Le Canon français : propos racistes et saluts nazis constatés lors d’un « banquet géant » à Caen ?
Le 18 avril dernier, plus de 4 000 personnes se retrouvaient au parc des expositions de Caen pour un « banquet géant » organisé par le Canon français. Sur le papier, l’événement célèbre le terroir et le patrimoine. Dans les faits, un journaliste de France Inter présent sur place a enregistré tout autre chose : des propos ouvertement racistes et des gestes qui s’apparentent à des saluts nazis. Le tout capté par des micros cachés et une caméra.

Un bras tendu pendant La Marseillaise
La scène se déroule au moment où toute la salle entonne l’hymne national. Au milieu des convives, au moins un homme lève le bras, paume vers le bas, à deux reprises. Le geste est filmé. Il ressemble, trait pour trait, à un salut nazi.
Interrogé par France Inter, Géraud du Fayet de la Tour, cofondateur du Canon français, assure ne « pas voir de salut nazi sur les images ». Une réponse qui a du mal à convaincre quand on regarde la séquence. Le journaliste, lui, était à quelques mètres. Ce qu’il a capté ensuite avec ses micros est encore plus explicite.
« Il y a nous, puis il y a les animaux en face »
Entre deux verres, un participant se lâche. Il confie ne travailler « qu’avec des gens avec lesquels » il est « obligé de parler anglais, allemand et sénégalais ». Sa conclusion : « c’est la merde ». Puis il enchaîne avec une phrase qui se passe de commentaire : « Ici, il y a nous, puis il y a les animaux en face. »
Le même homme se dit « content de se dire qu’on n’est pas seuls au monde ». Il poursuit en déclarant n’avoir « confiance en personne » et être « partisan d’une révolution ». Des propos captés en situation, sans provocation du journaliste, au milieu d’un événement qui rassemble des milliers de personnes dans une ambiance festive. L’affaire rappelle d’autres dérapages récents, comme celui d’une candidate politique à Caen photographiée avec une casquette nazie.
Du cochon comme « repoussoir »
Le moment du plat principal a lui aussi donné lieu à des sorties glaçantes. Quand le cochon arrive sur les tables, plusieurs convives lancent, assez fort pour que les micros les captent : « Il faut mettre du cochon », « Le cochon fait fuir, avec du cochon, tu es tranquille. »

Difficile de ne pas comprendre le sous-texte. L’allusion vise les personnes de confession musulmane, et elle est formulée avec une satisfaction à peine voilée. Dans un banquet censé « valoriser le terroir », la gastronomie sert ici de prétexte à un discours d’exclusion décomplexé. Ce type de propos déshumanisants fait écho à d’autres faits récents, comme cette attaque contre une école juive en Alsace accompagnée de slogans nazis.
Pierre-Edouard Stérin, l’ombre du milliardaire ultraconservateur
Le Canon français se présente comme une entreprise événementielle apolitique. Ses cofondateurs, Géraud du Fayet de la Tour et Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse, répètent faire « de l’événementiel, pas de la politique ». Ils mettent en avant une charte de bonne conduite et condamnent officiellement le racisme.
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Sauf que depuis quelques mois, un nom plane au-dessus de l’entreprise : celui de Pierre-Edouard Stérin. Le milliardaire ultraconservateur, connu pour ses positions très à droite et ses investissements dans des médias et mouvements conservateurs, est devenu actionnaire du Canon français. Un rapprochement qui interroge sur la nature réelle de ces rassemblements.
Le lien entre grandes fortunes et extrême droite n’est d’ailleurs pas un phénomène isolé. France Inter a également documenté le rapprochement entre le RN et certains grands patrons, un mouvement de fond qui se renforce depuis plusieurs mois. L’arrivée de Stérin au capital du Canon français s’inscrit dans cette dynamique.
Des villes qui commencent à dire non
Tout le monde ne ferme pas les yeux. Plusieurs municipalités ont décidé d’annuler les banquets prévus sur leur territoire. Quimper, dans le Finistère, a été l’une des premières à faire machine arrière. D’autres communes ont suivi, refusant de prêter leurs salles ou espaces publics à l’organisation.

Ces annulations ont déclenché des vagues de haine sur les réseaux sociaux. Les élus concernés ont reçu des menaces et des insultes, un schéma devenu classique dès qu’une collectivité s’oppose à ce type d’événement. La pression est réelle : entre le risque de polémique si le banquet a lieu, et le harcèlement en ligne si on l’annule, les maires se retrouvent dans une position impossible.
Un modèle qui prospère dans l’angle mort
Le Canon français n’est ni un parti politique, ni une association militante. C’est une entreprise privée qui vend des places à des banquets. Et c’est précisément ce qui rend le phénomène difficile à encadrer. Juridiquement, organiser un dîner géant autour de produits du terroir n’a rien d’illégal. Les propos racistes tenus par des participants, eux, le sont — mais encore faut-il que quelqu’un les enregistre.
C’est exactement ce qu’a fait le journaliste de France Inter, au milieu de 4 000 convives, armé de micros cachés. Son reportage pose une question simple : quand un événement attire systématiquement ce type de public et ce type de discours, à quel moment cesse-t-on de parler de « cas isolés » ? La charte de bonne conduite brandie par les organisateurs pèse peu face aux images et aux enregistrements.
L’histoire du Canon français, c’est celle d’un produit marketing bien ficelé — terroir, patrimoine, convivialité — qui sert de couverture à des rassemblements où le racisme s’exprime à visage découvert. La question n’est plus de savoir si ça existe. C’est de savoir combien de temps ça peut continuer.
- 08/05/2026 à 16:06Les journalistes médiocres, étiquetés comme tels, cherchent la moindre occasion pour diffuser leur venin anti-français. Ils interprètent des gestes innocents comme des salutations nazies alors que les gens veulent simplement s'amuser. Lever le bras devient un signal, parler de patriotisme est perçu comme du racisme qui surgit à toute vitesse.
- 08/05/2026 à 08:09Les journalistes scrutent la moindre parole ou geste lors de ces banquets, par contre quand des sauvages détruisent les rues de Paris, ils dorment.
- 08/05/2026 à 07:31Vous parlez des saluts nazis ,je vous rappelle que les nazis au départ étaient des personnes de gauche, alors toujours parler d’extrême droite c’est lassant ,d’autant plus qu’aujourd'hui c’est plutôt LFI qui represent le plus les NAZIS !
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