Obsèques d’Isabelle Mergault : les mots déchirants de sa fille Maya
Il y a des moments où les mots font mal autant qu’ils font du bien. Lundi 30 mars 2026, sous la coupole du Père-Lachaise, une jeune femme de 18 ans a pris la parole devant une assemblée silencieuse. Sa voix tremblait. Mais elle n’a pas fléchi.
Maya, la fille adoptive d’Isabelle Mergault, a rendu un dernier hommage à celle qu’elle appelait maman. Et ses mots ont figé toute l’assistance.

Un au revoir au Père-Lachaise
Dix jours après l’annonce du décès d’Isabelle Mergault à 67 ans, emportée par un cancer du poumon gardé secret, ses proches se sont réunis dans ce lieu chargé d’histoire pour lui dire adieu.
L’atmosphère était lourde, intime, et pourtant pleine de visages connus. Karine Le Marchand, Laurent Ruquier, Christine Bravo, Michèle Bernier… Tous réunis pour saluer une femme qui avait marqué le monde du spectacle avec son humour, sa sensibilité et sa générosité.
Mais parmi tous les discours prononcés ce jour-là, c’est celui d’une adolescente de 18 ans qui a laissé le plus de traces. Une jeune femme qui n’avait pas l’habitude des caméras. Qui avait toujours été tenue loin des projecteurs par sa mère adoptive.
« Ma mère, c’était la gentillesse »
Maya a commencé simplement. Avec cette phrase qui résume tout en quelques mots : « Ma mère, c’était la gentillesse. C’était une femme bienveillante. »
Elle a ensuite parlé des rires. De cette façon qu’avait Isabelle Mergault de faire sourire les gens même dans les pires moments. « Elle était souvent de bonne humeur, elle était drôle, et elle arrivait à me faire sourire, même quand ça n’allait pas. »
Des mots simples. Vrais. Qui ont traversé la salle comme une onde.

« Elle sentait quand je n’allais pas bien »
Ce qui touchait le plus dans le discours de Maya, c’était la description d’une relation rare. Celle d’une mère et d’une fille qui n’avaient pas besoin de beaucoup de mots pour se comprendre.
« Avec elle, je pouvais tout dire. Je pouvais lui raconter ma vie sans filtre, sans peur. Et même quand je ne disais rien, elle savait. Elle sentait quand je n’allais pas bien. »
Cette faculté de percevoir l’autre au-delà des apparences. C’est peut-être ça, l’amour maternel dans toute sa puissance. Et Maya l’a mis en mots avec une maturité qui a ému toute la salle.
Laurent Ruquier, qui avait raconté les dernières heures d’Isabelle, n’a pas pu cacher son émotion. Michèle Bernier non plus. On dit que la comédienne, peu habituée à étaler sa vie privée, a essuyé quelques larmes discrètes.
« J’ai perdu bien plus qu’une mère »
Puis Maya a continué. Et les mots sont devenus encore plus lourds à porter.
« Aujourd’hui, j’ai perdu bien plus qu’une mère. J’ai perdu une personne qui me comprenait, sans que je parle. Une personne qui m’aimait sans condition, une personne qui faisait partie de moi. »
Cette phrase-là, personne dans la salle ne pouvait l’entendre sans frissonner. Perdre une mère, c’est perdre un miroir. Perdre quelqu’un qui vous voit vraiment.
Et pour Maya, cette perte est d’autant plus particulière. Parce que cette relation n’était pas celle du sang. Elle était celle du choix. Et ça, ça la rend peut-être encore plus puissante.

« Je t’aime maman, et je t’aimerai toute ma vie »
Maya a conclu son discours avec une phrase qui a traversé les murs de la coupole et bien au-delà. Relayée par Paris Match, cette conclusion a circulé sur les réseaux sociaux des heures après la cérémonie.
« Son amour ne partira jamais. […] Je t’aime maman, et je t’aimerai toute ma vie. »
Six mots. Les six mots les plus difficiles à prononcer quand on sait que la personne qui les recevait n’est plus là pour les entendre.
Mais peut-être que si. À leur manière.
Une adoption pas comme les autres
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Pour comprendre la profondeur de cet hommage, il faut revenir sur l’histoire de Maya et d’Isabelle Mergault. Une histoire qui avait tout d’un conte moderne.
C’est en 2010 qu’Isabelle Mergault a adopté Maya, alors âgée d’un an. Une adoption simple, ce qui signifie que la jeune femme n’a jamais rompu les liens avec ses parents biologiques, d’origine nigériane. L’actrice avait expliqué avoir rencontré « une maman en difficulté » et décidé de l’aider en prenant soin de sa fille.
Ce geste avait tout changé dans sa vie. L’avenir de ses deux filles suscite aujourd’hui beaucoup de questions.

Isabelle Mergault, transformée par la maternité
Dans une interview accordée à Gala en 2015, Isabelle Mergault avait raconté à quel point l’arrivée de Maya avait bouleversé son quotidien. Elle qui se couchait à 3h du matin et se levait à 13h avait changé du tout au tout.
« Tout à coup, j’ai pris soin de moi. J’ai cessé de fumer dans la maison. J’ai commencé à manger bio. J’ai fait des trucs aussi absurdes que d’aller à des réunions de parents d’élèves. »
Elle souriait en disant ça. Parce que pour elle, ce n’était pas une contrainte. C’était une renaissance.
Et quand Maya a eu trois ans, l’évidence s’était imposée d’elle-même : « J’étais devenue sa maman adoptive. » Pas par les textes, pas par les papiers. Par le cœur.
Et Iris, la petite sœur ?
Maya n’est pas seule dans cette épreuve. Elle a une sœur cadette : Iris. Isabelle Mergault avait entrepris les démarches pour adopter légalement la sœur de Maya, mais le processus avait été ralenti par des difficultés administratives.
Ces démarches n’avaient pas abouti avant la mort de l’actrice. Mais selon nos confrères de Paris Match, elles ne seraient pas pour autant stoppées. Une lueur d’espoir dans un moment de grande douleur.
La question de ce que vont devenir les deux filles d’Isabelle Mergault est sur toutes les lèvres depuis l’annonce du décès.
Un dernier SMS qui hante encore
Avant les obsèques, le contenu du dernier SMS d’Isabelle Mergault avait été dévoilé. Un message qui avait déjà ému des milliers de personnes.
Ces mots, cette façon qu’elle avait de garder le moral jusqu’au bout, de protéger ceux qu’elle aimait… C’est exactement ce que Maya a décrit dans son discours. Une mère qui veillait, même dans l’ombre. Même quand tout allait mal.
Et c’est peut-être ça, le plus beau legs qu’Isabelle Mergault laisse à ses filles : la certitude d’avoir été aimées sans condition. Pleinement. Vraiment.

Une cérémonie digne d’une femme hors du commun
Au-delà des larmes, les obsèques d’Isabelle Mergault ont aussi été un moment de partage et de souvenirs. Sylvie Tellier, Christine Bravo et son mari Stéphane Bachot, Chantal Ladesou, Péri Cochin, Laurent Baffie, Antoine Duléry… Autant de visages qui témoignaient de l’importance de cette femme dans le paysage culturel français.
Actrice, réalisatrice, scénariste. Isabelle Mergault avait tout fait. Tout donné. Et le monde du spectacle venait de perdre l’une de ses figures les plus attachantes.
La présence de Christine Bravo, malgré ses propres soucis de santé récents, disait beaucoup sur l’amitié qui liait ces femmes.
« Son amour ne partira jamais »
Maya n’a pas seulement dit au revoir à sa mère ce lundi-là. Elle a aussi dit quelque chose d’important à tous ceux qui ont perdu un être cher.
L’amour ne disparaît pas avec les corps. Il reste. Dans les gestes, dans les habitudes, dans les sourires qui reviennent sans prévenir au détour d’un souvenir.
Isabelle Mergault a adopté une petite fille venue d’un autre continent. Elle en a fait sa fille, sa complice, sa confidente. Et cette petite fille, devenue grande, lui a rendu l’hommage le plus sincère qui soit : la vérité de ce qu’elles ont vécu ensemble.
Pas de discours convenu. Pas de formules creuses. Juste ces mots, portés par une voix qui tremblait mais ne cédait pas : « Je t’aime maman, et je t’aimerai toute ma vie. »