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À 102 ans, il donne des cours d’informatique à des retraités plus jeunes que lui

Publié par Mathieu le 08 Avr 2026 à 6:59

Un centenaire australien qui forme des septuagénaires à WhatsApp et Windows 11, ça ressemble à une blague. Sauf que Dean Simes, 102 ans, le fait chaque semaine à Sydney. Et ses élèves les plus assidus ont… 94 ans. Bienvenue dans le monde des Computer Pals, l’association la plus improbable d’Australie.

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Dean Simes, doyen mondial des passionnés de tech

Dean Simes 102 ans devant un ordinateur

Dean Simes n’a rien du cliché du papy perdu devant un écran. À 102 ans, cet Australien dirige une association à but non lucratif baptisée « Computer Pals » — littéralement « Les copains de l’ordi ». Sa mission : apprendre aux personnes âgées de Sydney à maîtriser les outils numériques du quotidien. Smartphones, ordinateurs, applications de messagerie… rien ne lui échappe.

C’est ABC Radio Sydney qui a braqué les projecteurs sur celui qui est probablement le plus vieux geek de la planète. Et le portrait qui en ressort est à la fois touchant et bluffant. Là où la plupart des gens de son âge auraient depuis longtemps délégué la moindre manipulation numérique à leurs petits-enfants, Simes fait exactement l’inverse : c’est lui qui leur apprend.

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Son parcours rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour se lancer dans quoi que ce soit. À l’heure où certaines habitudes peuvent rajeunir le cerveau, Dean Simes en est la preuve vivante.

Un programme qui couvre Windows 11, WhatsApp… et même l’IA

Mains d'un centenaire tapant sur un clavier

Le programme des Computer Pals n’a rien d’un atelier bricolage pour débutants. Les sessions couvrent des sujets très concrets : comment utiliser Windows 11, comment repérer les arnaques en ligne, comment se protéger des logiciels malveillants, comment envoyer des messages sur WhatsApp ou encore comment créer un tableau dans Excel.

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Et parce que le monde ne s’arrête pas, Simes a récemment ajouté un module sur les moteurs de recherche basés sur l’intelligence artificielle. À 102 ans, il continue de mettre à jour ses cours pour rester en phase avec les évolutions technologiques. Quand on sait que stimuler son cerveau avec la technologie peut le rajeunir, on comprend mieux pourquoi Dean ne compte pas s’arrêter.

Dans un monde où la fracture numérique touche encore des millions de seniors, ces ateliers sont devenus quasi indispensables. Prendre un rendez-vous médical en ligne, communiquer avec ses proches à distance, vérifier ses comptes bancaires… Autant de gestes du quotidien qui deviennent un cauchemar quand personne ne vous explique comment faire.

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Son premier ordinateur ? Après 80 ans

Le plus surprenant dans l’histoire de Dean Simes, c’est qu’il n’a pas du tout grandi avec la technologie. Bien au contraire. Il a fondé les Computer Pals en l’an 2000, alors que Windows XP débarquait sur le marché. Il avait déjà plus de 75 ans. Plus fort encore : il n’a possédé son premier ordinateur personnel qu’après avoir soufflé ses 80 bougies.

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Autrement dit, là où la plupart des gens considèrent qu’apprendre un nouveau domaine après 60 ans relève de l’exploit, lui a attendu la retraite pour se lancer. Et il ne s’est pas contenté de bidouiller dans son coin. Il a suivi un cursus de trois ans pour comprendre les systèmes informatiques, le matériel et les interfaces utilisateurs.

Sa philosophie tient en une phrase : « L’âge n’a jamais été un critère. » C’est la curiosité qui prime, pas la date de naissance. Un état d’esprit qui détone dans une société où l’on considère souvent que passé un certain âge, la technologie devient inaccessible. Pour Dean, le cerveau est capable de prouesses insoupçonnées, quel que soit le nombre d’années au compteur.

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Vera et Michael, 94 ans : ses élèves les plus fidèles

Couple de nonagénaires apprenant à utiliser un smartphone

Parmi les habitués des Computer Pals, un couple se distingue : Vera et Michael Last. Tous deux ont 94 ans et viennent assidûment aux cours pour s’exercer à installer des applications sur Android. Oui, vous avez bien lu : un centenaire apprend à des nonagénaires à utiliser le Play Store.

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Bill Soper, trésorier de l’association, ne tarit pas d’éloges sur le niveau technique de Simes. « Nous nous inclinons devant les connaissances de Dean en informatique », confie-t-il. Le mot « légendaire » revient souvent quand on parle de son expertise auprès des membres du groupe.

Quant au secret de la réussite selon Dean ? Il tient en un seul mot, répété trois fois : pratiquer, pratiquer, pratiquer. Pas de raccourci, pas de formule magique. Juste la régularité et la patience. Un conseil qui vaut aussi bien pour un retraité de 94 ans que pour n’importe qui cherchant à surmonter la procrastination au quotidien.

Citoyen de l’année et routine de champion

Remise du prix citoyen de l'année à Sydney
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L’engagement de Dean Simes n’est pas passé inaperçu. Le conseil municipal de Ku-ring-gai, une zone administrative de Sydney, lui a récemment décerné le titre de citoyen de l’année pour son travail en faveur de l’éducation numérique. Une reconnaissance officielle qui montre que son impact dépasse largement le cadre de ses ateliers.

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Pour tenir le rythme à 102 ans, l’homme suit une routine de fer. Séances de sport régulières, rencontres avec ses six enfants, parties de bridge et virées en voiture autour de Sydney. Un programme qui ferait pâlir bien des quinquagénaires. L’esprit reste vif parce que le corps suit — et vice versa.

Dean sait qu’il devra un jour passer le relais. Mais « pas encore », comme il aime le rappeler. Il y a toujours un nouvel élève à former, une question supplémentaire à laquelle répondre. Rester actif et connecté aux autres lui permet, selon ses propres mots, de ne pas devenir une « larve de canapé ».

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La fracture numérique, un enjeu plus brûlant que jamais

L’histoire de Dean Simes est touchante, mais elle met aussi le doigt sur un problème massif. En France comme en Australie, des millions de seniors se retrouvent exclus du monde numérique. Entre les démarches administratives dématérialisées, les applications bancaires et les consultations médicales en ligne, ne pas maîtriser un smartphone en 2026 revient à être coupé d’une partie de la société.

Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, le problème ne concerne pas uniquement les plus de 80 ans. Beaucoup de personnes entre 60 et 75 ans galèrent aussi, parfois en silence. La honte de « ne pas savoir » empêche certains de demander de l’aide. C’est précisément ce que les Computer Pals combattent : un espace bienveillant, sans jugement, où chaque question est légitime. Un peu comme quand un couple de retraités se fait piéger par un abonnement numérique — la méconnaissance a un coût réel.

Dean Simes prouve qu’avec de la curiosité et de l’accompagnement, n’importe qui peut apprivoiser la technologie. La prochaine fois que quelqu’un vous dit qu’il est trop vieux pour apprendre, parlez-lui de cet Australien de 102 ans qui enseigne l’IA à des retraités. Ça devrait couper court au débat.

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