Le chanteur Saad Lamjarred condamné à 5 ans de prison pour un viol à Saint-Tropez
C’est un verdict qui tombe après des années de procédure judiciaire. Le chanteur marocain Saad Lamjarred, star du monde arabe, a été reconnu coupable de viol par la cour d’assises de Draguignan. La peine prononcée : cinq ans de prison. Mais derrière ce jugement, c’est toute une série d’accusations similaires qui refait surface, du Maroc aux États-Unis en passant par Paris.

Une semaine de procès à huis clos à Draguignan
Le verdict est tombé ce vendredi 15 mai 2026, au terme d’une semaine d’audience tenue dans le plus grand secret. Saad Lamjarred comparaissait devant la cour d’assises du Var pour un viol commis en 2018 à Saint-Tropez. La victime, une jeune femme rencontrée en discothèque, avait accepté de prendre un verre dans la chambre d’hôtel du chanteur. Elle affirme n’avoir jamais consenti à une relation sexuelle.
Le parquet avait requis dix ans de réclusion. Le jury a finalement retenu cinq ans de détention, sans mandat de dépôt immédiat. En parallèle, Lamjarred a été condamné à verser 30 000 euros de dommages et intérêts à la plaignante. Tout au long de la procédure et durant le procès, le chanteur a contesté les faits. Son avocat, Me Christian Saint-Palais, a refusé de commenter la décision auprès de la presse.
Détenu provisoirement trois mois en 2018 au début de l’enquête, Lamjarred avait ensuite été libéré et comparaissait libre. Mais ce n’est pas la première fois qu’il se retrouve dans un tribunal français.
Un passé judiciaire lourd entre Paris, Rabat et New York
Révélé en 2007 grâce à l’émission libanaise Superstar, Saad Lamjarred traîne derrière lui un historique judiciaire qui donne le vertige. En 2023, il avait déjà été condamné en première instance à six ans de prison pour un autre viol, survenu en 2016 à la sortie d’une boîte de nuit parisienne. Il avait fait appel de cette condamnation, et conteste toujours les faits.
Avant la France, le chanteur avait été mis en cause aux États-Unis dès 2010 pour viol et agression sexuelle. La procédure avait été classée sans suite après un accord financier conclu avec la victime. En 2015, des accusations similaires avaient émergé au Maroc. Quatre pays, quatre affaires : le schéma interpelle et soulève des questions sur la lenteur des procédures internationales.
Ce contexte pesait lourd dans la salle d’audience de Draguignan, même si chaque dossier reste juridiquement distinct. Et la suite promet encore des rebondissements.

Pas de prison immédiate : Lamjarred dispose de 10 jours pour faire appel
Comme dans d’autres affaires médiatiques, l’absence de mandat de dépôt interroge. Concrètement, Saad Lamjarred n’a pas été incarcéré à l’issue de l’audience. Il devra se présenter devant un juge d’application des peines pour déterminer les modalités d’exécution de sa peine, potentiellement sous forme aménagée.
Le chanteur dispose d’un délai de dix jours pour interjeter appel de cette condamnation. Vu son parcours — il avait déjà fait appel de sa condamnation de 2023 —, cette éventualité semble plus que probable. Sa défense n’a rien laissé filtrer, mais le silence de Me Saint-Palais devant les caméras en dit long sur la stratégie à venir.
Reste une réalité : même condamné deux fois en France, le chanteur aux millions de vues sur YouTube n’a, à ce jour, jamais purgé de peine derrière les barreaux de l’Hexagone. Un décalage entre la gravité des faits reprochés et leur traduction carcérale qui ne manquera pas de faire réagir.
Deux condamnations françaises, quatre pays concernés, et toujours pas un jour de prison ferme effectué en France. L’affaire Saad Lamjarred est loin d’être terminée : si l’appel est confirmé, un nouveau procès pourrait se tenir dans les mois à venir. Et vous, pensez-vous que la justice avance assez vite dans ce type de dossier ?