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Aubameyang vide un extincteur sur un membre du staff de l’OM : la sanction est tombée

Publié par Elsa Lepic le 10 Mai 2026 à 11:06

Une mise au vert censée resserrer les rangs après une humiliation à Nantes. Un attaquant de 36 ans qui décide de « mettre de l’ambiance ». Et un ancien champion d’athlétisme qui retrouve sa chambre recouverte de poudre blanche. À deux journées de la fin du championnat, l’OM n’avait vraiment pas besoin de ça.

Quatre nuits à la Commanderie : l’idée qui a dérapé

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Retour en arrière. Dimanche dernier, l’Olympique de Marseille se fait étriller 3-0 à Nantes. Une claque. Le genre de score qui laisse des traces dans un vestiaire déjà fragilisé. La direction décide alors d’imposer une mise au vert prolongée au centre d’entraînement de la Commanderie.

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Du lundi après-midi au vendredi midi, les joueurs sont consignés sur place. Quatre nuits complètes entre les murs du centre, loin de leur domicile. L’objectif est clair : recréer du collectif, se reconcentrer, préparer le déplacement au Havre dans les meilleures conditions.

Sauf que la soirée du jeudi a pris une tournure très différente de ce que la direction avait en tête. Et un joueur en particulier s’est distingué de la pire des manières.

« Colonie de vacances » : ce qui s’est passé jeudi soir

Selon plusieurs sources au sein du club, relayées par RMC Sport, le jeudi soir a viré au « gros chahut ». Plusieurs joueurs ont semé le désordre dans les chambres du centre d’entraînement, laissant derrière eux un joyeux bazar.

Parmi eux, Pierre-Emerick Aubameyang. L’attaquant gabonais de 36 ans ne s’est pas contenté de participer à l’agitation générale. Il est allé beaucoup plus loin. D’après les informations de L’Équipe, l’ancien Gunner a attrapé un extincteur et l’a intégralement vidé dans la chambre de Bob Tahri.

Extincteur vidé sur un lit recouvert de poudre blanche dans une chambre de centre d'entraînement

Le lit, les affaires personnelles, les vêtements : tout y est passé. La poudre chimique a recouvert l’ensemble de la pièce. Bob Tahri, ancien champion de France du 3 000 mètres steeple reconverti dans l’encadrement sportif de l’OM, n’a pas du tout apprécié la blague. On le comprend.

L’ancien athlète a remonté la scène directement à la direction du club. Confronté aux faits, Aubameyang aurait expliqué qu’il voulait simplement « mettre de l’ambiance », dans une soirée organisée façon « colonie de vacances ». Une défense qui n’a convaincu personne au sein de l’état-major marseillais.

Des excuses, mais une sanction immédiate

Le vendredi matin, Aubameyang a présenté ses excuses à Bob Tahri, puis à la direction du club. L’international gabonais semblait avoir pris conscience que sa « blague » avait largement dépassé les limites. Un geste d’apaisement, certes. Mais insuffisant aux yeux de ses dirigeants.

La décision est tombée dans la foulée : Aubameyang est écarté du groupe pour le déplacement au Havre, dimanche, en Ligue 1. Pas de convocation, pas de banc. Une mise à l’écart sèche, à deux journées de la fin du championnat. Le genre de sanction qui envoie un message clair à l’ensemble du vestiaire.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un footballeur se retrouve sanctionné pour un comportement hors terrain cette saison. Wesley Fofana, à Chelsea, avait lui aussi fait parler de lui pour des raisons extra-sportives. Mais l’épisode marseillais a une saveur particulière, vu le contexte dans lequel il survient.

Un timing catastrophique pour l’OM

Parce que le vrai problème, au-delà de l’anecdote, c’est la situation sportive de Marseille. Septième de Ligue 1 à deux journées du terme, le club phocéen voit la Ligue des champions s’éloigner définitivement. Les chances de qualification sont désormais quasi nulles.

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Pire encore : l’OM pourrait terminer la saison sans le moindre ticket pour une compétition européenne. Ni Ligue des champions, ni Ligue Europa, ni même Conference League. Pour un club de cette envergure, avec son budget et ses ambitions affichées en début de saison, ce serait un échec cuisant.

C’est dans ce contexte que la frasque d’Aubameyang prend toute sa dimension. La mise au vert était justement censée resserrer les rangs après l’humiliation nantaise. Au lieu de ça, elle a produit l’exact inverse : un incident disciplinaire supplémentaire, une sanction individuelle, et un vestiaire qui donne l’image d’un groupe en roue libre. Le vestiaire qui implose, c’est un mal qui ne touche pas que le Real Madrid cette saison.

Aubameyang, un joueur habitué aux frasques

Pour ceux qui suivent la carrière de Pierre-Emerick Aubameyang, l’épisode n’est pas totalement surprenant. L’attaquant s’est toujours revendiqué comme un personnage décalé, amateur de voitures customisées, de looks extravagants et d’humour de vestiaire. À Dortmund comme à Arsenal, il avait déjà été sanctionné pour des retards répétés ou des manquements disciplinaires.

C’est d’ailleurs à cause de problèmes de comportement qu’Arsenal l’avait déchu du brassard de capitaine avant de le laisser filer au FC Barcelone en janvier 2022. Une histoire qui se répète, quatre ans plus tard, sous d’autres couleurs. À 36 ans, on pourrait penser que ce type d’écarts appartient au passé. Visiblement non.

Ce qui interpelle aussi, c’est que plusieurs joueurs étaient impliqués dans le chahut de jeudi soir. Mais seul Aubameyang a été sanctionné publiquement. La direction a visiblement jugé que vider un extincteur sur un membre du staff constituait un cran au-dessus du simple désordre dans les chambres. Et elle n’a pas tort : entre retourner des oreillers et asperger de poudre chimique les affaires d’un collègue, il y a un fossé.

Bob Tahri, la victime silencieuse de l’affaire

On parle beaucoup d’Aubameyang dans cette histoire. Moins de Bob Tahri, qui est pourtant celui qui a subi la « blague ». L’ancien athlète de haut niveau, champion de France et finaliste mondial sur 3 000 mètres steeple, fait partie du staff sportif de l’OM depuis plusieurs mois. Un rôle d’encadrement, de préparation, de lien entre le terrain et les bureaux.

Retrouver sa chambre, son lit et ses affaires personnelles noyés sous la poudre d’extincteur, c’est autre chose qu’une simple blague potache. C’est un manque de respect envers un professionnel qui fait son travail. Le fait que Tahri ait immédiatement remonté l’incident à la direction montre que l’ancien athlète n’a vu aucun humour dans la situation. Et la direction lui a donné raison.

L’épisode rappelle d’autres débordements dans le football professionnel. Neymar qui gifle un jeune à l’entraînement, Dugarry qui raconte avoir reçu une claque de Laurent Blanc : les vestiaires de football sont des lieux de tension où la frontière entre camaraderie et dérapage est parfois très mince.

Et maintenant, quelle fin de saison pour Marseille ?

Dimanche, l’OM se déplacera donc au Havre sans son attaquant gabonais. Un match que les Marseillais n’ont pas le droit de perdre s’ils veulent conserver un infime espoir de qualification européenne. Mais soyons honnêtes : à ce stade, c’est surtout l’honneur et la crédibilité du projet marseillais qui sont en jeu.

L’affaire de l’extincteur restera comme le symbole d’une saison qui a déraillé. Une saison où les ambitions initiales se sont fracassées sur des résultats décevants, des tensions internes et des épisodes extrasportifs qui auraient pu être évités. Pour les grands clubs en crise, la communication de crise ne suffit pas toujours à masquer les problèmes de fond.

Reste une question : Aubameyang, en fin de contrat dans quelques semaines, a-t-il disputé son dernier match sous le maillot olympien ? Possible. Si c’est le cas, il aura quitté la scène marseillaise de la manière la plus Aubameyang qui soit : dans un nuage de poudre blanche, avec le sourire — et une sanction en guise d’au revoir.

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