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Ebola et hantavirus : ces 2 alertes prouvent que le monde reste dangereusement vulnérable

Publié par Killian le 21 Mai 2026 à 8:03
Salle de crise sanitaire mondiale avec écrans et cartes épidémiques

On pensait avoir tiré les leçons du Covid. Six ans après la pandémie, deux flambées épidémiques viennent de secouer la planète en quelques semaines. Ebola en République démocratique du Congo, hantavirus sur un navire de croisière dans l’Atlantique. Et une voix autorisée tire la sonnette d’alarme : Helen Clark, ex-Première ministre de Nouvelle-Zélande et coprésidente du Panel indépendant sur la préparation aux pandémies, affirme que le monde reste dangereusement mal préparé. Voici ce que ces deux crises révèlent sur nos failles.

Ebola et hantavirus en 2025 : pourquoi ces flambées inquiètent autant

Deux crises, deux continents, un même signal d’alarme. En RDC, la souche Bundibugyo du virus Ebola a circulé pendant quatre à six semaines sans être détectée. Les tests effectués visaient une autre souche, et les résultats négatifs ont endormi la vigilance. Résultat : plus de 130 morts suspectés dans une province reculée avant même que l’alerte ne soit donnée le 15 mai.

De l’autre côté de l’Atlantique, un variant rare de l’hantavirus a frappé à bord du MV Hondius, un navire de croisière. Trois passagers sont décédés. Le virus était pourtant connu comme endémique dans la région argentine d’où le bateau avait appareillé. Mais personne n’avait prévenu l’équipage ni les voyageurs. Ces deux épisodes montrent à quel point la prochaine pandémie pourrait nous prendre de court — encore une fois.

Helen Clark : « Notre problème se situe en amont »

La bonne nouvelle, c’est que la réponse internationale s’est améliorée. Les nouveaux règlements sanitaires de l’OMS ont fonctionné une fois l’alerte déclenchée. « La réponse s’est plutôt bien déroulée », reconnaît Helen Clark. Mais c’est justement là que le bât blesse : on sait réagir, pas anticiper.

« Ces questions fondamentales de surveillance, de détection précoce… nous n’y sommes pas encore », lâche-t-elle depuis Genève. Son constat est limpide : il manque une préparation fondée sur l’évaluation des risques. Identifier ce qui pourrait surgir. Comprendre comment ces flambées échappent au contrôle. Financer des systèmes de veille capables de repérer un variant inconnu avant qu’il ne fasse des ravages. Pendant ce temps, les coupes dans les systèmes de santé fragilisent les pays les plus vulnérables. Et ce qui se joue là-bas finit toujours par nous rattraper ici.

Couloir d'hôpital vide dans un pays en développement

La « tempête parfaite » : quand l’aide internationale s’effondre au pire moment

Les menaces sanitaires ne connaissent pas les frontières — Helen Clark le rappelle avec deux faits glaçants. Un ressortissant américain a été confirmé positif à Ebola. Et l’hantavirus s’est propagé dans des escales où les passagers du navire avaient débarqué. « Nous sommes tous dans le même bateau », résume-t-elle, au sens propre comme au figuré.

Or, c’est précisément maintenant que les financements internationaux se tarissent. Les pays donateurs réduisent leur aide, forçant les nations les plus fragiles à compenser des investissements colossaux dans leurs systèmes de santé. « Avec toute la bonne volonté du monde, ils n’ont tout simplement pas l’argent », alerte-t-elle. Une « tempête parfaite » où les virus mutent, les budgets fondent, et la solidarité recule. Helen Clark appelle à un financement mondial qui reflète enfin nos « intérêts communs » — parce qu’un foyer Ebola en RDC aujourd’hui peut devenir une urgence à Paris demain.

Réagir vite, c’est bien. Mais si on ne sait toujours pas voir venir le danger, on ne fait que courir après le prochain désastre. Six ans après le Covid, la question reste entière : sommes-nous vraiment prêts pour la prochaine pandémie ? Si ces deux alertes nous apprennent quelque chose, c’est que la réponse fait froid dans le dos.

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