Il empoche 167 millions d’euros au Powerball — ce qu’il fait quelques mois plus tard défie toute logique
En avril dernier, un Américain de 51 ans devenait multimillionnaire du jour au lendemain grâce au Powerball. De quoi changer de vie, voyager, investir, se poser. Sauf que James Farthing avait visiblement d’autres projets. Quelques mois après son jackpot historique, c’est menotté qu’il a refait la Une des journaux — et pas pour un second tirage gagnant.
Un jackpot à 167 millions qui fait la Une au Kentucky
James Farthing, originaire du Kentucky, n’était pas exactement un inconnu des services de police quand la chance lui a souri. En avril dernier, il décroche le gros lot du Powerball : 167 millions d’euros. Un montant colossal, même à l’échelle américaine, où les cagnottes des grandes loteries atteignent régulièrement des sommets.

Le quinquagénaire se retrouve propulsé sous les projecteurs. La presse locale s’empare de son histoire, d’autant plus que son profil détonne. Au moment de valider son ticket gagnant, Farthing n’était pas en vacances ni à la retraite. Il purgeait une peine de prison et se trouvait en liberté conditionnelle. Un détail qui, rétrospectivement, aurait dû alerter sur la suite des événements.
Gagner à la loterie change la vie de la plupart des gens. Certains gagnants connaissent d’ailleurs des trajectoires chaotiques après leur gain. Mais ce qui attendait James Farthing relève d’un tout autre registre : celui du fait divers absurde, où même 167 millions ne suffisent pas à éteindre certains réflexes.
Quelques jours après le jackpot, les ennuis commencent déjà
La plupart des nouveaux millionnaires s’offrent une voiture, un voyage, un bien immobilier. Farthing, lui, récolte sa première arrestation post-jackpot en quelques jours seulement. Motif : agression sur une personne dépositaire de l’autorité publique. En clair, il s’en est pris à un représentant de l’ordre.
Ce n’est pas tout. Il a aussi quitté le Kentucky sans autorisation, violant directement les conditions de sa liberté conditionnelle. Un geste que les autorités ne pouvaient pas ignorer, fortune ou pas. Le dossier a été traité rapidement : Farthing a plaidé coupable début mars, s’en tirant avec une amende de 1 000 dollars. Une broutille pour un homme assis sur des millions.
Mais ces incidents n’étaient qu’un avant-goût. En février, nouvelle interpellation : cette fois pour des menaces envers une personne. L’affaire est toujours en cours, avec une audience prévue devant un tribunal. Un délit de fuite viendrait compléter le tableau. Et le pire restait encore à venir.
Ce que révèle son casier judiciaire
Pour comprendre comment un multimillionnaire peut finir par cambrioler une maison, il faut remonter le fil de son passé. James Farthing n’en était pas à son coup d’essai avec la justice. Loin de là. Avant le Powerball, il avait passé, selon la presse américaine, la majeure partie de sa vie adulte à faire des allers-retours entre la prison et la liberté.

Son casier judiciaire mentionne des condamnations pour falsification de preuves, participation au crime organisé, infractions à la législation sur les stupéfiants et recel de biens volés. Un profil multirécidiviste qui contraste de manière saisissante avec l’image du gagnant euphorique brandissant son chèque géant. L’affaire rappelle que la fortune ne change pas toujours un homme.
Le motif exact de sa dernière incarcération n’a jamais été officiellement précisé, mais les charges accumulées au fil des années dressent le portrait d’un individu profondément ancré dans la délinquance. Un schéma que même un gain astronomique n’a pas réussi à briser. Et c’est justement ce schéma qui va le rattraper de la façon la plus absurde possible.
12 000 dollars : le butin qui ne valait pas le détour
Quelques mois après avoir empoché 167 millions d’euros, James Farthing s’introduit dans une maison. Son objectif ? Dérober 12 000 dollars en liquide. Faites le calcul : cette somme représente environ 0,007 % de ses gains au Powerball. C’est comme si un salarié au SMIC risquait la prison pour voler 12 centimes.
La propriétaire de la maison a été alertée par un bruit suspect. En vérifiant ses affaires, elle constate la disparition de l’argent. Heureusement pour elle, des caméras de surveillance avaient enregistré la scène. Les images sont suffisamment claires pour identifier Farthing, dont le visage était déjà bien connu des autorités locales.
La question que tout le monde se pose : qu’a-t-il fait de ses 167 millions ? A-t-il tout dilapidé en quelques mois ? A-t-il été dépossédé de son gain d’une manière ou d’une autre ? Ou le cambriolage relève-t-il d’un comportement compulsif que l’argent ne peut pas corriger ? À ce stade, aucune explication officielle n’a été avancée.
Retrouvé dans un casino, arrêté sans résistance
Après le cambriolage, les enquêteurs n’ont pas eu besoin de mener une longue traque. James Farthing a été localisé dans un casino, pas très loin de la scène du crime. La police l’a interpellé sur place, sans incident majeur. Les charges retenues cette fois : cambriolage et possession illégale de marijuana.
Il s’agirait au minimum de sa troisième arrestation depuis qu’il a touché le jackpot du Powerball. Trois arrestations en quelques mois pour un homme qui disposait de suffisamment d’argent pour vivre confortablement le reste de sa vie, et celle de plusieurs générations après lui. Un cas d’école qui fascine autant qu’il consterne les observateurs américains.
Le fait qu’il ait été retrouvé dans un casino interroge aussi sur une éventuelle addiction au jeu. Certains profils de joueurs compulsifs continuent à chercher l’adrénaline du gain même après avoir décroché des sommes faramineuses. Des histoires similaires de gagnants de loterie aux parcours tortueux alimentent régulièrement la chronique.
Pourquoi certains gagnants ne s’en sortent jamais
Le cas de James Farthing est extrême, mais il n’est pas isolé. Aux États-Unis, des études estiment qu’environ 70 % des gagnants de gros lots dilapident leur fortune dans les cinq ans suivant leur gain. Faillites, divorces, procès, addictions : le jackpot se transforme souvent en malédiction pour ceux qui n’y étaient pas préparés.

Chez Farthing, le problème semble plus profond qu’une simple mauvaise gestion financière. Des décennies de délinquance, un casier long comme le bras, des réflexes ancrés depuis la jeunesse : l’argent ne reprogramme pas un cerveau. Les psychologues spécialistes du comportement criminel parlent de « schémas comportementaux automatiques », des habitudes tellement enracinées qu’elles persistent même quand le besoin matériel disparaît.
L’affaire pose aussi la question de l’accompagnement des gagnants. Aux États-Unis, contrairement à la France où la Française des Jeux propose un suivi aux grands gagnants, le Powerball ne fournit aucun dispositif d’aide psychologique ou financière. On vous remet un chèque, et débrouillez-vous. Pour quelqu’un comme Farthing, c’est comme donner un avion à quelqu’un qui n’a jamais conduit une voiture.
James Farthing doit comparaître prochainement devant un tribunal pour l’affaire de menaces, en plus des charges de cambriolage. Avec un délit de fuite supplémentaire en cours d’instruction, son calendrier judiciaire est plus chargé que celui de la plupart des avocats pénalistes. Il y a quelques mois, il était l’homme le plus chanceux du Kentucky. Aujourd’hui, il pourrait bien retourner là où il a passé l’essentiel de sa vie : derrière les barreaux. La preuve que 167 millions ne peuvent pas acheter ce qui compte vraiment — la capacité à changer.