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Elle glisse sur une feuille de salade chez Grand Frais : la justice la condamne à verser 3 000 € au magasin

Publié par Cassandre le 09 Mai 2026 à 15:37

Une simple course au rayon fruits et légumes, une feuille de salade au sol, et la vie de Marie-Line, psychologue de 42 ans, bascule. Fracture, immobilisation, perte de revenus : les conséquences sont lourdes. Mais quand elle se tourne vers la justice pour obtenir réparation, c’est elle qui se retrouve condamnée à payer. Retour sur un bras de fer judiciaire qui est loin d’être terminé.

Un samedi ordinaire qui vire au cauchemar

Le jour de l’accident, en octobre 2024, Marie-Line se rend au Grand Frais de Chasse-sur-Rhône, près de Givors, dans le Rhône. Rien de spectaculaire : un plein de courses comme des millions de Français en font chaque semaine. Au rayon fruits et légumes, son pied rencontre une feuille de laitue décrite comme « pourrie », tombée au sol. Elle glisse et s’effondre.

Feuille de salade au sol dans un rayon fruits et légumes

Des clients présents l’aident à se relever. La douleur monte rapidement, mais Marie-Line rejoint tant bien que mal les caisses. « J’ai dit qu’il fallait nettoyer, avant que quelqu’un tombe comme moi », raconte-t-elle au Dauphiné Libéré. Elle quitte le magasin sans pouvoir poser le pied au sol. Ce qu’elle ignore encore, c’est que cette chute va lui coûter bien plus qu’une mauvaise journée.

Un diagnostic que personne n’attendait

Aux urgences, les médecins découvrent l’étendue des dégâts. Le bilan est sans appel : fracture du cuboïde — un petit os du pied —, entorse sévère et foulure du rachis cervical. L’immobilisation est immédiate et durera sept semaines. « Je ne m’attendais pas à ça pour une salade », souffle-t-elle.

Ce qui devait être un arrêt temporaire se transforme en épreuve de longue durée. Un problème administratif la prive de revenus pendant des semaines. Son compagnon doit lui aussi cesser de travailler pour s’occuper de leurs enfants. Le quotidien de toute la famille est chamboulé, et les chutes en supermarché ne sont pas toujours prises au sérieux.

Pied immobilisé dans une botte médicale après une fracture

La rééducation s’étire sur des mois. Marie-Line perd sept centimètres de tour de mollet et prend plus de 20 kilos. Son retour au travail ne se fait qu’à mi-temps, jusqu’en août 2025. « Il y a trois mois, je ne pouvais pas descendre les escaliers. Maintenant, je marche une demi-heure, après j’ai très mal », confie-t-elle. Un accident qui paraît anodin sur le papier, mais dont les séquelles physiques sont bien réelles.

Des preuves qui disparaissent une à une

Dès les jours suivant sa chute, Marie-Line cherche à constituer un dossier solide. Elle demande d’abord une copie du contrat d’assurance du magasin. Refus de l’enseigne. Elle réclame ensuite les images de vidéosurveillance, seules preuves visuelles de l’accident. Problème : les enregistrements ne sont plus disponibles.

Sans images, sans document d’assurance, la parole de la cliente se retrouve face à celle du magasin. Un employé du rayon fruits et légumes assure de son côté : « Si c’est sale, on passe la machine. C’est du béton au sol, donc on voit vite ce qu’il y a. » Autrement dit, selon l’enseigne, le sol était propre. Pendant que Grand Frais poursuit son expansion en France, cette affaire rappelle que la question de la responsabilité en magasin reste un terrain miné pour les clients.

En février 2025, l’avocate de Marie-Line envoie un courrier recommandé, suivi d’une mise en demeure, puis d’une assignation en référé. Le dossier entre enfin dans le circuit judiciaire. Mais la première audience va réserver une surprise brutale.

Condamnée à payer le magasin : le verdict qui retourne la situation

La première décision de justice tombe, et elle est cinglante. Non seulement Marie-Line n’obtient aucune indemnisation, mais elle est condamnée à verser 3 000 euros au magasin Grand Frais au titre des frais d’avocat de l’enseigne. La victime devient débitrice.

Couloir de tribunal français avec documents juridiques

« J’ai eu l’impression d’être punie deux fois », confie-t-elle. Sans vidéosurveillance ni preuve matérielle conservée par le magasin, son dossier manquait d’éléments tangibles. En droit, la charge de la preuve pèse sur la personne qui réclame — et sans images ni témoignages formalisés, la balance a penché du côté de l’enseigne. Des situations similaires surviennent régulièrement dans les grandes enseignes françaises, sans que les clients sachent toujours comment réagir sur le moment.

Un second round devant la justice

Refusant de s’arrêter là, Marie-Line mandate une nouvelle avocate, Jennifer Lebrun, spécialisée en dommages corporels. La procédure est relancée. Un second référé est programmé pour le 20 novembre prochain. Cette fois, l’objectif est clair : obtenir une expertise médicale judiciaire qui établirait un lien direct entre la chute et les séquelles documentées.

L’affaire pose une question que beaucoup de Français ignorent : que faire concrètement quand on se blesse dans un commerce ? Marie-Line, elle, a appris à ses dépens. « Si quelqu’un chute un jour, qu’il appelle les pompiers, qu’il prenne des photos datées. Moi, je n’ai rien fait de ça. L’accident paraît ridicule, mais les conséquences, elles, ne le sont pas. »

Les réflexes à avoir en cas de chute en magasin

Le témoignage de Marie-Line met en lumière un angle mort juridique bien connu des avocats spécialisés. En cas d’accident dans un commerce, la première erreur est de quitter les lieux sans avoir documenté la scène. Appeler les pompiers ou le SAMU crée un document officiel horodaté. Prendre des photos du sol, de l’obstacle, de l’environnement immédiat constitue une preuve recevable devant un tribunal.

Demander immédiatement à la direction du magasin de consigner l’incident dans un registre interne est également recommandé. Certains magasins, comme IKEA ou d’autres grandes enseignes, disposent de protocoles d’incident. Chez d’autres, la démarche dépend entièrement de l’initiative du client.

Quant aux vidéos de surveillance, elles sont en général conservées entre 15 et 30 jours selon les enseignes. Passé ce délai, les images sont écrasées. Si Marie-Line avait pu obtenir ces enregistrements dans les jours suivant sa chute, la première audience aurait peut-être eu une tout autre issue. L’affaire illustre aussi les questions d’hygiène et de sécurité qui reviennent régulièrement dans la grande distribution française.

Le second référé de novembre dira si la justice offre une seconde chance à cette mère de famille. En attendant, son histoire circule, et avec elle un message simple : dans un supermarché, le sol mouillé ou une feuille de salade ne sont jamais anodins — surtout quand on n’a aucune preuve.

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4 commentaires

  • E
    Evelyne
    11/05/2026 à 14:17
    oui moi aussi il y a 4ans j'ai glissé à Super U une flaque d'eau ...dégel d'un frigo .. Moi aussi je n'ai pas pris de photo ni appelé les pompiers On m'a aidé à me relevée Je souffrais beaucoup .. IRM ligaments croisés abîmés ménisque .. du genou.. Pour le constat personne n'a voulu témoigner .. L'assurance a refusé d idemnisser j'avais oublié de dessiner la flaques d'eau .. Infiltrations soins etc... tout a mes frais Pourtant je suis cliente depuis 40ans ...
  • p
    paradis 22
    10/05/2026 à 11:00
    c'est vrai elle aurait du demander les pompiers, mais a ce moment elle ne savait pas non plus que sa situation était grave, si on pouvait tout savoir a l'avance..... mais que le magasin lui demande trois mille euros alors là c'est un comble, elle garde quand même de grandes séquelles, pas cool le magasin, et oui comme dit le mr, grand frais, dans toute sa splendeur!!!! je souhaite bon courage a cette cliente et j'espère que le magasin finira par se faire une mauvaise réputation, attention aux autres clients ou vous marchez!!!!
  • n
    norbert
    09/05/2026 à 23:12
    l'enseigne previent son nom A GRAND FRAIS vous voila prevenu.....

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