Il combat une simple grippe : en 15 minutes, ses jambes ne répondent plus

Une grippe, un mariage entre amis, deux semaines de fièvre. Pour Tinus Greyling, 35 ans, ingénieur logiciel sud-africain, tout semblait banal. Jusqu’à ce que ses jambes cessent de fonctionner en un quart d’heure à peine. Le diagnostic posé par les médecins a glacé sa famille — et il pourrait bien vous faire reconsidérer la façon dont vous traitez un simple état grippal.
Tinus Greyling, 35 ans : quand la grippe refuse de partir
Tout a commencé en juillet 2025, à Centurion, en Afrique du Sud. Tinus et sa femme Megan, 32 ans, rentrent d’un mariage. Fièvre, courbatures, fatigue : le médecin confirme une grippe classique. Trois jours plus tard, Tinus retourne au bureau. Mais la deuxième semaine, son état empire brutalement.
« C’était la pire fièvre de ma vie. Mes muscles me faisaient souffrir, que je sois assis ou debout », raconte-t-il. Il soupçonne une morsure de tique, peut-être le Covid. Un second médecin lui prescrit un antibiotique à large spectre. Quelques heures après, sa hanche droite commence à le lancer violemment. Tinus sait qu’il doit foncer à l’hôpital. Megan étant encore alitée, ce sont des amis qui l’y conduisent en urgence. Ce qu’il ignore encore, c’est que l’origine virale de son mal va bouleverser sa vie entière.
15 minutes pour perdre l’usage de ses jambes : le diagnostic glaçant
À l’hôpital, la douleur explose. On lui donne un fauteuil roulant. Et là, assis dans le couloir des urgences, Tinus sent la vie quitter ses membres inférieurs. En 15 minutes exactement, la paralysie remonte systématiquement. Au matin suivant, il ne peut plus bouger du thorax jusqu’aux pieds. Il a aussi perdu le contrôle de sa vessie et de ses intestins.
Bactéries, virus, parasites, maladies auto-immunes : les médecins passent en revue toutes les pistes. Le diagnostic tombe finalement : myélite transverse. Cette pathologie rare provoque une inflammation de la moelle épinière et des nerfs adjacents. Selon le rapport médical, c’est le virus influenza A qui a déclenché une réaction auto-immune. Le corps de Tinus, en voulant combattre la grippe, a attaqué sa propre colonne vertébrale. La moelle a gonflé, comprimant les vertèbres. Résultat : une paralysie potentiellement définitive. « Les médecins ne voulaient pas me donner de faux espoirs », confie Tinus.

Cellules souches et espoir fragile : le combat quotidien de Tinus
Face à l’urgence médicale, Tinus est resté hospitalisé trois mois. Le protocole : stéroïdes à haute dose, immunothérapie, perfusions de plasma. Puis six semaines de rééducation pour réapprendre à s’habiller, se brosser les dents, manœuvrer un fauteuil roulant dans la rue. Des gestes qui, quelques semaines plus tôt, ne lui demandaient aucun effort.
Megan, elle, peine encore à comprendre. « Comment la grippe a-t-elle pu provoquer ça ? J’étais malade aussi, et pourtant je suis là, en bonne santé. » Aujourd’hui de retour chez lui, Tinus travaille à distance et mise sur la thérapie par cellules souches. Il a déjà fait prélever sa moelle épinière et ses cellules. « La médecine conventionnelle m’a stabilisé, mais l’espoir se trouve dans les cellules souches », affirme-t-il. Les coûts — cathéters, médicaments chroniques, thérapies — dépassent largement sa couverture santé. Un collègue a lancé une cagnotte solidaire, généreusement soutenue.
Malgré tout, Tinus refuse de sombrer. « Je peux encore utiliser mes bras et mes mains. Oui, je ne marche plus, mais je suis vivant. » Son moteur au quotidien ? Le rêve d’avoir des enfants avec Megan. Il dit croire qu’il remarchera.
Un virus que des millions de personnes attrapent chaque année. Quinze minutes pour que tout bascule. L’histoire de Tinus Greyling rappelle une vérité que la médecine connaît mais que le grand public ignore souvent : la grippe n’est jamais « juste » une grippe. Et si la prochaine fois que la fièvre traîne un peu trop, on prenait ça un cran plus au sérieux ?