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« Non, je suis toujours décédée » : à 87 ans, elle doit prouver qu’elle est vivante pendant six mois

Publié par Elsa Fanjul le 14 Avr 2026 à 9:05

Jacqueline Guérin a 87 ans, un cancer, un AVC derrière elle — et un problème que personne n’imaginerait : aux yeux de la Sécurité sociale, elle est morte. Pas une fois, mais deux. Pendant six mois, cette habitante des Bouches-du-Rhône a dû se battre contre une administration convaincue de son décès, tout en avançant de sa poche des milliers d’euros de soins. Son histoire, racontée par La Provence, illustre une faille administrative aux conséquences très concrètes.

La première « mort » de Jacqueline, en 2016

« Non, je suis toujours décédée » : à 87 ans, elle doit prouver qu'elle est vivante pendant six mois

Tout commence il y a dix ans. Le mari de Jacqueline Guérin décède — lui, réellement. Mais lors du traitement du dossier, c’est la carte Vitale de Jacqueline qui est désactivée. Un simple croisement de données, une erreur administrative comme il en existe des milliers chaque année dans les systèmes informatiques de la Sécu.

À l’époque, la situation se règle en quelques coups de téléphone. Jacqueline retrouve ses droits rapidement. Un incident isolé, pense-t-elle. Un bug regrettable mais sans conséquence durable. L’ancienne institutrice range cette mésaventure dans la catégorie des anecdotes qu’on raconte en riant. Elle était loin d’imaginer que l’administration la « tuerait » une seconde fois.

Octobre 2025 : la pharmacienne lui annonce qu’elle est « décédée »

« Non, je suis toujours décédée » : à 87 ans, elle doit prouver qu'elle est vivante pendant six mois

Neuf ans plus tard, en octobre 2025, Jacqueline se rend à sa pharmacie habituelle pour récupérer ses médicaments. La pharmacienne, embarrassée, lui explique que ses ordonnances ont été retournées avec une mention glaçante : « décédée antérieurement ». Sa carte Vitale est de nouveau hors service. Pour l’administration, Jacqueline Guérin n’existe plus.

L’octogénaire, habituée à l’ironie, ne panique pas immédiatement. La première fois, un appel avait suffi. Mais cette fois, rien ne bouge. Les jours passent, puis les semaines. Les formulaires s’empilent, les interlocuteurs changent, les promesses de régularisation restent sans suite. Les personnes ayant déjà eu affaire à des erreurs du fisc ou de l’administration savent combien il est difficile de faire corriger un dossier, même avec des preuves évidentes.

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Jacqueline, elle, avait la preuve la plus irréfutable qui soit : elle était là, debout, en chair et en os. Mais ça ne suffisait pas.

« Non je ne l’ai pas, je suis toujours décédée »

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Pendant près de six mois — d’octobre 2025 à mars 2026 — Jacqueline Guérin est restée officiellement morte. Six mois durant lesquels chaque consultation médicale, chaque boîte de médicaments, chaque séance de kiné est sortie de sa poche. Le total : près de 5 000 euros avancés par une retraitée de 87 ans.

Pour une personne atteinte d’un cancer et ayant subi un AVC l’année précédente, les soins ne sont pas un luxe mais une nécessité quotidienne. Consultations spécialisées, traitements, suivi paramédical — les factures s’accumulent vite quand la Sécurité sociale ne rembourse plus rien. D’autres retraités connaissent des situations similaires.

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