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Thon en conserve : 100 % des boîtes testées contiennent du mercure

Publié par Killian le 19 Mai 2026 à 16:32
Boîte de thon ouverte posée sur un plan de travail en bois

Tu achètes probablement du thon en boîte sans y penser. Quelques minutes, une fourchette, et c’est réglé. Sauf que derrière cette routine se cache un invité indésirable : le mercure. Deux ONG ont tiré la sonnette d’alarme fin 2024, et la marque Petit Navire a tenté de rassurer avec une opération transparence. L’UFC-Que Choisir a joué le jeu. Ses résultats méritent qu’on s’y arrête — surtout le détail que personne ne regarde sur l’étiquette.

Pourquoi 148 boîtes de thon ont semé la panique en Europe

Tout part d’un rapport publié en octobre 2024 par l’association BLOOM et l’ONG Foodwatch. Leur enquête frappe fort : 148 boîtes de thon analysées dans cinq pays européens, dont la France. Bilan ? Chaque conserve contenait du mercure. Plus de la moitié dépassait 0,3 mg/kg, et une boîte Petit Navire atteignait le taux record de 3,9 mg/kg — soit près de quatre fois le seuil européen autorisé. Le mercure est classé « cancérogène possible » par le Centre international de recherche contre le cancer. L’Anses rappelle aussi qu’il attaque le système nerveux. Face au tollé, Petit Navire a lancé entre mars et mai son opération « Faites le test » : envoie ta boîte, un labo indépendant l’analyse, tu es remboursé. Un geste de transparence — ou de communication de crise. Reste à savoir ce que les analyses ont vraiment donné.

L’UFC-Que Choisir n’a pas attendu qu’on l’invite. Elle a acheté deux conserves et les a expédiées, comme pour d’autres aliments suspects. Les résultats dessinent une réalité plus nuancée — mais pas forcément rassurante.

Les résultats de l’UFC-Que Choisir : conformes, mais pas innocents

Deux boîtes ont été envoyées au laboratoire : une de thon albacore, une de thon germon. La première affiche 0,27 mg/kg de mercure, la seconde 0,45 mg/kg. Techniquement, les deux respectent la réglementation européenne. Sauf que le diable se cache dans les seuils. La boîte d’albacore frôle la limite de 0,3 mg/kg, celle qui s’applique aux petits poissons comme la sardine ou le maquereau. Le thon, lui, bénéficie d’un seuil bien plus généreux : 1 mg/kg, le même que pour l’espadon ou le requin.

Pourquoi cette différence ? Parce que les gros prédateurs accumulent naturellement plus de mercure dans leurs tissus. Mais le risque sanitaire, lui, ne change pas selon la taille du poisson dans ton assiette. L’UFC-Que Choisir le dit clairement : « Il est impossible de conclure que manger du thon n’expose pas au mercure. » BLOOM et Foodwatch dénoncent cette tolérance réglementaire qu’elles jugent injustifiable. Et il y a un autre problème, moins visible, que presque personne ne connaît.

Conserves de thon alignées sur une étagère de supermarché

Le piège invisible : la conserve concentre le mercure jusqu’à 3 fois

Certains dangers passent sous les radars parce qu’aucune norme ne les encadre. C’est exactement le cas ici. Les seuils européens sont définis pour le thon frais — jamais pour le thon en conserve. Or la cuisson et la déshydratation concentrent le mercure. Selon BLOOM et Foodwatch, le taux réel dans une boîte serait deux à trois fois supérieur à celui du poisson cru d’origine.

Concrètement, toute personne pesant moins de 70 kg — et a fortiori les enfants — dépasserait la dose hebdomadaire tolérable fixée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments en mangeant seulement 100 g de thon par semaine. L’Anses a d’ailleurs divisé par deux sa propre recommandation, désormais fixée à 0,1 microgramme de mercure par kilo de poids corporel et par jour. En France, le mercure est détecté chez quasiment 100 % des adultes et des enfants, un niveau plus élevé que dans la plupart des pays voisins. Le thon en conserve n’explique pas tout, mais il y contribue — en silence.

La prochaine fois que tu ouvriras une boîte de thon, tu sauras : elle est légale, mais pas neutre. Le vrai scandale n’est pas dans la conserve elle-même, c’est dans des seuils réglementaires qui n’ont jamais été pensés pour ce que tu manges vraiment. Et toi, tu savais que la mise en boîte changeait tout ?

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