Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. High-Tech

Apple forcé de payer 250 millions de dollars à ses clients : quels sont les modèles d’iPhone concernés ?

Publié par Elsa Fanjul le 10 Mai 2026 à 11:06

Des millions de propriétaires d’iPhone aux États-Unis vont peut-être toucher un chèque d’Apple. La marque à la pomme a accepté un accord à 250 millions de dollars après un recours collectif massif. Le motif ? Avoir vanté des fonctionnalités d’intelligence artificielle pour Siri… qui n’existaient tout simplement pas. Et qui n’existent toujours pas aujourd’hui. Trois générations d’iPhone sont dans le viseur.

Personne frustrée tenant un iPhone avec Siri activé

Quand Siri promet la lune (mais reste sur Terre)

Entrée d'un tribunal fédéral américain avec des passants

Fin 2024, Apple lance en grande pompe une campagne autour d’un « Siri amélioré ». L’assistant vocal, souvent moqué pour ses réponses à côté de la plaque, devait enfin rattraper son retard grâce à l’intelligence artificielle. Les publicités mettaient en avant des capacités spectaculaires. Le genre de promesses qui font saliver les fans de la marque.

Sauf que dans la réalité, les utilisateurs ont vite déchanté. Ceux qui lisent cet article sur un iPhone connaissent bien les limites de Siri : des requêtes mal comprises, des résultats parfois absurdes, et un assistant qui peine encore à rivaliser avec ses concurrents. Le fossé entre la promesse marketing et l’expérience réelle était béant.

C’est ce décalage qui a mis le feu aux poudres outre-Atlantique. Là où certains se seraient contentés de râler sur les réseaux sociaux, d’autres ont choisi la voie judiciaire. Un recours collectif a été lancé contre Apple, accusée d’avoir « promu des capacités d’IA qui n’existaient pas au moment des faits, n’existent pas aujourd’hui, et n’existeront pas avant deux ans ou plus ». Pas un détail technique mineur. Une fonctionnalité majeure, vendue comme argument de vente principal.

Et c’est justement cette stratégie marketing qui a fait basculer l’affaire vers un terrain bien plus grave que prévu.

Le chiffre qui a tout fait basculer

Pour mesurer l’ampleur du problème, il faut regarder une enquête menée par Morgan Stanley, l’une des plus grandes banques d’investissement au monde. Selon cette étude, le « Siri amélioré » était la fonctionnalité la plus attendue des acheteurs potentiels d’iPhone. Pas l’appareil photo. Pas l’écran. Pas la batterie. L’assistant IA.

Billets de dollars empilés à côté d'un iPhone 15 Pro

Autrement dit, des millions de personnes ont sorti leur carte bancaire en grande partie pour accéder à cette technologie. Quand on sait qu’un iPhone coûtait en 2024 entre 800 et 1 200 dollars — soit entre 678 et 1 017 euros — la pilule est difficile à avaler. Payer plus de mille euros pour une promesse en l’air, ça laisse un goût amer.

L’organisme américain de régulation publicitaire, le Better Business Bureau’s National Advertising Division, a lui aussi constaté le problème. Apple n’a pas juste embelli la réalité. La marque a vendu quelque chose qui n’existait pas. Une nuance de taille, même pour une entreprise habituée à créer le désir autour de ses produits.

Cette situation rappelle d’ailleurs un épisode récent chez le géant de la tech : le départ de Tim Cook, accusé d’avoir raté le virage de l’intelligence artificielle. Un signe que les problèmes d’Apple avec l’IA ne se limitent pas à Siri.

Mais concrètement, combien va payer Apple ? Et surtout, quels iPhone sont éligibles ?

36 millions d’appareils dans le viseur

Le 5 mai dernier, Apple a transmis un accord pour validation à la justice américaine. L’entreprise accepte de débourser 213 millions de dollars en indemnisations directes aux plaignants. Le reste de la somme couvre les frais juridiques et administratifs, pour un total de 250 millions de dollars.

À lire aussi

Les modèles concernés sont les iPhone 16, iPhone 15 Pro et iPhone 15 Pro Max, achetés aux États-Unis entre le 10 juin 2024 et le 29 mars 2025. En tout, 36 millions d’appareils sont éligibles à ce recours collectif. Un chiffre vertigineux.

Chaque membre du recours collectif pourra recevoir entre 25 dollars (environ 21 euros) et 95 dollars (environ 81 euros). Une somme modeste rapportée au prix d’achat initial, mais c’est souvent le cas dans les class actions américaines. L’essentiel, pour les plaignants, c’est le message envoyé : même Apple ne peut pas vendre du vent impunément.

Pour les Français qui possèdent ces modèles, en revanche, pas de chèque à espérer. Le recours ne concerne que les appareils achetés sur le sol américain. Mais l’affaire pourrait créer un précédent, à l’heure où les droits des consommateurs face aux géants de la tech sont de plus en plus scrutés des deux côtés de l’Atlantique.

Ce qu’Apple risque vraiment

250 millions de dollars, ça semble énorme. Mais pour Apple, c’est une goutte d’eau. L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 383 milliards de dollars en 2024. L’amende représente environ 0,06 % de ses revenus annuels. L’équivalent de quelques heures de ventes d’iPhone à l’échelle mondiale.

Le vrai danger pour Apple est ailleurs. C’est la confiance. Si les consommateurs commencent à douter des promesses affichées lors de chaque keynote, le modèle économique de la marque vacille. Apple vend du rêve autant que de la technologie. Quand le rêve se révèle être du marketing creux, la magie s’évapore.

D’autant que cette affaire intervient dans un contexte délicat pour le secteur tech. L’intelligence artificielle fait déjà l’objet de poursuites sur d’autres fronts, et la pression réglementaire ne fait que s’intensifier. Netflix a été condamné en Italie récemment pour des pratiques jugées abusives envers ses abonnés. Le vent tourne pour les géants du numérique.

Apple a d’ailleurs un historique en matière de controverses techniques. Souvenez-vous de l’affaire du « batterygate » en 2017, quand la marque avait volontairement ralenti d’anciens modèles d’iPhone sans prévenir les utilisateurs. À l’époque aussi, un recours collectif avait abouti. À l’époque aussi, Apple avait fini par payer.

La justice tranchera en juin 2026

L’accord n’est pas encore définitif. La justice américaine doit valider les termes de ce règlement. La date butoir est fixée au 17 juin 2026. D’ici là, des objections peuvent être soulevées, et le montant pourrait évoluer.

Ce qui est certain, c’est que cette affaire va peser dans les discussions autour de la régulation de l’IA et de la publicité des entreprises tech. Quand une marque comme Apple, réputée pour son contrôle maniaque du message, se fait épingler pour des promesses non tenues, c’est tout le secteur qui est averti.

En attendant, Siri reste Siri. Un assistant vocal qui confond encore régulièrement vos demandes. Et qui ne semble pas près de devenir le super-assistant dopé à l’IA qu’Apple nous avait promis. La prochaine fois que vous lui poserez une question et qu’il répondra à côté, vous saurez au moins que ça vaut potentiellement 95 dollars.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *