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Jardin : il ne vous reste que quelques semaines pour multiplier ces arbustes gratuitement

Publié par Killian Ravon le 24 Fév 2026 à 7:30

En février, le jardin a l’air au ralenti. Pourtant, c’est précisément ce calme qui ouvre une fenêtre rare pour faire grossir vos massifs. Densifier une haie ou préparer un coin “petits fruits” sans dépenser un euro. Tant que les bourgeons ne sont pas repartis. Le bouturage de bois sec (ou bois dormant) reste l’une des méthodes les plus simples pour obtenir de nouveaux arbustes identiques au pied mère. Avec juste un sécateur propre et un peu de patience. C’est le moment idéal pour multiplier vos vivaces et arbustes préférés.

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Bouturage de bois sec en février : rameaux de saule, cornouiller, forsythia, spirée, cassissier et groseillier, avec eau de saule et pots de boutures.
En fin d’hiver, quelques rameaux bien préparés suffisent pour multiplier gratuitement plusieurs arbustes (saule, cornouiller, forsythia, spirée, cassissier et groseillier).

Ce qui change tout, c’est le technique. Les fiches jardinage rappellent que cette technique se pratique en période de dormance, en fin d’automne et en hiver. Avant le réveil franc de la végétation. Selon les régions, février ressemble souvent à une dernière ligne droite : on peut encore prélever, préparer, installer… Avant que la sève ne remonte vraiment.

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Alors, quels arbustes à bouturer en février pour remplir le jardin “gratuitement” ? Cinq valeurs sûres reviennent chez les jardiniers : le saule, le cornouiller, le forsythia, la spirée, et le duo groseillier/cassissier. Chacun a son petit caractère, mais tous se prêtent très bien aux boutures ligneuses d’hiver.

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Chemin de randonnée

Pourquoi février est le bon créneau pour les arbustes à bouturer en février

À cette période, la plante est encore en repos. Les tissus sont lignifiés, la circulation de sève est basse, et une coupe nette cicatrise généralement sans “saignement” important. C’est aussi un moment où l’on doit parfois tailler certains arbustes au jardin. Ce qui permet de transformer une taille utile… en réserve de futures boutures.

L’autre avantage tient au rythme. Une bouture de bois sec ne cherche pas à faire des feuilles tout de suite : elle prend d’abord le temps de produire un cal, puis des racines, puis seulement elle redémarre au printemps. Autrement dit, vous “préparez” maintenant ce que vous planterez vraiment plus tard, souvent à l’automne suivant, quand la reprise est solide.

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Enfin, février oblige à la sobriété, et c’est une bonne chose. Pas besoin d’un attirail compliqué : un sécateur désinfecté, un substrat drainant, des pots (ou une tranchée protégée), et un peu de suivi sur l’humidité. Le reste se joue sur des détails simples, comme le sens de la bouture et la profondeur de plantation.

Le cornouiller se multiplie bien par boutures ligneuses en fin d’hiver. Crédit : Opioła Jerzy.

La méthode “bois sec” en pratique : le geste qui évite 80% des ratés

On part sur des tiges de l’année, bien droites, à peu près de la grosseur d’un crayon. Les guides conseillent souvent des segments autour de 20 cm (parfois plus selon l’espèce), sans fleurs ni fruits, puisque l’objectif est l’enracinement. Une fois la tige prélevée, la coupe du bas se fait propre et franche, et l’on marque le haut différemment (souvent en biseau) pour ne jamais inverser le sens.

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La mise en place compte autant que la coupe. En pot, un mélange très drainant (terreau + sable, ou terreau + perlite) évite l’excès d’eau qui fait pourrir la base. En pleine terre, une tranchée “pépinière” dans un coin abrité fonctionne très bien, à condition d’éviter les zones détrempées.

Deux repères aident à se souvenir de la profondeur : on enterre généralement les deux tiers de la bouture, et l’on garde quelques bourgeons au-dessus du sol. L’idée est de laisser assez de bois enterré pour former des racines, tout en conservant une petite partie aérienne capable de repartir au printemps. Après ça, l’essentiel est d’arroser pour humidifier, puis de maintenir juste frais, sans transformer le pot en éponge.

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5 arbustes à bouturer en février : ceux qui donnent des résultats (même sans “main verte”)

Le premier sur la liste, c’est le saule. Sa réputation n’est pas volée : il s’enracine très facilement, et il peut même démarrer dans l’eau avant de passer en terre. Si vous rêvez d’une haie champêtre, d’un écran rapide ou d’un coin “osier décoratif”, quelques rameaux bien choisis peuvent devenir une petite armée de jeunes plants.

Vient ensuite le cornouiller (cornus). On l’aime pour ses bois colorés en hiver, et c’est justement ce type d’arbuste qui se prête bien au bouturage ligneux. Des documents de jardinage citent explicitement le cornouiller parmi les arbustes d’ornement faciles à multiplier sur bois sec en hiver.

Le forsythia fait partie des “classiques” de jardin, souvent planté pour son explosion jaune au printemps. Même si on évite de le rabattre trop fort avant la floraison, prélever quelques tiges d’un an reste possible si l’on ne massacre pas la silhouette. Là encore, le bouturage ligneux d’hiver est une option régulièrement proposée pour cet arbuste.

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Côté spirées, on a de bonnes surprises. Certaines sont connues pour leur vigueur, et plusieurs fiches de bouturage hivernal les citent parmi les arbustes d’ornement adaptés à la technique. L’intérêt est évident : vous pouvez répéter un même arbuste à différents endroits du jardin pour créer une continuité visuelle, sans racheter des plants au printemps.

Enfin, le duo groseilliers et cassissiers mérite sa place à part. Ce sont des arbustes productifs, et le bouturage permet de “caler” une future haie fruitière à moindre coût, tout en conservant les qualités d’un pied qui donne déjà bien. La patience est souvent un peu plus longue que pour un saule, mais la logique reste la même : on prépare aujourd’hui, on récoltera demain.

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Le petit coup de pouce naturel : l’eau de saule, utile mais pas magique

On en parle beaucoup parce que c’est simple à faire et… parce que ça colle à l’idée de “zéro euro”. L’eau de saule est souvent présentée comme une hormone de bouturage naturelle : des rameaux macérés libèrent des composés associés à la stimulation de l’enracinement, et certaines sources grand public évoquent le rôle des auxines et de l’acide salicylique dans la rhizogenèse.

Dans la pratique, ça ne remplace pas une bouture bien préparée. Si le substrat est trop humide, si la bouture est à l’envers, ou si le bois est trop vieux, l’eau de saule ne fera pas de miracle. En revanche, tremper la base quelques heures (ou arroser une première fois avec cette eau) peut donner un petit avantage, surtout quand on bouture plusieurs espèces en même temps.

Le plus important est de rester cohérent avec la saison. En février, on protège surtout du gel vif et des excès d’eau, plus que du manque d’arrosage. Un pot adossé à un mur, un coin lumineux sans soleil brûlant, et un contrôle ponctuel de l’humidité suffisent souvent à passer le cap.

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Le forsythia se bouture en hiver, à condition de ne pas trop sacrifier la floraison. Crédit : Yann Forget.

Les erreurs qui coûtent cher… en temps, pas en argent

La première erreur, c’est de prélever au mauvais moment météo. Une journée hors gel, plutôt sèche, limite les tissus abîmés et les infections, tandis qu’une coupe faite sous pluie battante favorise les problèmes de pourriture. De la même façon, un sécateur propre évite d’introduire des maladies sur des plaies fraîches.

Autre piège classique : l’excès de zèle sur la haie ou les arbustes à floraison printanière. Si vous rabattez trop fort un forsythia en fin d’hiver, vous sacrifiez une bonne partie de la floraison. De même, sur la pelouse, une intervention mal dosée peut être néfaste, tout comme l’ajout de sable sans discernement. Prélever quelques rameaux d’un an, oui ; transformer l’arbuste en moignon, non.

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Le dernier point, c’est l’oubli… au printemps et en été. Une bouture “ne bouge pas” pendant des semaines, puis elle démarre, et c’est là qu’un épisode de sécheresse ou un pot trop petit peut tout ruiner. Les guides rappellent que l’enracinement peut prendre plusieurs mois : il faut donc accepter le temps long, surveiller de loin, et repiquer seulement quand la reprise est évidente.

Les spirées figurent parmi les arbustes d’ornement adaptés aux boutures de bois sec. Crédit : Alan Pascoe.

Les bienfaits de la méthode

Février n’a pas l’air spectaculaire au jardin, et c’est précisément pour ça qu’il est précieux. En misant sur le bouturage de bois sec, vous transformez la dormance en opportunité : quelques rameaux deviennent des dizaines de futurs arbustes. Le saule, le cornouiller, le forsythia, la spirée, et les groseilliers/cassissiers sont des candidats parfaits pour tenter l’expérience, sans stress et sans budget.

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Groseilliers et cassissiers : de bonnes boutures aujourd’hui pour une future haie gourmande. Crédit : Jerzy Opioła.

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