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Pourquoi un poisson peut-il vraiment se noyer ? La réponse va te retourner le cerveau

Publié par le 13 Avr 2026 à 11:02

Soyons honnêtes : tu as déjà pensé à cette question en regardant ton poisson rouge tourner en rond. Peut-être même que tu l’as googléé à 2h du matin en te sentant un peu stupide. Bonne nouvelle : c’est une des meilleures questions bêtes du monde — et la réponse va te faire regretter de ne pas l’avoir cherchée plus tôt.

Oui, un poisson peut bel et bien se noyer (et voici pourquoi)

Accroche-toi, parce que ça va modifier ta vision des poissons pour toujours. Un poisson ne respire pas l’eau. Il respire l’oxygène dissous dans l’eau — ce sont deux choses complètement différentes. L’eau (H₂O) est pour lui ce que l’air est pour nous : un vecteur. Ce qu’il cherche dedans, c’est le O₂, les molécules d’oxygène qui s’y trouvent en suspension.

Poisson rouge dans un aquarium avec bulles d'oxygène

Ses branchies fonctionnent comme nos poumons : elles filtrent l’eau, capturent l’oxygène dissous, et rejettent le dioxyde de carbone. Si l’eau contient suffisamment d’O₂, le poisson respire normalement. Si l’eau en est appauvrie — eau stagnante, trop chaude, surpeuplée d’autres organismes — le poisson commence à manquer d’air. Exactement comme toi dans une pièce sans ventilation avec 50 personnes.

Résultat : dans de l’eau parfaitement pure mais désoxygénée, un poisson suffoque. Il se noie. Techniquement, il ne noie pas dans l’eau, il noie faute d’oxygène dans l’eau. Mais c’est quand même se noyer. La distinction est subtile, pas la souffrance.

Le truc encore plus dingue : certains poissons meurent dans trop d’eau

Voilà où ça devient vraiment tordu. Certaines espèces, comme le poisson-poumon (le Protopterus africain), ont évolué pour respirer de l’air atmosphérique en plus de l’eau. Ces poissons possèdent de véritables poumons rudimentaires en plus de leurs branchies. Si tu les forces à rester en permanence sous l’eau sans accès à la surface, ils meurent noyés.

Femme étonnée observant un poisson dans un bocal

Le labyrinthe des poissons-combattants et des gouramis fonctionne sur le même principe : ces espèces remontent régulièrement à la surface pour avaler de l’air. Un aquarium trop rempli, avec un couvercle hermétique ? Ils suffoquent. De l’eau partout, mais incapables de respirer.

Et si tu penses que c’est anecdotique, détrompe-toi : des millions d’aquariophiles tuent accidentellement leurs poissons chaque année faute d’oxygénation correcte. L’eau propre ne suffit pas — elle doit être oxygénée. C’est pour ça que les pompes à air et les cascades existent dans les aquariums : pas pour décorer, pour que le poisson ne se noie pas chez lui.

Les idées reçues qu’on peut enfin balancer à la poubelle

Première idée reçue classique : « l’eau ne peut pas manquer d’oxygène, c’est de l’eau ». Si. La teneur en O₂ dissous dans l’eau varie énormément selon la température, la profondeur, le mouvement et la densité d’organismes vivants. Une eau à 30°C contient presque deux fois moins d’oxygène dissous qu’une eau à 10°C — c’est pour ça que les étangs peu profonds connaissent des épisodes de mortalité massive de poissons en été. Comme on te l’expliquait dans notre article sur la physique derrière des phénomènes que l’on croit évidents, la réalité dépasse souvent l’intuition.

Poissons remontant à la surface d'un lac en été

Deuxième idée reçue : « les poissons dans l’océan ne peuvent pas se noyer ». Faux. Des zones entières de l’océan sont appelées « zones mortes » (dead zones en anglais) — des espaces où le taux d’oxygène est tellement bas qu’aucun poisson ne peut y survivre. Il en existe plusieurs centaines dans le monde, notamment dans le Golfe du Mexique. Les poissons qui y pénètrent accidentellement suffoquent en quelques minutes.

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Troisième idée reçue, celle-là vraiment tenace : « un poisson hors de l’eau meurt parce qu’il se noie ». Non. Il meurt d’asphyxie, faute de pouvoir extraire l’O₂ de l’air — ses branchies ne fonctionnent qu’en milieu aqueux. C’est l’inverse d’une noyade, même si le résultat est identique. Comme on l’a vu avec d’autres phénomènes contre-intuitifs, nos cerveaux adorent confondre la cause et l’effet.

Et les poissons des grandes profondeurs, alors ?

On pensait longtemps que les abysses étaient des déserts oxygénés. En réalité, certaines zones de grande profondeur sont relativement bien oxygénées grâce aux courants qui transportent de l’eau froide et dense depuis les pôles — un mécanisme appelé circulation thermohaline. D’autres zones, au contraire, sont complètement anoxiques (sans oxygène) : aucun poisson n’y vit. Seules quelques bactéries anaérobies apprécient ce vide.

Les créatures des profondeurs que les scientifiques continuent de découvrir ont développé des stratégies fascinantes pour maximiser leur extraction d’O₂ dans des milieux souvent pauvres en oxygène : des hémoglobines plus efficaces, des métabolismes ralentis, des branchies disproportionnées par rapport à leur taille.

Poissons des grandes profondeurs près de sources hydrothermales

Et le corps humain n’est pas en reste dans cette logique : lui aussi adapte en permanence ses mécanismes d’oxygénation selon l’environnement. Les montagnards qui vivent en altitude développent une concentration de globules rouges bien supérieure à la moyenne — le même principe d’adaptation au manque d’O₂, juste décliné autrement.

La science du vivant est décidément pleine de surprises biologiques qui remettent en question ce que l’on croyait acquis.

La réponse en une phrase — et une nouvelle question con pour la route

Oui, un poisson peut se noyer : il suffit que l’eau dans laquelle il nage soit appauvrie en oxygène dissous pour qu’il suffoque, exactement comme toi dans une pièce sans air. Et certains poissons meurent littéralement de trop d’eau si elle leur coupe l’accès à la surface.

Maintenant que tu sais ça, voici la prochaine question con qui mérite une vraie réponse : pourquoi les pieuvres ont-elles trois cœurs — et que se passe-t-il si on leur en enlève un ? Spoiler : la réponse est encore plus dingue que celle du poisson qui se noie.

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