur américain, c’est une affaire potentielle. Pour un passionné européen prêt à franchir l’Atlantique pour une enchère, c’est le genre d’opportunité qui ne se présente pas tous les jours. Au moment où Auto Evolution a consulté l’annonce, aucune enchère n’avait encore été placée.

Plus qu’une voiture : un passage de relais

Ce qui rend cette histoire touchante, c’est qu’elle ne parle pas vraiment d’automobile. Enfin, pas seulement. Elle parle de ce moment où on accepte que quelque chose qu’on aime doit continuer sans nous. Le vendeur de Palm Coast ne balance pas sa Firebird par dépit. Il cherche quelqu’un qui saura la faire vivre comme lui l’a fait pendant des années.

C’est une histoire qu’on retrouve plus souvent qu’on ne le croit dans le monde des voitures de collection tenues par des passionnés. Certains gardent leur bolide jusqu’au bout, quitte à le laisser rouiller. D’autres, comme ce Floridien, préfèrent passer le flambeau. La voiture mérite mieux que de prendre la poussière, et le propriétaire mérite mieux que de souffrir à chaque coup d’embrayage.

Reste à savoir qui sera l’heureux élu. Un collectionneur américain ? Un Européen nostalgique des muscle cars ? Ou peut-être un autre senior, mais avec une jambe gauche encore vaillante et l’envie de longer la côte floridienne en V8 atmosphérique ? Une chose est sûre : celui qui rachètera cette Pontiac Firebird Formula 1979 n’achètera pas juste une voiture. Il reprendra une histoire de 40 ans d’amour mécanique, lancée par un homme qui a eu l’élégance de la laisser partir au bon moment.

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