Floride : elle regarde son nouveau-né se noyer et va jouer au théâtre
En Floride, une jeune étudiante de 20 ans est accusée d’avoir laissé son nouveau-né mourir dans la cuvette des toilettes, avant de l’enterrer dans son jardin et de partir jouer dans une pièce de théâtre. L’enquête a révélé un détail glaçant : elle conservait sur son téléphone des photos de Casey Anthony, une mère acquittée du meurtre de sa fille en 2011. Retour sur une affaire qui a secoué la Floride.
Un accouchement secret et un bébé laissé dans les toilettes
Les faits remontent au 5 mars dernier. Anne Mae Demegillo, étudiante de 20 ans, a accouché seule dans les toilettes de sa résidence de Palm Beach, en Floride. Selon les déclarations qu’elle a faites à la police, elle a mis au monde une petite fille directement dans la cuvette.
Ce qui s’est passé ensuite défie l’entendement. La jeune femme a admis aux enquêteurs avoir regardé son bébé crier et se débattre dans l’eau, sans intervenir, jusqu’à ce que la petite fille cesse de bouger. Le nourrisson pesait à peine 1,5 kg et mesurait 47 centimètres.
Une fois le bébé mort, Demegillo l’a enveloppé dans une serviette, placé dans un sac de sport, puis rangé dans un placard de son domicile. Elle a ensuite quitté la maison pour se rendre en cours, puis est montée sur scène pour une représentation théâtrale, comme si rien ne s’était passé.
Une tombe improvisée dans le jardin
Le soir même, de retour chez elle, l’étudiante a enterré le corps du nouveau-né dans son jardin, sous à peine huit à douze centimètres de terre. C’est un message texte envoyé à une amie qui a tout fait basculer. Dans ce SMS, Demegillo avouait avoir accouché d’un bébé dans les toilettes, l’avoir regardé mourir, puis l’avoir enterré.
L’amie en question a immédiatement prévenu les autorités. Une vérification de routine a été lancée au domicile de la suspecte. Lorsque les adjoints du shérif du comté de Flagler sont arrivés, Demegillo les a elle-même conduits jusqu’à l’endroit où elle avait creusé. Les policiers ont alors aperçu une petite jambe humaine qui dépassait du sol, selon le communiqué du bureau du shérif de Flagler County.

Ce type d’affaire impliquant des nouveau-nés abandonnés survient malheureusement plus souvent qu’on ne le pense aux États-Unis. Mais les détails de cette affaire ont particulièrement choqué les enquêteurs.
Des photos de Casey Anthony sur son téléphone
L’arrestation initiale, dès le lendemain des faits, a d’abord donné lieu à des charges d’homicide involontaire. Mais au fil de l’enquête, menée pendant un mois par les services numériques du shérif, le dossier a pris une tout autre dimension.
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Les enquêteurs ont découvert sur le téléphone de Demegillo des images de Casey Anthony, cette mère de Floride jugée en 2011 pour le meurtre de sa fille Caylee, âgée de deux ans, et finalement acquittée dans un procès qui avait captivé l’Amérique entière. L’étudiante avait également stocké des photos de nouveau-nés sur son appareil.
Ses recherches internet sont tout aussi accablantes. Elle avait tapé des requêtes comme « bébés prématurés nouveau-nés », « obstétricien-gynécologue Palm Coast » ou encore « aliments pour diminuer la fertilité ». Pour les enquêteurs, ces éléments numériques suggèrent des recherches sur la mort d’un enfant et les investigations qui s’ensuivent. En d’autres termes, elle se serait renseignée sur la manière dont ce type d’affaire est traité par la justice.
Du simple homicide au meurtre prémédité
Lundi dernier, un grand jury a décidé de requalifier les charges. Anne Mae Demegillo est désormais inculpée de meurtre au premier degré avec préméditation, de maltraitance aggravée sur enfant et de non-signalement d’un décès avec intention de dissimuler des preuves. Des charges autrement plus lourdes que l’homicide involontaire initial.
Le shérif Rick Staly n’a pas mâché ses mots lors de sa déclaration publique. « C’est l’une de ces affaires tragiques qui vous ébranlent jusqu’au plus profond de votre être. Une mère qui laisse mourir un nouveau-né parce qu’il représentait une gêne dans sa vie. » Il a ajouté qu’il était « difficile de comprendre comment une mère peut choisir de regarder son enfant se noyer plutôt que de le sortir de la cuvette ».

La conférence de presse initiale de l’adjoint Joe Barile avait déjà suscité une vague d’émotion dans tout l’État. Avec les nouvelles preuves numériques, l’indignation n’a fait que grandir.
Sa propre mère ne savait rien
Un autre aspect troublant de cette affaire : la mère d’Anne Mae Demegillo se trouvait au domicile le jour de l’arrestation de sa fille. Pourtant, selon les documents judiciaires, la jeune femme a affirmé que sa mère n’avait jamais eu connaissance de la grossesse, de l’accouchement, de la mort du bébé ni de l’enterrement.
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Comment une grossesse entière a-t-elle pu passer inaperçue sous le même toit ? C’est l’une des nombreuses questions auxquelles l’enquête devra encore répondre. Des cas similaires de mères au comportement meurtrier ont déjà défrayé la chronique, mais la froideur apparente de cette étudiante de 20 ans sidère les observateurs.
Certains spécialistes rappellent que le déni de grossesse est un phénomène médical reconnu, mais dans ce cas précis, les recherches internet effectuées en amont semblent exclure cette hypothèse. Demegillo savait visiblement qu’elle était enceinte et avait anticipé la suite des événements.
Un procès sous haute tension
L’étudiante doit comparaître devant le tribunal le 21 avril pour sa mise en accusation formelle. Si elle est reconnue coupable de meurtre au premier degré en Floride, elle encourt la prison à perpétuité, voire la peine de mort.
L’affaire rappelle inévitablement le cas Casey Anthony, dont Demegillo semblait suivre le parcours judiciaire de près. À l’époque, l’acquittement d’Anthony avait provoqué un tollé national et relancé le débat sur la justice pénale américaine. Cette fois, les preuves numériques pourraient jouer un rôle décisif pour les procureurs.
Le shérif Staly a tenu à saluer le travail de ses équipes, et en particulier celui de l’unité de criminalistique numérique, dont les découvertes ont permis de transformer une affaire d’homicide involontaire en dossier de meurtre prémédité. Quant à l’amie qui a alerté la police après avoir reçu le message d’aveu, elle est considérée comme un témoin clé dans cette procédure.
Des affaires impliquant des actes irréparables contre des nourrissons surgissent régulièrement dans l’actualité judiciaire. Mais la combinaison de froideur calculée, de preuves numériques accablantes et de références à une affaire criminelle célèbre donne à ce dossier une dimension particulièrement sinistre.
