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Ce comprimé conserve 80 % de la perte de poids après l’arrêt d’Ozempic

Publié par Killian le 23 Mai 2026 à 7:00
Comprimé blanc posé sur un comptoir de cuisine au soleil

Des millions de patients dans le monde redoutent le même scénario : arrêter leurs injections d’Ozempic ou de Wegovy et voir les kilos revenir en quelques mois. Ce phénomène de rebond, documenté par plusieurs études récentes, mine la confiance envers les traitements antiobésité. Mais un essai clinique tout juste publié dans Nature Medicine change la donne : un comprimé quotidien, bien moins cher que les injections, permettrait de conserver l’essentiel du poids perdu. Voici ce que révèlent les chiffres.

Pourquoi l’arrêt des injections GLP-1 fait reprendre du poids à 376 patients testés

Les médicaments analogues du GLP-1 — cette hormone qui régule la glycémie et l’appétit — ont été présentés comme révolutionnaires. Sémaglutide (Ozempic, Wegovy) et tirzépatide (Mounjaro) provoquent des pertes de poids spectaculaires, parfois supérieures à 15 % du poids initial. Le problème survient après : dès l’arrêt, le corps réclame ses réserves. Les kilos reviennent, la tension artérielle remonte, le cholestérol se dégrade.

C’est précisément ce cercle vicieux que les chercheurs ont voulu briser. L’essai, présenté au 33e congrès européen sur l’obésité à Istanbul en mai 2026, a suivi 376 patients. Tous avaient reçu des injections hebdomadaires pendant soixante-douze semaines. Ensuite, une partie a basculé vers un comprimé quotidien, l’autre vers un placebo. Les médecins redoutent particulièrement l’effet rebond à l’arrêt de ces traitements, et les résultats obtenus allaient enfin apporter une réponse concrète.

Orforglipron : le comprimé qui maintient jusqu’à 80 % du poids perdu

Le médicament testé s’appelle orforglipron. C’est une forme orale du sémaglutide, la molécule active d’Ozempic. Au bout d’un an de prise quotidienne, les résultats sont nets. Les patients qui avaient maigri sous Mounjaro conservaient 75 % de leur perte de poids avec l’orforglipron, contre seulement 49 % sous placebo. Ceux qui venaient d’Ozempic ou de Wegovy faisaient encore mieux : 80 % de la perte maintenue, contre 38 % avec le placebo.

Au-delà de la balance, les bénéfices métaboliques suivaient. Tension artérielle, taux de cholestérol, glycémie : les améliorations obtenues sous injection restaient largement préservées. Louis Aronne, médecin chercheur américain et pionnier dans le domaine de l’obésité, a confirmé que ses patients posaient tous la même question : « Est-ce que je garderai le bénéfice si je change de traitement ? » Les données répondent désormais par l’affirmative. Ce comprimé, déjà commercialisé aux États-Unis depuis avril 2026 sous le nom Foundayo, coûte bien moins cher que les injections hebdomadaires. Reste une inconnue de taille.

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Pourquoi certains experts appellent à la prudence malgré ces résultats

Le remboursement des médicaments GLP-1 fait déjà débat en France, et l’arrivée de l’orforglipron ne simplifiera pas les choses. Daniel Drucker, chercheur à l’université de Toronto, tempère l’enthousiasme. Selon lui, ces comprimés « offrent une solution à ceux qui préfèrent la prise quotidienne aux injections », mais il manque encore des données de sécurité à long terme. Les formes injectables existent depuis plusieurs années ; l’orforglipron oral n’a que quelques mois de recul clinique.

L’essai, aussi prometteur soit-il, portait sur 376 volontaires seulement. Les effets secondaires gastro-intestinaux — nausées, diarrhées — restent présents, même s’ils sont généralement modérés. Et personne ne sait encore ce qui se passe quand on arrête aussi le comprimé. Le spectre du rebond pourrait simplement être décalé dans le temps plutôt qu’éliminé.

Un comprimé quotidien qui préserve 80 % du poids perdu sous injection : le résultat est réel, mais l’histoire de l’obésité nous a appris que les solutions miracles exigent toujours un astérisque. La vraie question reste ouverte : faudra-t-il prendre ce traitement à vie pour ne jamais reprendre un gramme ?

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