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« Il est mort et mis au lit » : un enseignant accusé d’avoir tué le bébé de 13 mois qu’il adoptait

Publié par Cassandre le 29 Avr 2026 à 9:33
« Il est mort et mis au lit » : un enseignant accusé d'avoir tué le bébé de 13 mois qu'il adoptait

Un enseignant britannique et son compagnon sont jugés pour le meurtre d’un bébé de 13 mois qu’ils étaient en train d’adopter. Le petit Preston Davey présentait 40 blessures internes et externes au moment de sa mort. Et les messages envoyés par l’accusé dans les jours suivant l’arrivée de l’enfant donnent froid dans le dos.

Un bébé retiré à sa mère biologique dès la naissance

Preston Davey n’a jamais vraiment connu de stabilité. Retiré à sa mère biologique peu après sa naissance, il a été confié aux services sociaux du conseil municipal d’Oldham, en Angleterre. Sa famille d’accueil, dirigée par Sandra Cooper, une assistante maternelle expérimentée avec près de 25 ans de métier, a pris soin de lui pendant ses premiers mois de vie.

Lit de bébé vide dans une chambre à Blackpool

Cooper avait décrit Preston comme l’un des « pires dormeurs » qu’elle ait jamais gardés. Un détail qui va prendre une importance capitale dans la suite de cette affaire. Le petit avait aussi une allergie au lait, ce qui rendait son quotidien plus compliqué que celui d’un nourrisson classique.

Jamie Varley, 37 ans, ancien professeur dans un lycée, et son compagnon John McGowan-Fazakerley, 32 ans, commercial, avaient postulé pour adopter Preston. Ils ont passé avec succès ce que le tribunal a qualifié de procédures de vérification « robustes ». Le 3 avril 2023, quand Preston avait neuf mois, il a été officiellement placé chez le couple, à Blackpool, dans le Lancashire. Quatre mois plus tard, il était mort.

Des messages qui révèlent une spirale inquiétante

Dès les premiers jours, le ton des échanges de Varley avec ses proches a viré. Les messages présentés au tribunal de Preston Crown Court dessinent le portrait d’un homme dépassé, frustré, et de plus en plus agressif dans ses mots.

Après la première nuit du bébé chez eux, Varley a envoyé un message à un ami : « Après une heure où il refusait son lait et sa tétine, j’avais envie de le mettre dans le champ avec les vaches. Mais il s’est réveillé rayonnant et il est beau comme tout. » Un mélange de tendresse et de violence verbale qui va rapidement pencher du mauvais côté.

Smartphone affichant des messages dans une cuisine avec biberon

Le lendemain, il se plaignait auprès d’un collègue que Preston n’avait pas de routine de sommeil parce qu’il avait été « gâté » par Sandra Cooper, qui l’avait « étouffé d’attention » et « le prenait dans ses bras au moindre cri ». Dans les jours suivants, les qualificatifs se sont durcis : « agaçant », « pleurnicheur », « il pleure jour et nuit ».

Puis est arrivé ce message envoyé à sa sœur, décrite comme nounou et coach en sommeil pour bébés : « Il est mort. Il n’a pas dormi après 23h30. Réveillé toutes les 1h30. » En anglais, l’expression utilisée — « He’s dead meat » — est encore plus brutale, suggérant une menace. Ces mots, écrits à propos d’un nourrisson de neuf mois, résonnent d’autant plus fort quand on connaît la fin de l’histoire.

Quatre jours plus tard, Varley envoyait une vidéo de Preston dans son trotteur à sa mère, Karen Graham. Celle-ci répondait : « Petit garçon malin xxx. » La réponse de Varley : « C’était avant qu’il soit assassiné et mis au lit. » Des « blagues » sur lesquelles l’accusation s’appuie désormais lourdement. Cette affaire rappelle d’autres cas où des parents ont commis l’impensable sur des enfants qui leur étaient confiés.

Un couple déjà en crise avant même l’arrivée du bébé

Les messages ne révèlent pas seulement la frustration de Varley envers Preston. Ils montrent aussi qu’entre les deux hommes, la situation était déjà explosive. Quelques jours seulement après l’arrivée du nourrisson, McGowan-Fazakerley écrivait à son compagnon : « Je ne peux plus continuer à essayer. Je ne serai plus physique avec toi, tu me brises le cœur. »

Varley répondait froidement : « Tu finiras par aller voir ailleurs, alors autant se séparer. » Un couple en pleine implosion, avec un bébé fragile au milieu. Le procureur Peter Wright KC a souligné ce contexte de tension permanente dans le foyer.

Varley avait pris un congé de son poste d’enseignant pour s’occuper de Preston à plein temps. Isolé avec un bébé difficile, en conflit avec son partenaire, il accumulait les messages où il décrivait l’enfant comme un fardeau. « Je l’adore, mais il nous tue », écrivait-il. « Il pleure quand on le prend. On ne peut le poser que quelques minutes. Il pleure toute la nuit. Si on quitte la pièce, il hurle. » La question de la protection parentale dans la petite enfance prend ici une dimension tragique.

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Trois passages aux urgences sans que personne ne réagisse

Ce qui rend cette affaire encore plus insupportable, c’est que Preston a été emmené à l’hôpital à trois reprises avant sa mort. Trois fois, le couple a présenté le bébé aux médecins. Trois fois, des blessures suspectes — notamment des bleus — ont été expliquées par Varley et McGowan-Fazakerley. Et trois fois, aucun signalement de protection de l’enfance n’a été déclenché.

Entrée des urgences d'un hôpital britannique au crépuscule

L’une de ces visites concernait un bras fracturé. Un bras fracturé sur un bébé de moins d’un an. L’accusation affirme que Preston a été « régulièrement maltraité, sexuellement abusé et physiquement agressé » durant les quatre mois passés sous le toit du couple. Peter Wright KC a rappelé au jury que le petit garçon était un enfant « heureux et en bonne santé » au moment de son placement. Ce type de violences sur de jeunes enfants soulève à chaque fois la question de la défaillance des dispositifs de protection.

Les services sociaux d’Oldham avaient validé l’adoption. Les vérifications avaient été jugées « robustes ». Et pourtant, en quatre mois, un nourrisson est passé d’un foyer d’accueil aimant à une maison où il a accumulé 40 blessures avant de mourir.

Le soir du 27 juillet 2023 : la version de Varley ne tient pas

Le 27 juillet 2023, McGowan-Fazakerley est rentré du travail et a trouvé Varley en train de tenter de réanimer Preston, « en panique », selon le procureur. Le couple a conduit le bébé, en arrêt cardiaque, à l’hôpital Victoria de Blackpool. Les médecins n’ont pas pu le sauver. Preston avait 13 mois.

L’autopsie a révélé 40 blessures internes et externes. Parmi elles, des ecchymoses sévères à l’arrière de la gorge. Le pathologiste a conclu que l’enfant avait été étouffé et que la cause du décès était une « obstruction aiguë des voies aériennes supérieures ». En clair : quelqu’un lui a bloqué la respiration.

Varley a d’abord affirmé qu’il donnait le bain à Preston quand il s’était brièvement absenté, et qu’il l’avait retrouvé en train de se noyer. Mais le procureur a été catégorique : les preuves pathologiques ne corroborent pas cette version. L’accusation soutient que, plus tôt dans la journée, Preston a subi deux agressions sexuelles graves commises par Varley, qui ont directement causé sa mort.

25 chefs d’accusation et un procès qui durera deux mois

Les deux hommes ont été arrêtés le jour même pour suspicion de négligence. Depuis, les charges se sont considérablement alourdies. Varley fait face à 25 chefs d’accusation : meurtre, agression sexuelle, agression par pénétration, coups et blessures volontaires ayant entraîné des dommages corporels graves, quatre chefs de cruauté envers un enfant, 14 chefs de fabrication et prise d’images indécentes d’un enfant, et un chef de distribution d’images pédopornographiques.

McGowan-Fazakerley est poursuivi pour avoir causé ou permis la mort d’un enfant, ainsi que pour deux chefs de cruauté envers un enfant. Les deux hommes font face à deux charges supplémentaires conjointes d’agression sexuelle et de cruauté. Les deux plaident non coupables sur l’ensemble des charges. On se souvient que dans l’affaire de Mazan, un accusé détenant des images pédopornographiques avait lui aussi exprimé le souhait d’adopter un enfant.

Le procès, qui se tient devant la Preston Crown Court, devrait durer entre six et huit semaines. Les jurés devront déterminer si Jamie Varley a tué Preston Davey, et si son compagnon savait — ou aurait dû savoir — ce qui se passait dans leur maison de Blackpool.

Au cœur des débats : comment un système d’adoption censé protéger les enfants les plus vulnérables a-t-il pu placer un bébé fragile chez un homme qui, dès les premiers jours, le qualifiait de « mort » dans ses messages. Et comment trois passages aux urgences n’ont déclenché aucune alerte. Le cas de Preston Davey pourrait bien devenir l’un des scandales de protection de l’enfance les plus retentissants du Royaume-Uni, à l’image d’autres affaires impliquant des enfants dont la disparition ou la mort aurait pu être évitée.

2 commentaires

  • V
    Vengeance
    29/04/2026 à 11:05
    À mort à ces tortionnaires
  • A
    Adel
    29/04/2026 à 10:37
    Immoral ceux sont des monstres la peine de mort devrait être appliqué pour des cas similaires

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