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Ne jamais faire son lit : la psychologie y voit une qualité rare… et plus utile qu’on ne l’imagine

Publié par Killian Ravon le 14 Jan 2026 à 10:22

Ne pas faire son lit, longtemps rangé dans la case « laisser-aller », pourrait au contraire révéler un trait psychologique particulièrement recherché : la flexibilité mentale.

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Lit défait au petit matin dans une chambre lumineuse, draps froissés et couette en bataille.
Un lit défait peut traduire un lâcher-prise assumé et une autre manière de prioriser son énergie dès le réveil.

Derrière la couette froissée, certaines études décrivent un rapport différent aux règles, à la créativité et même à l’hygiène de la chambre. À condition, bien sûr, de ne pas transformer le « lit défait » en alibi universel.

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Lit défait avec draps froissés dans une chambre.
Un lit défait n’est pas toujours un signe de négligence : il peut aussi refléter une autre manière de prioriser son énergie mentale.
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Le lit au carré : une vieille histoire d’apparence plus que de santé

Faire son lit dès le réveil ressemble à une évidence éducative. Pourtant, cette injonction a surtout une histoire sociale : pendant longtemps, l’ordre visible dans la maison a servi de vitrine morale, un signe d’autodiscipline plus qu’une réponse à une exigence sanitaire. Le lit « nickel » rassure, donne l’impression que la journée commence sur des rails, et il joue encore aujourd’hui un rôle symbolique dans beaucoup de foyers.

Sauf qu’à l’ère des matins pressés, du télétravail et d’une quête de bien-être plus « vécu » que démonstratif, ce rituel perd du terrain. Et c’est là que la psychologie s’invite : et si le lit défait n’était pas un défaut, mais un indice de fonctionnement mental différent ?

Personne en train de faire le lit et de tirer la couette.
Pour certains, faire son lit sert de rituel de contrôle et d’apaisement au réveil, un repère simple avant la journée.
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Ce que la recherche dit vraiment : l’ordre rassure, le désordre libère

La chercheuse Kathleen D. Vohs et ses collègues ont publié en 2013 une série d’expériences devenues très citées sur l’effet d’un environnement ordonné ou désordonné sur nos comportements. Leur conclusion est nuancée mais claire : l’ordre tend à favoriser des choix plus conventionnels, plus « dans la norme », tandis que le désordre peut encourager à sortir des sentiers battus et à produire des idées jugées plus créatives.

Autrement dit, un espace rangé pousse plus volontiers à respecter les codes ; un espace plus chaotique rend plus acceptable l’idée de bousculer les habitudes. Ce n’est pas une apologie du bazar permanent, ni la preuve qu’un lit défait « rend génial ». C’est plutôt l’idée qu’un léger relâchement des règles visuelles peut signaler – ou faciliter – une forme d’ouverture : accepter l’imparfait, tolérer l’inachevé, et garder de la place pour l’imprévu.

C’est précisément cette tolérance à l’imperfection qui ressemble à une qualité rare dans des vies saturées de micro-décisions. Car faire son lit, c’est aussi une décision de plus, une petite tâche de plus, un « il faut » de plus. Chez certains, s’en délester n’est pas de la paresse : c’est de la priorisation.

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Acariens de la poussière observés en macro, regroupés.
Les acariens apprécient chaleur et humidité ; aérer la literie et contrôler l’humidité ambiante aide à limiter les allergènes.

La « qualité rare » derrière la couette froissée : la flexibilité mentale

Si l’on devait résumer le trait psychologique le plus « recherché » que ce comportement peut suggérer, ce serait la flexibilité mentale. Elle ne se confond ni avec la créativité pure, ni avec la désinvolture : c’est la capacité à ajuster ses priorités, à ne pas confondre ordre et contrôle, à supporter qu’une chose soit imparfaite sans que tout le reste s’effondre.

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Dans la vie professionnelle, c’est une compétence précieuse : savoir arbitrer, renoncer à l’ornemental quand l’important appelle, différer une tâche « cosmétique » au profit d’un enjeu plus stratégique. Dans la vie personnelle, c’est aussi la capacité à ne pas laisser l’esthétique dicter l’humeur du matin. Pour certaines personnes, un lit défait signifie simplement : « Je m’occuperai de ça plus tard, ou pas aujourd’hui. » Et ce « pas aujourd’hui » est parfois un luxe cognitif.

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Attention toutefois : la flexibilité mentale n’est pas l’absence de règles, c’est la capacité à changer de règle quand il le faut. Un lit défait peut être un signe de souplesse… ou juste un signe qu’on n’a pas eu le temps. Ce qui nous amène à l’autre camp.

Ceux qui font leur lit : contrôle, apaisement, et petit « clic » de réussite

Faire son lit, pour beaucoup, n’a rien d’une obsession de la perfection : c’est un repère. Dans des périodes anxiogènes, une routine simple et visible peut calmer le mental, parce qu’elle donne une impression de maîtrise sur un détail du monde. C’est aussi un geste de transition : on ferme la parenthèse de la nuit, on ouvre celle de la journée.

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D’ailleurs, certains travaux et enquêtes populaires associent le fait de faire son lit à une meilleure perception du sommeil, même si cela reste surtout déclaratif et non causal. Plusieurs médias relaient par exemple des résultats attribués à des enquêtes de la National Sleep Foundation, suggérant que les personnes qui font leur lit rapportent plus souvent « bien dormir » – ce qui peut s’expliquer par le confort psychologique d’une chambre rangée, davantage que par un effet mécanique du drap tiré.

Moralité : il n’y a pas un camp des « bons » et un camp des « mauvais ». Il y a des cerveaux qui se régulent par l’ordre, et d’autres qui respirent mieux dans une marge de désordre toléré.

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Chambre d’hôtel. Photo by ManuelaJaeger
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Le point santé : pourquoi laisser le lit respirer n’est pas absurde

Au-delà de la psycho, il y a une question concrète : l’humidité. La nuit, on transpire, on chauffe le matelas, on crée un petit microclimat. Or les acariens et certains allergènes apprécient précisément les environnements chauds et humides.

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Une communication largement reprise vient de l’université Kingston, au Royaume-Uni, autour de travaux attribués à Stephen Pretlove : l’idée est simple, laisser le lit défait permettrait à l’humidité de s’évacuer plus facilement, rendant l’environnement moins favorable aux acariens.

Il faut être rigoureux sur ce point : ce type de message, souvent présenté comme « l’étude qui prouve qu’il ne faut jamais faire son lit », repose davantage sur des principes physiques (humidité relative, ventilation, microclimat du matelas) et sur une logique de prévention, que sur une expérience géante menée dans des milliers de chambres. Autrement dit, l’intuition est cohérente, mais elle ne transforme pas votre chambre en laboratoire randomisé.

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En revanche, ce que les organismes de santé et de prévention répètent de manière très solide, c’est l’importance d’un environnement de sommeil favorable : chambre aérée, obscurité, calme et température modérée. L’INSV, en France, conseille une chambre propice au sommeil avec une température autour de 18 à 20 °C, parmi ses recommandations d’hygiène du sommeil.

Donc oui, aérer, éviter d’enfermer toute l’humidité sous une couette épaisse immédiatement, et maintenir une chambre saine ont du sens. Et non, cela ne vous dispense pas de laver vos draps régulièrement.

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Pourquoi ce débat revient maintenant : on dort moins, on est plus fatigués, et on cherche des rituels

Si cette discussion prend autant, c’est aussi parce qu’elle touche à une réalité plus large : la fatigue. Les enquêtes de l’INSV et de la Fondation VINCI Autoroutes, publiées pour la Journée du Sommeil 2025, décrivent une dégradation de la qualité de sommeil et un lien fort entre somnolence, santé mentale et rythmes de vie.

Dans ce contexte, les micro-rituels du matin deviennent des outils de survie : pour certains, faire le lit est un « starter » qui met en route ; pour d’autres, ne pas le faire est un « gain » de temps et d’énergie mentale. Et au fond, la question n’est pas « lit fait ou lit défait », mais « qu’est-ce qui vous aide réellement à mieux vivre votre journée… et à mieux dormir la nuit ? »

Scène nocturne illustrant l’insomnie, lumière à travers des stores.
Quand le sommeil se dégrade, les rituels du soir et un environnement adapté comptent souvent plus que le lit “parfait”.
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Une couette froissée, un cerveau souple… et un peu de bon sens

Ne jamais faire son lit peut effectivement révéler une qualité rare : la flexibilité mentale, cette capacité à ne pas s’accrocher à la perfection quand l’essentiel est ailleurs, et à rompre avec les automatismes pour laisser émerger des idées neuves. Les travaux sur l’ordre et le désordre suggèrent qu’un environnement moins cadré peut favoriser une pensée plus créative et moins conventionnelle.

Mais l’inverse est vrai aussi : faire son lit peut apaiser, structurer, et créer un sas rassurant entre la nuit et le jour. La meilleure approche reste celle qui sert votre équilibre, votre sommeil et votre santé. Aérez, entretenez votre literie, et choisissez votre rituel sans vous juger.

Et puis, soyons honnêtes : certaines « études » sur le lit défait ont parfois l’air d’avoir été écrites pour sauver des vies… surtout celles des gens qui n’ont clairement pas le temps de border une couette au millimètre. Disons que la science progresse, et qu’elle vient enfin au secours de notre grand drame moderne : la bataille quotidienne contre un drap-housse qui, lui, n’a visiblement jamais lu la psychologie.

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