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Bactérie « mangeuse de chair » dans des crevettes Leclerc : les lots Ronde des Mers rappelés en urgence

Publié par Cassandre le 10 Mai 2026 à 9:10
Bactérie « mangeuse de chair » dans des crevettes Leclerc : les lots Ronde des Mers rappelés en urgence

Un rappel alimentaire fait froid dans le dos. Des gambas sauvages et des crevettes tropicales surgelées de la marque Ronde des Mers, vendues dans les magasins E.Leclerc de toute la France, viennent d’être retirées de la vente. La raison : une contamination par Vibrio vulnificus, un micro-organisme surnommé « bactérie mangeuse de chair ». Derrière ce nom terrifiant, un danger bien réel, surtout pour les personnes fragiles. Voici tout ce qu’il faut vérifier dans votre congélateur.

Vibrio vulnificus : pourquoi cette bactérie porte un surnom aussi flippant

D’abord, mettons un nom sur la menace. Vibrio vulnificus appartient à la même famille que le choléra — les Vibrionaceae. Elle vit naturellement dans les eaux salées, saumâtres et polluées, et parasite les fruits de mer : huîtres, gambas, crevettes, certains poissons. Jusque-là, rien de rare. Ce qui la distingue, c’est sa capacité à provoquer des infections cutanées nécrosantes — d’où le surnom de « bactérie mangeuse de chair » — chez les personnes qui manipulent des produits contaminés alors qu’elles ont une plaie, même minime, sur les mains.

Mains gantées manipulant des crevettes surgelées crues

Concrètement, chez une personne en bonne santé, l’ingestion de Vibrio vulnificus provoque le plus souvent des troubles gastro-intestinaux classiques : nausées, vomissements, diarrhées. Désagréable, mais généralement bénin. Le problème, c’est que cette bactérie ne s’arrête pas là pour tout le monde. Et c’est précisément ce qui rend ce rappel aussi sérieux.

Qui risque vraiment gros en cas de contamination

Pour les personnes immunodéprimées, atteintes d’affections chroniques (maladies du foie, diabète, cancer) ou simplement fragilisées, les conséquences peuvent être dramatiques. Vibrio vulnificus est capable de déclencher une infection généralisée — une septicémie — en quelques heures. Aux États-Unis, les autorités sanitaires estiment que le taux de mortalité peut atteindre 20 % dans les 48 heures suivant l’infection chez les sujets à risque.

Autre piège : il ne suffit pas de manger les crevettes contaminées pour être touché. Le simple fait de manipuler le produit avec une coupure ou une blessure sur la peau peut entraîner une infection cutanée sévère. Un détail que beaucoup de consommateurs ignorent en déballant leurs surgelés. Et c’est là que la marque concernée entre en jeu.

Ronde des Mers chez E.Leclerc : les produits concernés par le rappel

Le rappel concerne deux types de produits surgelés de la marque Ronde des Mers, vendus exclusivement dans les magasins E.Leclerc sur l’ensemble du territoire français :

  • Gambas sauvages surgelées
  • Crevettes tropicales entières crues surgelées
Sachet de crevettes surgelées dans un rayon de supermarché

Si vous avez acheté l’un de ces produits récemment, le réflexe est simple : ne le consommez pas. Rapportez-le en magasin pour un remboursement ou détruisez-le. Et surtout, si vous avez manipulé le produit avec des mains abîmées, surveillez toute rougeur ou gonflement anormal dans les jours qui suivent. Ce rappel est d’autant plus préoccupant qu’il intervient après d’autres alertes similaires sur des crevettes en France.

Comment Vibrio vulnificus se retrouve dans nos assiettes

On pourrait croire que la chaîne du froid suffit à neutraliser le danger. Pas tout à fait. Vibrio vulnificus est un micro-organisme robuste, comme le sont la listeria, la salmonelle ou Escherichia coli. Il survit dans les milieux marins tempérés et se concentre dans les fruits de mer qui filtrent l’eau, notamment les huîtres et les crustacés.

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La contamination peut survenir à plusieurs étapes : pêche dans des eaux polluées ou réchauffées (le changement climatique favorise la prolifération de ces bactéries), rupture de la chaîne du froid pendant le transport, ou mauvaises conditions de stockage. Une cuisson complète et à cœur tue la bactérie, mais consommer le produit cru ou insuffisamment cuit est un risque majeur. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’un rappel massif ébranle la confiance des consommateurs envers les produits de grande surface.

Vous avez déjà mangé ces crevettes ? Voici ce qu’il faut faire

Les autorités sanitaires sont claires : si vous avez consommé des gambas ou crevettes Ronde des Mers et que vous présentez des symptômes — diarrhées, fièvre, vomissements, douleurs abdominales — consultez votre médecin sans attendre. Pensez à lui signaler deux informations cruciales : la consommation du produit rappelé et le nom du germe, Vibrio vulnificus. Cela peut faire gagner un temps précieux pour le diagnostic.

Femme vérifiant l'étiquette d'un sachet de fruits de mer surgelés

Pour les personnes qui n’ont pas encore ouvert le paquet, la manipulation doit se faire avec précaution. Portez des gants si vous avez la moindre plaie aux mains — même une petite coupure suffit. Ce conseil vaut d’ailleurs pour tout produit marin cru, pas seulement celui-ci. L’infection cutanée par Vibrio vulnificus peut évoluer très vite : un simple contact avec une plaie a déjà conduit à des hospitalisations d’urgence par le passé.

Rappels alimentaires en France : une série qui ne s’arrête plus

Ce nouveau rappel s’inscrit dans un contexte où les alertes sanitaires se multiplient dans les supermarchés français. Ces derniers mois, des lardons Herta contaminés à la salmonelle ont été rappelés chez Carrefour et Leclerc. Des charcuteries contaminées à la listeria ont même causé deux décès. Sans oublier les fromages retirés pour E. coli chez Intermarché et Système U, ou encore les moules contaminées chez Super U.

Face à cette accumulation, les consommateurs ont tout intérêt à consulter régulièrement le site officiel RappelConso du gouvernement. On peut aussi vérifier les signes qui doivent alerter sur un aliment potentiellement dangereux, même quand il semble encore bon. Une précaution d’autant plus utile que certains agents pathogènes, comme Vibrio vulnificus, ne modifient ni l’odeur, ni l’aspect, ni le goût du produit contaminé.

En attendant, un réflexe simple peut vous épargner bien des ennuis : vérifiez l’état de votre congélateur, identifiez les produits concernés et, en cas de doute, jetez. Quand il s’agit d’une bactérie capable de provoquer une septicémie en moins de deux jours, la prudence n’est jamais du gaspillage.

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