Dossier Epstein : des documents manquants concernant Trump sèment le doute
Après quelques politiques français et d’autres personnalités à travers le monde, les regards se tournent désormais vers Donald Trump, grand absent des « Epstein files ».
La diversion a ses limites. Donald Trump s’en est aperçu ces derniers jours, après que les médias américains CNN et NPR ont noté l’absence de pages cruciales dans l’épais dossier Epstein. Des pages que le ministère de la Justice aurait sciemment dissimulées afin de laver l’actuel président américain de tout soupçon.
Donald Trump accusé d’agression sur mineur
Les conclusions de leurs investigations, publiées ce 24 février sur leurs sites respectifs, mentionnent les déclarations d’une femme qui aurait été abusée à plusieurs reprises par Jeffrey Epstein depuis ses 13 ans. Lors d’entretiens avec le FBI en 2019, la victime présumée a non seulement dénoncé les agissements de l’homme d’affaires décédé, mais également les abus de l’actuel locataire de la Maison-Blanche, qui seraient survenus dans les années 1980.
Des confidences recueillies à l’occasion de quatre entretiens dont trois se sont mystérieusement volatilisés.
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Si l’absence des documents est d’abord passée inaperçue en raison du nombre important de pages et de l’impressionnante liste de noms cités, politiques et journalistes reviennent à eux. Et de concert, ils constatent avec surprise que le président américain semble loin de toute cette affaire. Or, nul n’oublie que Donald Trump a été cité à plusieurs reprises au moment du dévoilement de cette affaire.
Dissimulations ou simple oubli ? Le ministère de la Justice répond
L’administration Trump, qui se targue d’une totale transparence concernant l’affaire Epstein, se retrouve désormais sous le feu des critiques. Après avoir dénoncé la rétention d’information, Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, y a fait venir des victimes de l’affaire Epstein afin qu’elles rappellent l’importance du scandale.
« Où est le reste des dossiers ? La vérité doit éclater. Pourquoi aucune enquête n’est menée alors que ces dossiers contiennent de nombreuses informations à examiner ? », questionne l’une d’elles, Dani Bensky.
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D’autres démocrates joignent leurs voix à celles des victimes, à l’image de Robert Garcia, élu californien et membre de la commission de surveillance de la Chambre des représentants. « Hier, j’ai examiné les registres de preuves non expurgés du ministère de la Justice. Les démocrates de la commission de surveillance peuvent confirmer que le ministère de la Justice semble avoir illégalement retenu les entretiens du FBI avec cette survivante qui a accusé le président Trump de crimes odieux », a-t-il déclaré.
Face aux nombreuses prises de paroles, la Maison Blanche choisit l’attaque et qualifie les accusations de « fausses et sensationnalistes ». Tenté de démentir à son tour, le ministère de la Justice déclare finalement ceci : « Comme pour tous les documents qui ont été signalés […], le ministère passe actuellement en revue les fichiers appartenant à cette catégorie. » Il ajoute : « Si un document s’avère avoir été mal classé lors du processus d’examen et qu’il répond aux critères de la loi, le ministère le publiera bien sûr. »