Filmés à leur insu dans un hôtel, leurs ébats diffusés en direct sur Internet
Marqué durablement par la diffusion de leurs ébats en ligne, le couple est allé jusqu’à réorganiser son quotidien pour ne pas se faire reconnaître.
Internet et les réseaux sociaux regorgent d’images. Une donnée dont beaucoup d’utilisateurs sont conscients, mais dont ils peinent à estimer la portée. C’est pourquoi les histoires comme celle de Chun et Mei (noms d’emprunt) continuent de surprendre. Tout commence en 2023, lors d’un séjour dans un hôtel de Shenzhen, en Chine.
La terrible histoire de Chun et Mei
Confiant, le couple vaque à ses occupations et se laisse aller dans cette bulle d’intimité provisoire qu’est leur chambre d’hôtel. Ils ignorent alors que les moindres de leurs faits et gestes sont enregistrés par une caméra dissimulée dans un conduit d’aération.
Ce n’est que quelques semaines plus tard que Chun découvre le pot aux roses. À son grand étonnement, l’homme se reconnaît ainsi que sa femme sur l’une des vidéos disponibles sur un site spécialisé dans le contenu voyeuriste. Depuis lors, la vidéo de leurs ébats circule en ligne sans qu’il puisse y faire quoi que ce soit. Une véritable torture pour le couple qui ressent une profonde trahison doublée d’une forte honte en voyant leur intimité ainsi jetée en pâture aux internautes.
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Leur histoire n’est malheureusement pas un cas isolé puisque des milliers de couples, dont la plupart l’ignorent certainement, se retrouvent ainsi filmés à leur insu. Un business lucratif qui continue de perdurer malgré les sanctions auxquelles s’exposent les instigateurs.
Un business lucratif et peu condamné
D’après la BBC, les caméras miniatures sont installées dans des endroits stratégiques comme les conduits d’aération et les luminaires. Elles se déclenchent automatiquement lorsque les clients allument la lumière, ce qui garantit aux trafiquants des images nettes et exploitables.
En plus d’être enregistrées, les vidéos sont diffusées en direct sur des plateformes et des sites spécialisés ou via des applications de messagerie telles que Telegram. Et les clients sont au rendez-vous. Entre abonnements et visionnage de rediffusions, de directs ou de séquences archivées, ils encouragent les contrevenants à poursuivre sur cette lancée, aussi immorale soit-elle.
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Aka, l’un des trafiquants impliqués dans le réseau dont ont été victimes Chun et Mei a empoché pas moins de 20 000 euros en neuf mois. Or, le revenu annuel moyen en Chine est inférieur à 5 300 euros. C’est donc poussés par l’appât du gain que les instigateurs agissent et continueront d’agir (presque) en toute impunité.
D’autant plus que les plateformes comme Telegram se montrent de plus en plus réticentes à supprimer de leurs bases de données le contenu voyeuriste. En attendant, le quotidien des victimes de ces réseaux s’en retrouve fortement impacté. Honteux, Chun et Mei vivent dans la peur constante. La femme a même avoué qu’elle craint que ses collègues et ses amis tombent sur la vidéo et la reconnaissent. C’est donc couvre-chefs vissés sur la tête qu’ils vaquent désormais à leurs occupations pour ne pas être reconnus.