Rima Hassan en garde à vue : le tweet sur un terroriste qui a tout déclenché
Ce jeudi matin, l’eurodéputée La France Insoumise Rima Hassan a été placée en garde à vue. La raison ? Un seul tweet, posté il y a quelques semaines, sur un terroriste responsable de l’un des massacres les plus sanglants de l’histoire d’Israël. Une mesure judiciaire qui intervient dans un contexte déjà très tendu pour la parlementaire.
Une garde à vue pour « apologie du terrorisme »

C’est dans les locaux du deuxième district de police judiciaire à Paris que Rima Hassan a été entendue ce jeudi. La procédure est menée par le pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), une unité spécialisée dans la traque des contenus illicites publiés sur les réseaux sociaux.
Le chef retenu est lourd : apologie du terrorisme. Une infraction qui peut exposer son auteur à des poursuites pénales sérieuses en France.
Le tweet du 26 mars : ce qu’elle a écrit
Tout part d’un message publié le 26 mars sur X (anciennement Twitter). Rima Hassan y évoque Kōzō Okamoto, un terroriste japonais membre de l’Armée rouge japonaise.
Qui est cet homme ? Le 30 mai 1972, Okamoto et deux complices récupèrent leurs bagages à l’aéroport international Ben-Gourion en Israël. À l’intérieur : des armes automatiques. Ils ouvrent le feu sur les passagers présents dans le terminal. Bilan : 26 morts. L’un des attentats les plus meurtriers jamais commis sur le sol israélien.
C’est sur cet individu que Rima Hassan aurait publié un message jugé problématique par les enquêteurs. Elle a depuis supprimé le tweet, après avoir été convoquée par la police.
Pas une première : les plaintes s’accumulent
Cette garde à vue ne sort pas de nulle part. Ce n’est pas la première fois que l’eurodéputée est visée par des poursuites liées à l’apologie du terrorisme.
En décembre 2024, l’Observatoire juif de France avait déposé une plainte contre elle. Les captures d’écran produites à l’époque montraient notamment un message dans lequel Rima Hassan écrivait : « Si les franco-israéliens sont autorisés à servir dans l’armée israélienne tout en jouissant des acquis de la double nationalité. Tout franco-palestinien doit pouvoir rejoindre la résistance armée palestinienne dont la légitimité est reconnue par les résolutions des nations unies relatives au droit à l’autodétermination des peuples. »
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À l’époque, l’eurodéputée avait réagi avec ironie sur les réseaux sociaux. Elle avait aussi attaqué directement LFI sur la question de l’apologie du terrorisme.
La réaction de Rima Hassan face aux plaintes précédentes

Face à la plainte de décembre 2024, l’élue insoumise n’avait pas mâché ses mots. Elle avait publiquement raillé ses accusateurs : « D’ores et déjà gâtée pour 2025. La première plainte c’était pour mon anniversaire. La seconde pour le nouvel an. »
Elle avait également dénoncé ce qu’elle qualifiait de « réseau de propagande du régime israélien », visant directement l’Observatoire juif de France.
Cette fois, les choses semblent différentes. La procédure ne vient pas de cette association. Elle est menée directement par le parquet, via une structure spécialisée de la police judiciaire.
LFI sous pression judiciaire sur le dossier terrorisme
Ce dossier s’inscrit dans une séquence plus large. La France Insoumise a fait face à une vive polémique après avoir proposé la suppression du délit d’apologie du terrorisme. Une proposition qui avait suscité une levée de boucliers dans de nombreux camps politiques.
Plusieurs élus proches de la ligne Mélenchon se sont retrouvés dans des situations délicates ces derniers mois. La députée Rachel Keke avait brandi un drapeau palestinien à l’Assemblée nationale, provoquant la suspension de séance. Un autre député LFI avait fait de même, créant une vive controverse.
Rima Hassan et Israël : un dossier à rebondissements
Le rapport entre Rima Hassan et Israël est un sujet qui revient régulièrement dans l’actualité. Il y a quelques mois, des images avaient été dévoilées montrant l’eurodéputée refoulée à l’aéroport israélien, un épisode qui avait fait grand bruit.
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Sa collègue du groupe LFI Emma Fourreau avait également fait parler d’elle en entamant une grève de la faim après que son bateau a été intercepté par Israël.
Le conflit israélo-palestinien continue de provoquer des tensions politiques majeures en France. La France a officiellement reconnu l’État palestinien, une décision qui avait rouvert de nombreux débats.
Que risque-t-elle concrètement ?
En France, l’apologie du terrorisme est un délit pénal passible de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Les peines peuvent être alourdies si les faits ont été commis via un service de communication au public en ligne — ce qui est précisément le cas ici, le message ayant été publié sur X.
La qualité d’élue européenne de Rima Hassan ne lui confère pas d’immunité absolue sur ce type de dossier, même si elle complique la procédure.
Le parquet de Paris, contacté par plusieurs médias, n’avait pas répondu à l’heure des premières publications. La suite judiciaire de cette affaire reste donc à suivre de près.
Ce qui est certain, c’est que cette garde à vue marque un nouveau palier dans une polémique qui dure depuis des mois — et qui ne semble pas prête de s’éteindre.