D4vd accusé de meurtre : des images pédopornographiques découvertes sur son téléphone et son iCloud

Un an jour pour jour après la mort de Celeste Rivas Hernandez, 14 ans, l’affaire D4vd prend une tournure encore plus sombre. Les procureurs de Los Angeles révèlent que le téléphone et le compte iCloud du chanteur contenaient « une quantité significative » d’images d’abus sexuels sur mineurs. Une découverte glaçante qui s’ajoute aux sept chefs d’accusation déjà retenus contre lui, dont le meurtre et les abus sexuels répétés sur l’adolescente.

40 téraoctets de preuves à éplucher

C’est en exécutant un mandat de perquisition sur le téléphone de David Anthony Burke — le vrai nom de D4vd — que les enquêteurs sont tombés sur ces images. La procureure Beth Silverman a précisé devant le tribunal que la police avait collecté environ 40 téraoctets de preuves numériques au total. Pour donner une idée de l’ampleur : c’est l’équivalent de plusieurs millions de photos ou de milliers d’heures de vidéo.
« Je ne peux pas transmettre ce type de matériel comme ça », a déclaré Silverman, selon le Los Angeles Times, expliquant que le partage de l’ensemble des preuves avec la défense prendrait du temps. Le chanteur n’a pour l’instant pas été inculpé spécifiquement pour la détention de ces images. Mais leur existence vient renforcer le portrait dressé par l’accusation.
Car le dossier ne se limite pas à des fichiers numériques. Ce qui s’est passé entre D4vd et Celeste, selon les procureurs, dépasse l’entendement.
Un corps démembré dans le coffre avant d’une Tesla
En septembre 2025, des employés d’une fourrière de Hollywood signalent une odeur pestilentielle émanant d’un véhicule. Il s’agit d’une Tesla abandonnée, enregistrée au nom de Burke. Dans le coffre avant — le « frunk » — la police découvre deux sacs contenant le corps sévèrement décomposé de Celeste Rivas Hernandez. La tête et les bras ont été sectionnés.

Le rapport du médecin légiste du comté de Los Angeles a déterminé que la jeune fille est décédée de deux blessures pénétrantes dans la partie supérieure du corps. L’état avancé de décomposition a rendu l’examen post-mortem difficile. Les enquêteurs n’ont pas pu établir avec précision comment ces blessures ont été infligées, et aucune arme n’a été retrouvée. Comme l’avait révélé une précédente audience, l’accusation évoque l’utilisation d’une tronçonneuse pour la mutilation du corps.
La Tesla avait été remorquée depuis les collines d’Hollywood alors que D4vd se trouvait en tournée mondiale. Une tournée qu’il a poursuivie, au moins dans un premier temps, malgré l’enquête en cours.
Un artiste en pleine ascension qui a continué à se produire
Le timing de cette affaire est vertigineux. D4vd, qui s’était fait connaître avec le titre « Romantic Homicide », venait de sortir son premier album Withered. Le disque avait débuté au 13e rang du classement Billboard avec 30 000 exemplaires vendus la première semaine. Dans une interview accordée au Hollywood Reporter, il racontait fièrement que 80 % de l’album avait été enregistré sur son téléphone et que les prises vocales avaient été faites dans le placard de sa sœur.
Quand le corps de Celeste a été découvert, D4vd était en tournée. Ses représentants avaient alors affirmé qu’il « coopérait avec l’enquête ». Pourtant, le soir même de la découverte macabre, il montait sur scène au Fillmore de Minneapolis. Ce n’est que quelques jours plus tard qu’il a finalement annulé le reste de sa tournée mondiale. La version deluxe de son album, prévue pour cette période, n’a jamais vu le jour.
Selon l’accusation, le mobile du crime serait directement lié à cette carrière fulgurante. Mais pour comprendre, il faut revenir sur la relation entre Burke et sa victime.
Des abus sexuels répétés sur une adolescente de 14 ans
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Les procureurs affirment que D4vd a abusé sexuellement de Celeste Rivas Hernandez de manière répétée avant de la tuer. Puis il aurait démembré son corps pour protéger sa carrière musicale. C’est la thèse centrale de l’accusation.
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Celeste, 13 ans au moment de sa disparition, avait été signalée disparue par sa famille depuis Lake Elsinore, en Californie. C’était la troisième fois cette année-là que ses parents lançaient un avis de recherche. Tragiquement, ils ne l’ont jamais revue vivante. Comme dans d’autres affaires impliquant des mineurs vulnérables, les signaux d’alerte n’ont pas suffi à empêcher le pire.
Burke fait face à sept chefs d’accusation : meurtre, abus sexuels continus sur mineur et mutilation de restes humains, entre autres. Il a plaidé non coupable. Ses avocats ont annoncé qu’ils le défendraient « vigoureusement », affirmant que les preuves démontreront qu’il n’a pas tué Celeste.
« Tout ce que nous voulons, c’est justice pour Celeste »
Les parents de Celeste, Jesus Rivas et Mercedes Martinez, ont pris la parole publiquement pour la première fois cette semaine. Un an de silence brisé par des mots simples et dévastateurs.
« Celeste était une belle fille, forte, qui adorait chanter et danser. Chaque vendredi soir, c’était soirée cinéma et nous passions des moments merveilleux ensemble », ont-ils déclaré. « Nous l’aimons tellement et elle nous disait toujours qu’elle nous aimait. Elle nous manque profondément. Tout ce que nous voulons, c’est justice pour Celeste. »
La famille avait lancé une cagnotte en ligne peu après l’identification du corps. Plus de 24 000 dollars avaient été récoltés pour les aider à faire face. Un geste de solidarité dans un océan d’horreur, semblable à ce qu’ont vécu d’autres familles frappées par des crimes liés au milieu musical.
Un procès qui s’annonce hors norme
La procureure Silverman ne cache pas son impatience. « Aujourd’hui, cela fait exactement un an depuis la mort de Celeste. Nous sommes impatients de fixer une date de procès », a-t-elle déclaré à l’audience. Le volume colossal de preuves numériques — ces fameux 40 téraoctets — rend la procédure logistiquement complexe. Chaque fichier, chaque image, chaque donnée devra être catalogué et partagé avec la défense.
Un tribunal de Los Angeles avait déjà émis une ordonnance empêchant le bureau du médecin légiste de communiquer publiquement les détails entourant la mort de Celeste. Une mesure inhabituelle qui montre à quel point les autorités veulent verrouiller ce dossier avant le procès.
Avec la découverte des images pédopornographiques, l’affaire prend une dimension supplémentaire. Si des charges supplémentaires sont retenues, le dossier pourrait devenir l’un des plus lourds jamais instruits contre une personnalité de l’industrie musicale américaine. D’autres affaires impliquant des figures de l’industrie musicale ont récemment secoué l’opinion, mais les faits reprochés à D4vd se distinguent par leur violence extrême.
Pour l’heure, David Anthony Burke reste en détention. Sa défense promet de contester point par point le dossier de l’accusation. Le procès, quand il aura lieu, s’annonce comme un moment de vérité pour la famille de Celeste — et un test pour un système judiciaire confronté à un volume de preuves numériques sans précédent.