Sa sangle se détache, une touriste de 16 ans meurt pendant un saut à l’élastique après avoir averti sur son matériel défecteux

Le 3 mai dernier, dans un parc d’aventure chinois, une adolescente de 16 ans a fait une chute mortelle en tyrolienne. La corde de sécurité a lâché quelques secondes après son départ. Détail glaçant : la jeune fille avait averti le personnel que ses sangles lui semblaient mal attachées. Personne n’a réagi. La scène, filmée par d’autres visiteurs, fait depuis le tour du monde.
Un parc perché à 168 mètres au-dessus d’une cascade

Le parc d’aventure Maliuyan se situe dans la ville de Huaying, dans la province du Sichuan. L’attraction phare, baptisée « Waterfall Swing », propose aux visiteurs de s’élancer en tyrolienne à 168 mètres de hauteur, au-dessus d’une cascade rugissante. Le décor est spectaculaire : montagnes verdoyantes, brume, eau qui dévale la roche. De quoi attirer des dizaines de milliers de touristes chaque année.

Ce type de parcs d’aventure connaît un boom considérable en Chine. Les attractions extrêmes — ponts de verre suspendus, balançoires géantes, tyroliennes vertigineuses — se multiplient à travers le pays. Un succès commercial fulgurant, mais qui soulève depuis plusieurs années des questions majeures sur les normes de sécurité appliquées dans ces structures. Et ce qui s’est passé le 3 mai vient rappeler brutalement pourquoi ces inquiétudes sont fondées.
Liu avait pourtant donné l’alerte
La victime, une jeune fille de 16 ans prénommée Liu, s’était rendue au parc en tant que touriste. Casque sur la tête, harnais enfilé, elle portait même un drapeau sur le dos, probablement pour célébrer son saut. Tout semblait normal. Mais juste avant de s’élancer, Liu a signalé au personnel que ses sangles de sécurité ne lui paraissaient pas correctement fixées.
Selon les témoins présents ce jour-là, les agents du parc n’ont pris aucune mesure. Pas de vérification supplémentaire. Pas de pause pour inspecter le matériel. Liu a été envoyée dans le vide malgré ses doutes. Ce genre de négligence rappelle d’autres drames similaires, comme celui de cette mère de famille en Russie, victime d’une chute mortelle de 90 mètres dans des circonstances tout aussi évitables.

La corde lâche en quelques secondes
La vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, montre les derniers instants avant le drame. On y voit Liu ajuster son drapeau dans le dos, lancer un objet à un employé du parc, puis s’élancer. Ses pieds quittent à peine la plateforme que la corde de sécurité cède. La défaillance semble se produire au niveau de la poulie, le mécanisme censé assurer le glissement contrôlé du câble.
Liu tombe dans le vide, à 168 mètres de hauteur. L’image est d’une violence inouïe. Autour d’elle, des touristes assistent à la scène, impuissants. La vidéo, partagée massivement sur X (anciennement Twitter), a provoqué une onde de choc bien au-delà de la Chine. Ce n’est malheureusement pas un cas isolé : les accidents impliquant des activités à sensations se produisent aussi lors de sauts en parachute ou d’autres sports extrêmes.
Déclarée morte pendant le transport
Les secours sont intervenus rapidement, mais Liu n’a pas survécu à ses blessures. Les autorités locales ont confirmé son décès durant le transport vers l’hôpital. Elle avait 16 ans. Une adolescente en vacances, venue profiter d’une attraction censée être sécurisée et encadrée par des professionnels.
Immédiatement après l’accident, le parc Maliuyan a fermé ses portes. Une enquête a été ouverte pour déterminer les responsabilités et identifier d’éventuels manquements aux normes de sécurité. Le personnel présent au moment du drame fait l’objet d’investigations. Quant à la direction du parc, elle a qualifié la mort de Liu d’« accident de production ». Une formulation froide, administrative, qui a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux chinois.
« Accident de production » : la formule qui passe mal
Sur Weibo, l’équivalent chinois de X, des milliers d’internautes ont réagi avec colère. « Accident de production » : le terme, habituellement réservé aux incidents industriels, a été perçu comme une tentative de minimiser la tragédie. Comme si la mort d’une adolescente n’était qu’un aléa statistique dans une chaîne de montage touristique.
La question de la responsabilité individuelle du personnel est au cœur des discussions. Liu avait prévenu. Elle avait dit, à voix haute, devant témoins, que quelque chose n’allait pas. Et personne n’a pris la peine de vérifier. Ce n’est pas un défaut de conception invisible ou un vice caché dans le mécanisme. C’est un signal d’alerte ignoré. L’enquête devra déterminer si les employés ont reçu une formation adéquate et si les protocoles de vérification existaient réellement — ou seulement sur le papier.
Un boom des parcs extrêmes, des contrôles à la traîne
La Chine a vu exploser le nombre de parcs d’aventure ces dix dernières années. Ponts de verre à 300 mètres au-dessus du vide, toboggans accrochés à des falaises, tyroliennes au-dessus de gorges : chaque province veut son attraction spectaculaire pour attirer les touristes. Le marché est colossal. Mais la réglementation, elle, n’a pas suivi le même rythme.
Contrairement aux parcs d’attractions classiques (manèges, montagnes russes), ces structures « de plein air » ne sont pas toujours soumises aux mêmes inspections obligatoires. Les contrôles varient d’une province à l’autre, et les exploitants locaux peuvent parfois ouvrir avec des certifications minimales. Pour les voyageurs qui envisagent ce type de destinations, mieux vaut d’abord se renseigner sur les pays les plus sûrs avant de réserver.
Après le drame de Huaying, de nombreuses voix s’élèvent en Chine pour réclamer une réglementation nationale unifiée. Des inspections régulières et indépendantes. Une formation certifiée du personnel. Et surtout, un protocole clair : quand un visiteur signale un problème sur son équipement, on arrête tout et on vérifie. Point.
Un drame qui aurait pu être évité
C’est peut-être ça, le plus insupportable dans cette histoire. Liu n’a pas été victime d’un événement imprévisible. Elle n’a pas été frappée par la foudre ni emportée par une crue soudaine. Elle a été tuée par de la négligence humaine, dans un lieu qui vendait de la sécurité en même temps que du frisson. Elle a même fait le travail que les employés auraient dû faire : vérifier, douter, alerter.
Personne ne l’a écoutée. Et c’est précisément ce qui transforme cet accident en scandale. Comme dans le cas de ce spectateur tué lors d’un rallye en Argentine, la question est toujours la même : à quel moment le spectacle passe-t-il avant la vie humaine ?
Le parc Maliuyan reste fermé à ce jour. L’enquête suit son cours. Mais pour la famille de Liu, aucune conclusion administrative ne changera quoi que ce soit. Leur fille de 16 ans est partie faire une tyrolienne un samedi de mai. Elle n’est jamais revenue.
- 07/05/2026 à 18:39C est abominable comment peux t'on laisser une jeune fille monter dans un manege qui fonctionne mal et que la jeune fille l a dit il devrait être être en prison
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