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« Une tarte dans la gueule ! » : Christophe Dugarry raconte le jour où Laurent Blanc l’a frappé sur le terrain

Publié par Elsa Lepic le 06 Mai 2026 à 11:35
« Une tarte dans la gueule ! » : Christophe Dugarry raconte le jour où Laurent Blanc l'a frappé sur le terrain

Deux champions du monde 1998, un corner disputé, et une gifle qui claque. Christophe Dugarry a livré sur RMC une anecdote de vestiaire devenue culte, dans laquelle il raconte comment Laurent Blanc lui a remis les idées en place de la plus directe des manières. Un souvenir que l’ex-Girondin savoure aujourd’hui avec le sourire — et une pointe de nostalgie pour un football où les coups faisaient partie du décor.

Le gamin bordelais qui n’avait peur de rien

Stade de football français la nuit avec le drapeau de corner au premier plan

Avant de devenir champion du monde, Christophe Dugarry a d’abord été un pur produit des Girondins de Bordeaux. C’est là, dans le vestiaire bordelais, qu’il forme avec un certain Zinédine Zidane et Bixente Lizarazu le fameux « Triangle bordelais ». Un trio qui va marquer le football français des années 1990 et préfigurer l’épopée de la Coupe du monde 1998.

Christophe Dugarry

À 17 ou 18 ans, « Duga » est un attaquant fougueux, un peu tête brûlée, qui ne recule devant personne. Ni devant un défenseur adverse, ni devant un coéquipier plus expérimenté. C’est précisément cette insouciance qui va lui valoir une leçon mémorable, infligée par un certain Laurent Blanc.

Car le jeune Dugarry ne mesure pas encore la hiérarchie tacite qui règne sur les terrains de Ligue 1. Sur un corner, il décide de se frotter physiquement à « Le Président » — un surnom que Blanc n’a pas volé. La réponse ne se fait pas attendre, et elle n’a rien de diplomatique.

« J’ai voulu lui mettre un coup… »

C’est en 2018, au micro de RMC, que Dugarry raconte la scène dans le détail. L’ancien attaquant des Bleus ne mâche pas ses mots : « Quand j’étais un petit con de 17 ou 18 ans, je n’avais pas peur d’y aller. » Le ton est posé, presque amusé. Mais la suite est plus directe.

« J’ai débuté, je me suis frotté à Laurent Blanc sur un corner… J’ai voulu lui mettre un coup, il m’a mis une tarte dans la gueule ! » Pas de détour, pas d’euphémisme. Une gifle en plein match, entre deux joueurs qui se retrouveront plus tard sous le même maillot bleu pour soulever le trophée le plus prestigieux du football mondial.

christophe dugarry zinedine zidane didier deschamps

Ce qui frappe dans cette anecdote, c’est la manière dont Dugarry la raconte. Aucune rancœur, aucune amertume. Juste la nostalgie d’une époque où les rapports de force se réglaient directement, sans VAR, sans commission de discipline, sans polémique sur les réseaux sociaux. Pour lui, cette gifle fait partie de l’apprentissage. Un rite de passage, en quelque sorte.

En creux, l’ex-international pointe du doigt un football contemporain qu’il juge « un peu mou du genou ». Plus qu’un simple souvenir, cette châtaigne reçue à l’adolescence résume une philosophie : sur le terrain, on apprend par la confrontation. Mais cette vision du jeu renvoie aussi au parcours singulier de celui qui a distribué la leçon.

Laurent Blanc : 1m92 et le surnom qui dit tout

Quand on comprend qui était Laurent Blanc à l’époque de cette anecdote, la gifle prend une tout autre dimension. Le défenseur, du haut de ses 1m92 — une taille très atypique dans le monde du ballon rond —, est déjà un joueur respecté et craint. Il a commencé sa carrière au Montpellier HSC, où il reste huit saisons et décroche la Coupe de France en 1990.

Avant de croiser la route du jeune Dugarry, Blanc a déjà enchaîné les victoires : championnat de France et Coupe de France avec l’AJ Auxerre. Le surnom « Le Président » ne doit rien au hasard. Sur le terrain, il impose son autorité avec un calme souverain — sauf, visiblement, quand un gamin de 17 ans vient lui chercher des noises sur corner.

Après sa carrière de joueur, Blanc décroche son diplôme d’entraîneur et prend les rênes des Girondins de Bordeaux. Entre 2010 et 2012, il est propulsé sélectionneur de l’équipe de France. Puis il dirige le Paris Saint-Germain pendant trois saisons. En 2024, à l’aube de la soixantaine, il signe en Arabie saoudite pour prendre en main le Al-Ittihad Club.

Deux trajectoires, une même passion

De son côté, Dugarry range le maillot bleu au vestiaire en 2002. Mais l’homme ne sait pas rester immobile. Il file Outre-Manche et intègre les rangs de Birmingham City, avant un détour d’une saison au Qatar. En 2005, il accroche définitivement les crampons au clou et se reconvertit dans le commentaire sportif, devenant l’une des voix les plus clivantes — et les plus écoutées — du paysage médiatique français.

Aujourd’hui, Dugarry et Blanc font figure de vaches sacrées du football français, au même titre que Zidane. Tous trois ont inscrit la première étoile sur le maillot des Bleus en 1998, sous la houlette d’Aimé Jacquet, un sélectionneur pourtant critiqué à l’époque par une partie de la presse. Chacun a ensuite continué à vivre du ballon rond par des voies différentes : consultant pour « Duga », entraîneur pour « Le Président », et les deux casquettes pour « Zizou ».

Quant à Bixente Lizarazu, le troisième homme du Triangle bordelais, il a lui aussi fait sa mue médiatique, devenant consultant pour TF1 et livrant régulièrement des analyses remarquées lors des grandes compétitions internationales.

La gifle comme symbole d’un football disparu

Ce qui rend l’anecdote de Dugarry si savoureuse, c’est qu’elle dépasse le simple fait divers de vestiaire. Derrière cette « tarte dans la gueule », il y a le portrait d’une époque. Dans les années 1990, les confrontations physiques sur le terrain étaient monnaie courante. Les arbitres laissaient jouer, les footballeurs réglaient leurs comptes entre eux, et personne ne sortait son téléphone pour filmer.

Dugarry le dit clairement : cette gifle ne l’a pas traumatisé. Elle l’a formé. Elle lui a appris qu’on ne provoque pas impunément un défenseur d’1m92 quand on est un gamin qui débute. Et surtout, elle n’a jamais empêché les deux hommes de se retrouver côte à côte, quelques années plus tard, pour écrire la plus belle page du football français.

Car c’est peut-être ça, la morale de l’histoire. Sur le terrain de la Coupe du monde 1998, celui qui avait giflé et celui qui avait encaissé portaient le même maillot. Ils couraient dans la même direction. Et quand le coup de sifflet final a retenti au Stade de France, la gifle de Bordeaux n’était plus qu’un souvenir lointain — transformé, des années plus tard, en une anecdote à raconter au micro de RMC en rigolant.

Dans le football d’aujourd’hui, où chaque tacle un peu appuyé déclenche une tempête sur les réseaux et une convocation disciplinaire, on imagine mal un tel scénario. Les stars du ballon rond actuelles évoluent dans un environnement ultra-surveillé, filmé sous tous les angles, commenté en temps réel. Une gifle sur un corner en 2025 ferait le tour du monde en trente secondes.

Dugarry, lui, a attendu vingt ans pour en parler. Et quand il l’a fait, c’était avec le sourire d’un homme qui sait que cette époque est révolue — et qui l’assume complètement. « Le Président » lui a mis une tarte. Et « Duga » lui dit merci.

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