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Belgique : une tornade emporte un château gonflable lors d’un tournoi de foot, un enfant de 7 ans meurt

Publié par Cassandre le 11 Mai 2026 à 9:25

Ce devait être un samedi de fête, de cris de joie et de buts célébrés entre copains. À Hamme, en Flandre-Orientale, la Youth Cup réunissait des dizaines de familles autour d’un tournoi de football pour enfants. Des animations étaient prévues, dont un château gonflable. Mais en quelques secondes, une tornade a tout fait basculer. Le petit Jean, 7 ans, a perdu la vie après avoir été violemment projeté au sol.

Un tournoi de foot pour enfants qui vire au cauchemar

La Youth Cup, organisée à Hamme par le club Vigor Wuitens, est un rendez-vous familial bien connu dans la région. Ce samedi 8 mai, des équipes de jeunes s’affrontaient sur les terrains pendant que leurs frères, sœurs et amis profitaient des animations installées à proximité. Parmi elles, un château gonflable, attraction classique de ce genre d’événement.

Château gonflable sur un terrain de football sous un ciel orageux

Personne n’a vu venir ce qui allait se passer. Selon les informations rapportées par le quotidien belge Het Laatste Nieuws (HLN), une tornade s’est formée soudainement sur la zone du tournoi. Le phénomène météorologique, d’une rare violence pour la région, a soulevé le château gonflable dans les airs alors que plusieurs enfants se trouvaient encore à l’intérieur ou dessus.

Les enfants ont été projetés dans le vide puis sont retombés lourdement au sol. Un scénario qui rappelle d’autres drames similaires survenus ces dernières années, comme cet accident aux États-Unis où un garçon de 5 ans avait trouvé la mort dans des circonstances quasi identiques. Mais cette fois, c’est en pleine Belgique que le pire s’est produit.

Jean, 7 ans, accompagnait son frère au tournoi

Le jeune Jean n’était même pas là pour jouer au foot. Il accompagnait son grand frère Louis, qui évoluait avec les U10 de Wambeek-Ternat. Pendant que Louis jouait son match, Jean profitait des jeux pour enfants. Il était sur le château gonflable au moment où la tornade l’a arraché du sol.

Ambulance portes ouvertes sur un terrain de sport en Belgique

Selon les témoignages recueillis par la presse belge, le garçon de 7 ans a été projeté avec une force terrifiante contre une barrière métallique. La violence du choc a provoqué des blessures extrêmement graves. Les secours, qui étaient heureusement déjà présents sur le site de l’événement, sont intervenus immédiatement.

Des parents disposant d’une formation médicale se sont également précipités pour porter assistance. Malgré cette réactivité, l’état du petit Jean était critique. Pendant son transfert en ambulance vers l’hôpital universitaire de Gand, les équipes médicales ont dû le réanimer à plusieurs reprises. Le garçon a finalement succombé à ses blessures dans la soirée. Trois autres enfants ont été blessés dans l’accident, sans que leur pronostic vital ne soit engagé.

« Ce qui devait être une grande fête s’est transformé en tragédie »

Peter De Vylder, directeur général du club Vigor Wuitens Hamme, n’a pas caché son désarroi. Sa déclaration résume à elle seule l’état d’esprit de toute une communauté : « Ce qui devait être une grande fête s’est transformé en tragédie. » En quelques secondes, l’ambiance festive du tournoi a laissé place à la sidération et aux cris de détresse.

Deborah Stoffels, référente intégrité du club, a pour sa part souligné que « les circonstances exactes de l’accident ne sont pas encore claires » et que « l’enquête est toujours en cours ». Car au-delà de l’émotion, une question brûlante se pose déjà : qui est responsable ?

La bourgmestre de Hamme, Lotte Peeters, a rappelé que le parquet avait ouvert une enquête. Son objectif : « examiner qui porte la responsabilité et si des erreurs ont été commises ». Le château gonflable était-il correctement arrimé ? Les organisateurs avaient-ils pris en compte les alertes météorologiques ? Des précautions supplémentaires auraient-elles dû être mises en place face au risque de vents violents ? Autant de questions auxquelles les enquêteurs devront répondre. Ce type de drame soulève systématiquement la question de la sécurité des structures gonflables lors d’événements en extérieur, un sujet récurrent après des accidents impliquant des attractions foraines.

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Les tornades en Belgique, un phénomène plus fréquent qu’on ne croit

Quand on pense tornade, on imagine les grandes plaines américaines et les scènes dignes de films catastrophe. Pourtant, la Belgique et le nord de l’Europe ne sont pas épargnés. Les tornades de faible à moyenne intensité sont plus courantes dans nos régions qu’on ne le croit. En moyenne, plusieurs dizaines de phénomènes tourbillonnaires sont recensés chaque année en Europe occidentale.

Le problème, c’est leur imprévisibilité. Contrairement aux tempêtes classiques, ces mini-tornades peuvent se former en quelques minutes et frapper de manière extrêmement localisée. Ce samedi à Hamme, aucune alerte spécifique ne semble avoir été émise avant que le phénomène ne s’abatte sur la zone du tournoi. C’est précisément cette brutalité qui rend ces événements si dangereux pour les structures légères comme les chapiteaux, les tentes ou les châteaux gonflables.

Château gonflable dégonflé avec des ancrages au sol après une tempête

Les châteaux gonflables, par leur conception même – larges surfaces exposées au vent, poids relativement faible –, sont particulièrement vulnérables aux rafales soudaines. Plusieurs pays ont d’ailleurs renforcé leur réglementation ces dernières années. Au Royaume-Uni, après la mort d’une fillette de 3 ans en 2018, les normes d’ancrage ont été durcies. En Australie, un accident survenu en 2021 lors d’une fête scolaire avait tué six enfants projetés à plus de dix mètres de hauteur.

Une communauté sous le choc, un hommage prévu dimanche

À Hamme, le deuil a immédiatement saisi toute la communauté sportive. Les autorités locales, en coordination avec Voetbal Vlaanderen (la fédération flamande de football), ont annoncé la mise en place d’un accompagnement psychologique. Ce dispositif concerne les enfants présents lors du drame, leurs familles, mais aussi les entraîneurs et les bénévoles qui ont assisté à la scène.

Le traumatisme dépasse largement le cercle des proches de Jean. Des dizaines de familles assistaient au tournoi. Des parents ont vu le château gonflable s’envoler sous leurs yeux. Des enfants ont vu leurs camarades être projetés au sol. Ce sont des images qui marqueront durablement. Un drame survenu lors d’un événement festif laisse toujours des traces profondes, parce qu’il s’inscrit dans un moment censé être heureux.

Les matchs prévus le dimanche à Hamme ont été maintenus, mais dans un tout autre état d’esprit. Une minute de silence a été observée avant chaque rencontre. Tous les joueurs portaient un brassard noir en hommage au petit Jean. Son frère Louis, ses coéquipiers de Wambeek-Ternat et l’ensemble des jeunes footballeurs présents ont vécu un week-end qu’ils n’oublieront jamais.

Responsabilité, sécurité : le débat qui s’ouvre après le drame

Au-delà de l’enquête judiciaire en cours, ce drame relance inévitablement le débat sur la sécurité des structures gonflables lors d’événements en plein air. En Belgique comme en France, les règles encadrant l’installation et l’utilisation de ces attractions restent floues, voire inexistantes dans certains cas. Il n’existe pas de norme européenne uniformisée imposant des conditions météorologiques maximales pour leur exploitation.

Concrètement, les fabricants recommandent de dégonfler et de ranger un château gonflable dès que les vents dépassent 40 km/h. Mais sur le terrain, lors d’un tournoi ou d’une kermesse, qui surveille l’anémomètre ? Qui prend la décision de tout arrêter alors que des dizaines d’enfants s’amusent ? La réalité, c’est que la plupart des organisateurs d’événements locaux n’ont ni les moyens ni les outils pour anticiper un phénomène aussi soudain qu’une tornade.

Ce samedi, à Hamme, la météo n’annonçait pas de tornade. Juste un temps instable, comme on en connaît régulièrement au printemps en Belgique. Et pourtant, en l’espace de quelques secondes, tout a basculé. Le petit Jean, 7 ans, qui était simplement venu encourager son frère, n’est jamais rentré chez lui. Une enquête devra établir si cette tragédie aurait pu être évitée. En attendant, une communauté entière pleure un enfant qui avait toute la vie devant lui.

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