Les personnes qui dorment bien après un film d’horreur ont une autre vision de la peur dans leur cerveau !
Vous connaissez forcément ces personnes qui regardent les films les plus terrifiants sans sourciller. Pendant que vous vérifiez vos placards avant de dormir, elles ronflent tranquillement. Longtemps, on a cru que c’était une simple question de caractère. Mais la science propose aujourd’hui une explication bien plus fascinante. Et elle en dit long sur notre cerveau !
Des personnes… différentes !
Le film d’horreur se termine, le générique défile et certaines personnes bâillent tranquillement. Pas de lumière laissée allumée, pas de vérification compulsive des serrures. Juste un oreiller et un sommeil immédiat et profond. Pendant ce temps, d’autres personnes fixent le plafond pendant des heures !
Car durant un film d’horreur, le corps ne plaisante pas du tout. Le cœur s’emballe, le cortisol monte et les muscles se contractent en état d’alerte maximale. Selon le Journal of Sleep Research, ce pic physiologique retarde l’endormissement de 47 minutes en moyenne. Pour la plupart des gens, redescendre de cette montagne émotionnelle prend un temps considérable.
Mais certaines personnes, elles, semblent immunisées contre tout ça. Leur corps revient à la normale en quelques minutes seulement. Leur cerveau, neurologiquement, n’a tout simplement pas reçu le même signal de danger. Ce n’est ni de la bravoure ni de l’insensibilité cultivée. C’est une question de câblage neurologique pur et simple !
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Ces personnes insensibles doivent-elles s’inquiéter ?
Dès qu’on mentionne la psychopathie, la plupart des gens imaginent un tueur en série souriant. Pourtant, la réalité scientifique est infiniment plus nuancée que ça. La psychopathie est un spectre et non un état binaire et effrayant. Beaucoup de personnes présentent des traits subcliniques sans jamais être dangereuses. C’est le psychiatre Robert Hare, créateur de la PCL-R, qui le rappelle dans ses travaux.
Parmi ces traits subcliniques figure une sensibilité réduite à la peur. Ces personnes ont une amygdale moins réactive face aux stimuli menaçants. Leur récupération émotionnelle est donc plus rapide que la moyenne. Selon Personality and Individual Differences, elles montrent même une meilleure qualité de sommeil après un film d’horreur. Leur cerveau ne garde pas le film en mémoire émotionnelle de la même façon !
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Mais attention, ces personnes ne sont pas pour autant froides ou déshumanisées. Elles ressentent des émotions, mais traitent la peur différemment. Le psychologue Kevin Dutton, dans The Wisdom of Psychopaths, souligne qu’on retrouve ces traits chez des chirurgiens et des pilotes. Donc non, s’endormir après Saw ou The Conjuring ne fait pas de vous un criminel. Juste quelqu’un avec une amygdale particulièrement zen !
Ce que notre rapport à la peur révèle sur qui nous sommes !
La peur est l’une des émotions les plus anciennes de l’humanité. Elle a permis à nos ancêtres de survivre, fuir, et protéger leurs proches. Mais aujourd’hui, pour beaucoup de personnes, les menaces réelles ont largement diminué. Alors cette peur ancestrale cherche de nouveaux exutoires. Et le cinéma d’horreur en est devenu le terrain favori !
Le sociologue Mathias Clasen, de l’Université d’Aarhus, appelle cela la « simulation de menace ». Les films d’horreur seraient un entraînement émotionnel dans un cadre sécurisé. Des personnes testent ainsi leur résistance psychologique sans aucun risque réel. C’est fascinant et très intelligent de la part de notre cerveau.
Alors, s’endormir après un film d’horreur ne fait pas de vous quelqu’un d’inquiétant. Vous faites partie de ces personnes dont le système neurologique distingue mieux le danger fictif du danger réel. La peur n’est pas une faiblesse. Il s’agit juste d’une information que chacun traite à sa façon.