Resident Evil au cinéma : le réalisateur d’Évanouis dévoile une bande-annonce qui enterre les anciens films
Vingt ans de films Resident Evil. Vingt ans de cascades improbables de Milla Jovovich, de scénarios approximatifs et de fans du jeu vidéo qui levaient les yeux au ciel. C’était fun, parfois. C’était fidèle aux jeux, jamais. Mais aujourd’hui, quelque chose a changé. Le réalisateur qui a terrorisé tout le monde avec Barbarian et Évanouis vient de lâcher les premières images de son reboot. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ne ressemble à rien de ce qu’on a vu avant dans cette franchise.
Pourquoi les anciens films n’ont jamais convaincu les vrais fans

Soyons honnêtes : les six films de Paul W.S. Anderson ont rapporté plus de 1,2 milliard de dollars au box-office mondial. Un carton financier. Mais côté fidélité à l’esprit des jeux ? On repassera. La saga avec Milla Jovovich s’est construite autour d’une héroïne surpuissante, d’explosions à gogo et de combats chorégraphiés plus proches de Matrix que de l’horreur viscérale des jeux Capcom. L’ambiance claustrophobique du manoir Spencer, la terreur pure du commissariat de Raccoon City… tout ça avait disparu sous les effets spéciaux numériques.

En 2021, Resident Evil : Welcome to Raccoon City a tenté un retour aux sources. Le film voulait adapter les deux premiers jeux. Le résultat ? Un nanar sympathique, certes plus proche de l’univers d’origine, mais un film d’horreur raté sur à peu près tous les plans. Il devait même avoir une suite adaptée de Code Veronica. Elle ne verra jamais le jour. À la place, le studio Constantin Film a pris une décision radicale : tout raser et recommencer à zéro. Avec un nom qui change la donne.
Zach Cregger : l’homme qui a fait flipper Hollywood avec un sous-sol
Si vous ne connaissez pas encore Zach Cregger, retenez ce nom. En 2022, il a réalisé Barbarian, un film d’horreur au budget modeste qui a retourné le cerveau de tous les spectateurs grâce à une structure narrative imprévisible. Son deuxième long-métrage, Évanouis, a confirmé qu’il n’était pas un coup d’un soir. Le type sait créer une atmosphère suffocante, manipuler les attentes du public et surtout, il sait faire peur.
C’est exactement pour ça que Constantin Film lui a donné carte blanche. Pas de comité créatif à 15 personnes, pas de notes du studio toutes les semaines. Cregger a eu la liberté totale de faire le film qu’il voulait. Un luxe rarissime pour une franchise qui a généré des milliards. Mais le producteur a misé sur le bon cheval, parce que le réalisateur n’est pas qu’un technicien de l’horreur : c’est aussi un fan invétéré de la saga. Il voue un culte à Resident Evil 4 et a passé des heures sur Resident Evil Village à sa sortie. L’homme connaît son sujet sur le bout des doigts.
Et quand un passionné de franchise obtient les clés du camion, le résultat a de quoi surprendre.
Ce que la bande-annonce révèle (et ce qu’elle cache)
La première bande-annonce du nouveau Resident Evil plante le décor immédiatement. On suit Bryan, un jeune coursier interprété par Austin Abrams, qui doit effectuer une livraison d’extrême urgence à l’hôpital de Raccoon City. Problème : c’est pile le moment où l’épidémie zombie se déclenche. Mauvais timing, Bryan.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la variété des menaces. On ne parle pas de zombies lambda qui traînent la patte dans un couloir sombre. La bande-annonce montre des morts-vivants ultra-coordonnés, presque intelligents, qui rappellent l’énergie frénétique d’Evil Dead. Un zombie obèse monstrueux surgit dans les égouts. Des infectés kamikazes se jettent du haut des toits. Et le plus dérangeant : des bébés zombies. Oui, vous avez bien lu.
Le gore est généreux, assumé, viscéral. Cregger ne fait pas dans la suggestion polie. Chaque plan semble conçu pour mettre le spectateur mal à l’aise, et la réalisation affiche un sens du cadrage et du rythme qu’aucun film Resident Evil n’avait approché jusqu’ici. On est loin, très loin, des chorégraphies au ralenti de Milla Jovovich.
Reste une question : comment le film gère-t-il le lore des jeux ? La réponse est plus nuancée qu’on pourrait le croire.
Un reboot fidèle en esprit, mais pas esclave du jeu vidéo
Cregger l’a dit clairement : ce Resident Evil s’inscrit dans sa propre continuité. Il ne cherche pas à adapter scène par scène un jeu précis. Mais en esprit, le film pioche dans les événements de Resident Evil 2 et Resident Evil 3: Nemesis — les deux opus qui se déroulent pendant la catastrophe de Raccoon City.
Les fans attentifs auront noté un détail qui confirme cette liberté créative : dans la bande-annonce, il neige sur Raccoon City. Or, dans les jeux, l’épidémie se déroule fin septembre. Pas vraiment la saison des flocons. C’est un choix esthétique assumé, qui montre que Cregger utilise l’univers Resident Evil comme un terrain de jeu, pas comme un cahier des charges rigide.
Cette approche rappelle ce que certaines adaptations de jeux vidéo tentent désormais : capter l’atmosphère plutôt que reproduire le gameplay. Et vu la qualité visuelle de ce premier aperçu, la stratégie semble payante. Le film dégage une identité propre tout en restant immédiatement reconnaissable pour quiconque a arpenté les couloirs du RPD.

La date qui va mettre la pression à tout Hollywood
En France, le nouveau Resident Evil est prévu pour le 16 septembre 2025 dans les salles. Une date stratégique : c’est la rentrée, les blockbusters d’été commencent à s’essouffler, et le public est souvent en manque de sensations fortes. Un film d’horreur bien ficelé avec une marque mondialement connue, c’est le cocktail parfait pour exploser le box-office de septembre.
Le pari est d’autant plus audacieux que les adaptations de jeux vidéo connaissent un âge d’or inédit. Entre le succès phénoménal de la série The Last of Us, le carton de Super Mario Bros. au cinéma et les performances solides de productions récentes sur Netflix, le public ne considère plus les films tirés de jeux comme des produits au rabais. Cregger débarque au meilleur moment possible.
Et soyons francs : après vingt ans à voir Resident Evil traité comme un prétexte à scènes d’action générique, l’idée qu’un vrai réalisateur d’horreur s’empare de la franchise la plus terrifiante du jeu vidéo, c’est exactement ce qu’on attendait. Si le film tient les promesses de cette bande-annonce, la concurrence a du souci à se faire. Et les fans de la première heure vont peut-être enfin pouvoir ranger leur frustration au placard.