Deux randonneurs tombent sur une canette dans un mur de pierres : elle contenait 598 pièces d’or
Imaginez : vous marchez tranquillement dans un bois en République tchèque, et vous repérez une vieille canette en aluminium qui dépasse d’un mur de pierres. Rien de bien excitant, a priori. Sauf que cette canette-là contenait exactement 598 pièces d’or, soigneusement empilées. Et ce n’était que le début. À quelques mètres, un second trésor attendait. Retour sur une découverte digne d’un film d’aventures.
Une canette banale, un contenu extraordinaire

L’histoire se passe dans les monts Krkonoše, une chaîne montagneuse à la frontière entre la République tchèque et la Pologne. Deux randonneurs, dont l’identité n’a pas été révélée, arpentent un sentier boisé quand un détail attire leur attention. Une canette en aluminium, coincée dans un vieux mur de pierres. Le genre d’objet que tout le monde ignorerait.
Sauf qu’en la retirant, ils sentent immédiatement que quelque chose cloche. Le poids, d’abord. Puis le contenu : 598 pièces d’or, organisées en onze liasses distinctes, chacune enveloppée dans un tissu sombre. Pas un dépôt au hasard. Quelqu’un avait pris le temps de ranger tout ça avec soin, comme on prépare un bagage qu’on espère récupérer un jour. Ce type de trésor dissimulé refait surface de temps en temps en Europe, mais rarement avec une telle ampleur.
Un deuxième butin à quelques mètres
Comme si la canette ne suffisait pas, les deux randonneurs ont continué à fouiller les environs. Et bien leur en a pris. À quelques mètres de là, une boîte en fer était enfouie, remplie d’objets en or massif. Le contenu de cette seconde cachette ressemble à l’inventaire d’un coffre-fort vidé dans l’urgence.
Seize étuis à cigarettes en or, dix bracelets, une bourse en maille d’argent, un peigne, une chaîne avec une clé. Le tout pesait environ sept kilos. Sept kilos d’or et d’argent, enterrés dans un bois tchèque, à portée de main de n’importe quel promeneur. L’ensemble du butin — pièces et objets — est estimé à plus de 330 000 dollars, selon Daily Galaxy, qui a relayé l’affaire. On a vu des gens tomber sur des trésors dans des vide-greniers ou en rénovant leur maison, mais là, c’est un tout autre niveau.
Les randonneurs ont fait le choix de tout remettre au Musée de Bohême orientale à Hradec Králové pour expertise. Un geste qui leur vaudra une récompense officielle. Mais avant de parler argent, les experts avaient du travail.
Des pièces de onze pays, datées de 1808 à 1915

L’analyse des pièces a révélé un détail fascinant : elles ne venaient pas d’un seul pays. Les 598 pièces d’or, frappées entre 1808 et 1915, provenaient de la France, de l’Autriche-Hongrie, de la Russie, de l’Italie, de la Roumanie, de la Belgique et de la Turquie. Un véritable tour d’Europe numismatique.
Vojtěch Brádle, numismate du musée, a précisé un point important : « La valeur nominale des pièces — 5, 10 ou 100 couronnes — n’a pas d’importance. Elles ont été délibérément cachées car il s’agissait de métaux précieux. » Autrement dit, la personne qui a constitué ce trésor ne pensait pas en monnaie. Elle pensait en or pur. Un réflexe de survie, pas un placement financier. Si le sujet des vieilles pièces de valeur vous intéresse, sachez que certaines traînent probablement dans vos tiroirs aussi.
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La diversité géographique des pièces pose une question : qui, dans cette région montagneuse de Bohême, possédait de l’or frappé dans sept pays différents ? La réponse nous plonge dans les heures les plus sombres du XXe siècle.
Guerre, déportations : pourquoi ce trésor a été enterré ici
Miroslav Novak, spécialiste du Musée de Bohême orientale, a livré son analyse. Selon lui, « il était de coutume de cacher des objets de valeur sous terre en période d’instabilité, dans l’espoir de les récupérer plus tard ». Et de l’instabilité, cette région en a connu.
Il évoque plusieurs hypothèses convergentes : « Les raisons possibles de cet enfouissement sont assez claires avec, au début de la guerre de 1939-1945, la déportation des populations tchèque et juive, puis celle des Allemands après la guerre. Les possibilités sont donc nombreuses. Une réforme monétaire pourrait également être en cause. » Les monts Krkonoše, autrefois appelés Riesengebirge en allemand, se trouvaient dans les Sudètes, cette région où vivaient des millions de germanophones avant leur expulsion en 1945-1946.
Le propriétaire du trésor n’a jamais pu revenir le chercher. Déporté, expulsé, peut-être tué. Le fait que la cachette soit restée intacte pendant des décennies — probablement depuis les années 1940 — montre que personne n’en connaissait l’existence. Parfois, ces trésors cachés finissent par ressurgir, comme un écho du passé que personne n’attendait plus.
10 % de récompense et une exposition au musée
En République tchèque, la loi prévoit que les découvreurs d’un trésor archéologique ou historique reçoivent une récompense équivalente à 10 % de la valeur totale. Sur un butin estimé à plus de 330 000 dollars, les deux randonneurs devraient donc toucher environ 33 000 dollars. Pas mal pour une balade en forêt.
La collection complète — les 598 pièces d’or, les étuis à cigarettes, les bracelets, la bourse en maille d’argent — sera exposée au Musée de Bohême orientale. Les experts poursuivent leurs analyses pour tenter d’identifier le propriétaire d’origine. Même si, selon les historiens, trouver des objets oubliés d’une valeur insoupçonnée reste une possibilité pour chacun d’entre nous.
Le plus vertigineux dans cette histoire, c’est de penser que pendant des décennies, des centaines de randonneurs sont passés à côté de ce mur de pierres sans rien remarquer. Il a fallu deux regards plus curieux que les autres — et une canette qui dépassait de quelques centimètres — pour faire resurgir un pan entier d’histoire européenne. Comme quoi, la prochaine fois que vous verrez un objet dépasser d’un vieux mur, prenez le temps de regarder. Certaines personnes ont trouvé des pièces d’or en jardinant. Le trésor est peut-être plus proche que vous ne le pensez.