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Malgré un cessez-le-feu, Israël continue ses frappes sur l’Iran (vidéo)

Publié par Basma le 10 Avr 2026 à 5:28

Depuis le 2 mars 2026, le Liban est en guerre après une attaque du Hezbollah contre Israël, menée en représailles à la mort d’Ali Khamenei, chef de la République islamique d’Iran. En un mois, les frappes israéliennes ont fait plus de 1 500 morts et un million de déplacés. Une trêve vient d’être conclue entre Washington et Téhéran mais elle exclut explicitement le Liban.

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Un mercredi sombre pour Beyrouth

Mercredi 8 avril 2026 restera gravé dans la mémoire des Libanais. En l’espace de dix minutes à peine, Israël a frappé simultanément une centaine de cibles à travers le Liban, dans ce que l’armée israélienne elle-même a qualifié de sa « plus grande frappe coordonnée » depuis le début de la guerre contre le Hezbollah, déclenchée fin février. Des quartiers résidentiels au cœur de Beyrouth, la plaine de la Békaa à l’est, et le sud du pays ont été visés sans avertissement préalable.

Le bilan est lourd : au moins 203 morts et un millier de blessés, selon le ministère libanais de la Santé, portant à plus de 1 500 le nombre de victimes depuis le début des hostilités le 2 mars, et à plus d’un million le nombre de déplacés.

Les journalistes sur place ont décrit des scènes de chaos : immeubles en flammes, voitures calcinées, débris jonchant les rues, ambulances sillonnant la ville toutes sirènes hurlantes. Dans un quartier résidentiel frappé en début de soirée, un immeuble s’est à moitié effondré, piégeant des habitants dans les étages supérieurs. « J’ai vu une frappe, c’était très fort, des enfants ont été tués, d’autres ont eu les bras coupés », a témoigné Yasser Abdallah, commerçant du centre-ville.

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Le Liban, grande absente de la trêve irano-américaine

Ces frappes interviennent dans un contexte diplomatique particulièrement tendu. Un cessez-le-feu de deux semaines venait d’être annoncé entre les États-Unis et l’Iran mais le Liban en a été explicitement exclu. Donald Trump a confirmé que cet accord ne concernait pas le territoire libanais, une position aussitôt appuyée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Pour les analystes, Israël a habilement manœuvré pour placer Téhéran dans une impasse. Si l’Iran ne réagit pas, il apparaît comme abandonnant son allié le Hezbollah au moment même où ce dernier a engagé le Liban dans une guerre en son nom. Mais s’il intervient, il rompt la trêve fraîchement conclue avec Washington et risque de relancer un conflit bien plus large.

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Malgré tout, Téhéran a durci le ton. Le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a prévenu que le Liban et l’ensemble de l’« Axe de la Résistance » constituaient une « partie inséparable » de l’accord de cessez-le-feu, menaçant d’une « réponse ferme » en cas de violations. Le président iranien Massoud Pezeshkian a, lui, insisté auprès d’Emmanuel Macron sur le fait qu’un cessez-le-feu au Liban figurait parmi les « conditions essentielles » du plan iranien en dix points.

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Une communauté internationale sous le choc

Les appels à intégrer le Liban dans la trêve se sont multipliés. Le porte-parole d’Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, et la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas ont tous deux averti que ces bombardements menaçaient la stabilité du cessez-le-feu irano-américain. La France, par la voix d’Emmanuel Macron, a également exigé que le Liban soit inclus dans tout accord de paix.

Témoin direct des frappes, le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot, en visite officielle à Beyrouth, a lancé un appel depuis le réseau X : « Nous étions à l’ambassade, à quelques centaines de mètres des missiles. Cela doit cesser. » Le Comité international de la Croix-Rouge s’est dit « indigné par les morts et destructions dévastatrices », tandis que l’hôpital de l’Université américaine de Beyrouth lançait un appel urgent aux dons de sang.

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Du côté israélien, le ministre de la Défense Israël Katz a vanté l’« exécution parfaite » de l’opération, affirmant que des « centaines de terroristes du Hezbollah » avaient été ciblés dans leurs centres de commandement. Le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar a quant à lui jugé que rien n’était « fini » avec la trêve américano-iranienne.

Un Liban profondément meurtri et divisé

Le gouvernement libanais a proclamé une journée de deuil national jeudi, drapeaux en berne et administration publique fermée. Réuni en conseil des ministres, le gouvernement a observé une minute de silence pour les victimes, qualifiant les attaques de « barbares ». Le Premier ministre Nawaf Salam a appelé « tous les amis du Liban » à aider le pays « par tous les moyens » pour faire cesser les frappes.

Au sein de la population, le traumatisme est profond. Anthony Samrani décrit une ville sous le choc, habitée par un sentiment d’insécurité. Ce sont des quartiers densément peuplés, historiquement peu favorables au Hezbollah, qui ont été frappés sans préavis, ce qui a accentué la terreur et l’incompréhension.

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La société libanaise, déjà fracturée, ressort plus divisée encore de cet épisode. D’un côté, une partie de la population essentiellement chiite, mais pas uniquement, considère qu’Israël représente la menace principale et qu’il faut s’y opposer coûte que coûte. De l’autre, une partie croissante juge que c’est le Hezbollah qui a plongé le Liban dans ce chaos, en entrant en guerre après la mort d’Ali Khamenei en mars dernier.

Quelles issues possibles ?

Selon les analystes, trois scénarios pourraient mettre fin aux hostilités : une pression directe de Donald Trump sur Netanyahu qui reste le seul interlocuteur réellement susceptible de peser sur Israël, un enlisement militaire israélien rendant la poursuite de la guerre trop coûteuse, ou une victoire militaire rapide d’Israël. Pour l’heure, Washington semble donner carte blanche à Tel-Aviv, et rien n’indique que cette situation soit près de changer.

En attendant, le Liban compte ses morts et panse ses plaies…

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