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Le vrai sens du mot « OK » : ça fait 180 ans qu’on l’utilise sans savoir ce que ça veut dire

Publié par le 06 Avr 2026 à 10:02

Tu le dis des dizaines de fois par jour. Tes parents aussi. Tes enfants aussi. Il s’affiche sur tes écrans, dans tes SMS, dans ta tête avant même que tu ouvres la bouche. Le mot OK est probablement le mot le plus prononcé de l’humanité entière. Et pourtant, sa véritable origine est une blague de potache vieille de presque deux siècles — et pratiquement personne ne la connaît.

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Femme surprise en lisant OK sur son téléphone

Le mot le plus universel du monde

OK dépasse toutes les frontières linguistiques. Il s’utilise en français, en japonais, en swahili, en arabe, en russe. C’est littéralement le mot le plus reconnu à l’échelle mondiale, devant « taxi », devant « Coca-Cola », devant même « mama ».

Des linguistes estiment qu’il est prononcé plusieurs millions de fois par seconde sur Terre en ce moment précis. Et si tu demandes à n’importe qui ce qu’il signifie, la réponse sera toujours la même : « ben… ça veut dire oui, que c’est bon, que c’est d’accord ».

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Sauf que personne ne sait vraiment d’où ça vient. Et c’est là que ça devient vraiment dingue.

Tout a commencé par une blague dans un journal de Boston

On est en 1839. À Boston, il est à la mode chez les jeunes journalistes de s’amuser avec les abréviations et les fautes d’orthographe intentionnelles — une sorte de langage SMS avant l’heure.

Journaliste du XIXe siècle écrivant une blague dans un journal
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L’une de ces blagues consiste à prendre l’expression « all correct » (tout va bien), à l’écrire volontairement de façon incorrecte en « oll korrect », puis à n’en garder que les initiales : O.K. Le 23 mars 1839, le Boston Morning Post publie le mot pour la première fois dans ce sens — comme une vanne, une parenthèse comique dans un article.

Personne ne s’y attarde. C’est juste une blague de rédaction. Le genre de truc que personne ne remarque.

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L’élection qui a tout changé

Un an plus tard, en 1840, un candidat à la présidence des États-Unis s’appelle Martin Van Buren. Il est originaire d’Old Kinderhook, dans l’État de New York. Ses partisans fondent un club de campagne baptisé le OK Club — pour Old Kinderhook, évidemment.

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Les affiches, les discours, les journaux se mettent à crier « OK ! OK ! » partout dans le pays. Et là, la blague du Boston Morning Post remonte à la surface : les gens font le lien entre les deux OK, rient de la coïncidence, et commencent à utiliser le mot dans les deux sens à la fois.

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Van Buren perd l’élection. Mais le mot, lui, gagne pour l’éternité.

Rassemblement politique américain en 1840

Le twist bonus : les autres théories qui circulent (toutes fausses)

Depuis 180 ans, des dizaines de théories prétendent expliquer l’origine du mot OK — et elles ont toutes été réfutées par les linguistes.

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Certains disent que ça vient du wolof « waw kay » (une langue d’Afrique de l’Ouest). D’autres penchent pour le grec « ola kala » (tout va bien). Il y a aussi la théorie du général américain Andrew Jackson qui signait « Oll Korrect » ses documents militaires. Ou encore celle qui attribue le mot aux ouvriers cherokees qui travaillaient sur les chemins de fer. Toutes ces histoires circulent encore sur Internet comme des vérités absolues.

Le problème ? Aucune n’est vérifiée. La seule origine documentée avec une source primaire datée et localisée, c’est bien cette blague publiée dans un journal de Boston un matin de mars 1839. Des linguistes comme Allan Metcalf, qui a consacré un livre entier à l’histoire du mot OK, sont catégoriques là-dessus.

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C’est d’autant plus savoureux que certaines des théories alternatives sont elles-mêmes des fausses nouvelles propagées au fil des siècles — un peu comme ce que raconte cet article sur les fake news qui circulent sur la toile et finissent par passer pour vraies.

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Groupe d'amis hilares autour d'une table de café

Pourquoi ce mot a survécu quand tous les autres ont disparu

D’autres abréviations de l’époque ont connu le même succès fulgurant… avant de disparaître complètement. « OW » pour « oll wright », « NS » pour « nuff said », « SP » pour « small potatoes » — tout ça était branché à Boston en 1839.

Seul OK a survécu. Et la raison est presque trop simple : deux lettres, une syllabe, un son universel que presque toutes les bouches humaines peuvent prononcer sans effort. C’est l’accélérateur parfait pour n’importe quelle langue.

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Un peu comme le logo Nike dessiné en 35 minutes qui est devenu l’un des symboles les plus reconnus au monde : parfois, les choses les plus simples et les plus accidentelles finissent par dominer la planète entière.

La prochaine fois que tu envoies un « OK » à un pote, tu sais maintenant que tu perpétues une blague de journaliste bostonnien vieille de presque deux siècles. Raconte-lui ça, il va halluciner.

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