Cette pâtisserie s’installe à Cergy : plus de 1 500 personnes sont présentes pour l’ouverture

Ce samedi, le centre commercial des 3 Fontaines à Cergy (Val-d’Oise) a vécu une scène qu’on associe d’habitude aux sorties de sneakers ou aux concerts. Plus de 1 500 personnes massées derrière des barrières, des agents de sécurité, des flashs de téléphones. Au centre de l’agitation : Fatima Aouad, fondatrice de Tema’s Cake. Une pâtissière qui a transformé un burn-out en empire. Et dont l’histoire mérite qu’on s’y arrête.
Une foule digne d’une avant-première à Cergy
Imaginez la scène. Vous êtes dans un centre commercial de banlieue parisienne, un samedi matin. Et là, des centaines de personnes font la queue, smartphone en main, comme pour un événement people. Sauf qu’ici, on ne vient pas voir une star de la télé ou un rappeur. On vient pour des gâteaux.

Fatima Aouad, escortée par deux agents de sécurité, a fendu la foule en serrant les mains de ses fans le long des barrières. Sur Instagram, l’enseigne affirme que plus de 1 500 personnes se sont déplacées pour assister à l’ouverture de cette septième boutique Tema’s Cake. Sept boutiques. En quelques années seulement. Et Cergy n’est qu’une étape.
Pour l’occasion, la marque avait sorti l’artillerie lourde : 2 000 € à gagner via des « tickets d’or » (20 tickets de 100 €), un iPhone 17 Pro Max en jeu, et surtout 1 000 gâteaux vendus à 2 € l’unité, limités à un par personne. De quoi transformer une simple ouverture de boutique en mini-festival. Mais comment une pâtisserie en arrive là ?
La vidéo à trois millions de vues qui a tout changé
Le succès de Tema’s Cake ne vient pas d’une campagne de pub à gros budget. Il vient d’un téléphone posé dans un atelier. En 2021, Fatima Aouad traverse un burn-out. Elle filme malgré tout les coulisses de la préparation de ses trompe-l’œil façon Cédric Grolet. La vidéo explose : plus de trois millions de vues.

Le buzz virtuel se traduit très concrètement dans la réalité. « Il y avait jusqu’à trois heures de queue, des gens venaient d’aussi loin que l’Essonne », racontait la pâtissière en 2025. Aujourd’hui, Tema’s Cake cumule plus de 400 000 abonnés sur Instagram et autant sur TikTok. C’est sur ces plateformes que la marque a construit sa communauté, vidéo après vidéo.
La recette du succès sur les réseaux ? Des gâteaux trompe-l’œil qui ressemblent à s’y méprendre à des fruits — oranges, citrons, fraises — et dont la découpe en vidéo est devenue un genre à part entière sur TikTok. Le genre de contenu qu’on regarde en boucle sans s’en lasser. Sauf qu’ici, derrière les vidéos satisfaisantes, il y a un parcours bien moins lisse.
Arrivée d’Algérie à 15 ans, un premier échec douloureux
Fatima Aouad arrive d’Algérie, son pays d’origine, à l’âge de 15 ans. En 2018, elle ouvre sa première boutique au Pré-Saint-Gervais. Premier commerce, premiers clients, premiers espoirs. Mais le magasin ferme. Un échec qu’elle explique en partie par les discriminations liées au port de son voile.
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Là où beaucoup auraient abandonné, elle rebondit. Elle ouvre un nouveau Tema’s Cake à Aulnay-sous-Bois. Et cette fois, c’est le déclic. Le marché de la pâtisserie sur les réseaux sociaux est en pleine explosion, et Fatima Aouad a exactement ce qu’il faut : un savoir-faire visuel, une authenticité que les algorithmes adorent, et une résilience à toute épreuve.
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Le sujet du voile dans l’entrepreneuriat reste un angle mort du débat économique en France. Pour Fatima Aouad, la réponse a été de laisser parler ses gâteaux. Et visiblement, ça a marché bien au-delà de ce qu’elle pouvait imaginer.
Sept boutiques en France, une à Dubaï — et ce n’est que le début
Aujourd’hui, l’empire Tema’s Cake compte sept adresses. Aulnay-sous-Bois, Créteil, Paris, La Défense, Val d’Europe et désormais Cergy. Ajoutez à ça une boutique à Dubaï. À chaque ouverture, le même phénomène se répète : des files d’attente qui débordent, des scènes que même les commerces parisiens huppés n’arrivent pas toujours à provoquer.

La cheffe d’entreprise ne compte pas s’arrêter là. Elle projette de continuer son expansion à l’international. Quand on voit qu’une simple pâtisserie de banlieue parisienne attire autant de monde qu’un concert en plein air, on se dit que le modèle a quelque chose de fascinant. Et d’assez unique dans le paysage food français.
Car le phénomène Tema’s Cake raconte aussi autre chose. Il raconte comment les réseaux sociaux ont redistribué les cartes du commerce de proximité. Plus besoin d’un emplacement sur les Champs-Élysées ou d’un passage dans une émission de télé. Une vidéo virale sur TikTok peut valoir des millions en visibilité. D’autres entrepreneurs l’ont bien compris.
Des trompe-l’œil à 2 € contre des pâtisseries de luxe à 15 €
L’un des moteurs du succès de Tema’s Cake, c’est aussi le positionnement prix. Les trompe-l’œil de Cédric Grolet, c’est entre 12 et 18 € la pièce. Ses sandwichs frôlent les 30 €. Chez Tema’s Cake, on joue dans une autre catégorie tarifaire. Les 1 000 gâteaux à 2 € proposés pour l’ouverture de Cergy ne sont pas qu’un coup marketing. Ils résument la philosophie de la marque : rendre la pâtisserie Instagrammable accessible à tous.
C’est d’ailleurs ce qui distingue Fatima Aouad dans un marché où les pâtisseries stars des réseaux sont souvent synonymes de prix prohibitifs. Ici, pas besoin de vider son portefeuille pour repartir avec un gâteau qui fera 200 likes sur Instagram. Et ça, le public l’a bien compris.
Le phénomène des marques food communautaires qui explosent grâce aux réseaux sociaux ne fait que commencer. Tema’s Cake en est l’un des exemples les plus spectaculaires. Une femme, un burn-out, une vidéo virale, et sept boutiques plus tard : la preuve que le parcours entrepreneurial le plus improbable est parfois le plus efficace.