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Selon une méta-analyse, le QI mondial perd 1,8 point par décennie depuis 1986

Publié par Gabrielle Nourry le 20 Mai 2026 à 6:31
Bureau avec livre ouvert et smartphone posé à côté

On vit dans un monde ultra-connecté, bardé de technologies et d’intelligence artificielle. Logiquement, on devrait être de plus en plus malins. Sauf que non. Une méta-analyse menée sur 300 000 individus dans 72 pays montre que le quotient intellectuel moyen recule depuis la fin des années 1980. Le plus troublant ? Les gènes n’y seraient pour presque rien. Les vrais coupables se cachent ailleurs.

De 1948 à 1985, le QI grimpait — puis la courbe s’est brutalement inversée

Pendant près de quatre décennies, l’humanité semblait devenir plus futée. Entre 1948 et 1985, le QI moyen progressait de 2,4 points par décennie. C’est ce qu’on appelle l’effet Flynn, du nom du chercheur qui l’a décrit : chaque génération surpassait la précédente aux tests cognitifs. Meilleure alimentation, accès à l’éducation, systèmes de santé plus performants — tout tirait les scores vers le haut.

Puis quelque chose s’est cassé. À partir de 1986, la tendance s’inverse. Le QI perd désormais 1,8 point tous les dix ans. Pas dans un seul pays, pas dans une seule tranche d’âge : le phénomène touche la majorité des nations occidentales. En parallèle, l’intelligence artificielle prend le relais de nos cerveaux. Un hasard de calendrier ? Les scientifiques ne le pensent pas.

Reste une question essentielle : si ce n’est pas une question de capacités innées, qu’est-ce qui fait reculer nos performances cognitives ?

L’étude norvégienne qui a balayé la piste génétique en comparant des frères et sœurs

En 2018, deux économistes norvégiens, Bernt Bratsberg et Ole Rogeberg, publient une étude décisive dans la revue PNAS. Leur méthode est redoutable : ils compilent plus de 735 000 observations et comparent les scores de QI entre frères et sœurs nés à plusieurs années d’intervalle. Même parents, même foyer, même niveau d’éducation familiale — et pourtant, les cadets obtiennent des résultats inférieurs.

Ce constat change tout. Si l’hérédité et le milieu familial ne suffisent pas à expliquer l’écart, c’est que les responsables sont extérieurs au noyau familial. Les chercheurs pointent notamment la qualité de l’enseignement, l’exposition aux écrans, la dégradation de l’alimentation ou encore la pollution chimique. Des facteurs environnementaux, tous apparus ou amplifiés après 1975 — pile au moment où les habitudes cognitives ont commencé à muter.

Mais si le problème vient de notre environnement, cela signifie aussi qu’il n’est pas irréversible. Et c’est là que le dernier volet de la recherche devient passionnant.

Assiette de saumon, avocat et noix sur table en bois

Écrans, lecture et mémoire : les 3 leviers concrets pour inverser la tendance

Les scientifiques l’affirment : cette baisse n’est pas une fatalité. Puisque les causes sont environnementales, elles sont modifiables. Parmi les leviers identifiés, la lecture quotidienne arrive en tête. Lire un livre stimule la mémoire de travail, la capacité d’analyse et le raisonnement abstrait — trois composantes directement mesurées par les tests de QI.

À l’inverse, déléguer notre réflexion aux algorithmes fragilise notre cognition. Quand on laisse une IA résumer un article ou un GPS calculer notre itinéraire, on sollicite moins notre mémoire spatiale et notre esprit critique. Ce n’est pas un procès de la technologie : c’est un constat mesuré par les neurosciences.

Troisième levier : l’alimentation. Les régimes riches en oméga-3, en légumes verts et pauvres en ultra-transformés sont corrélés à de meilleures performances cognitives, en particulier chez les enfants. Autrement dit, ce que nous mettons dans notre assiette pèse autant que ce que nous mettons dans notre cerveau.

Le QI n’est pas gravé dans le marbre. C’est un thermomètre, et la bonne nouvelle, c’est qu’on peut encore faire remonter la température. Nos habitudes quotidiennes — lire un chapitre avant de dormir, cuisiner au lieu de scroller — pèsent peut-être plus lourd qu’un patrimoine génétique. Et si le geste le plus intelligent de la décennie, c’était simplement de poser son téléphone ?

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