Liste de Didier Deschamps : il livre ses vérités sur la dernière liste des Bleus avant la Coupe du monde
Il y a des moments qui marquent une page de l’histoire du football français. Ce jeudi, Didier Deschamps a tenu sa dernière conférence de presse au siège de la FFF en tant que sélectionneur des Bleus.
L’occasion pour lui de dévoiler la liste des joueurs appelés pour la tournée en Amérique du Sud — Brésil et Colombie au programme — mais aussi de lâcher des confidences qui n’engagent que lui.
Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas mâché ses mots.
Un dernier discours chargé d’émotion à la FFF

Avant même de répondre aux journalistes, Deschamps a pris la parole pour un mot personnel. Un geste rare, presque inhabituel chez un homme réputé pour sa sobriété.
« Je voudrais remercier l’ensemble des salariés de la FFF qui m’ont supporté pendant 14 ans », a-t-il déclaré, visiblement ému.
Quatorze ans. Deux étoiles mondiales. Un palmarès hors norme. Et pourtant, c’est avec une simplicité désarmante qu’il a choisi de clore ce chapitre.
Un hommage discret, mais qui résume bien l’homme. Pour en savoir plus sur la question de sa succession, on se souvient que la FFF avait déjà dû trancher sur l’avenir de Deschamps face à l’option Zidane.
Brésil et Colombie : une tournée loin d’être idéale

Sur le plan sportif, le technicien a été direct : cette tournée en Amérique du Sud n’est pas dans des conditions optimales.
« Cette tournée n’est pas idéale sportivement avec des enchaînements », a-t-il reconnu sans détour. Séances d’entraînement réduites, décalage horaire, matchs en trois jours… les contraintes s’accumulent.
Mais il refuse d’en faire un alibi. Affronter le Brésil, candidat sérieux au titre mondial cet été, et une Colombie redoutable, ce sont des tests à haute valeur ajoutée.
« C’est mieux que de jouer des matchs amicaux qui ne servent parfois pas à grand-chose », a-t-il tranché. Le message est clair : peu importe les conditions, il faut en tirer le maximum.
Le Brésil, il le connaît bien. Il connaît même son entraîneur, croisé à la Juventus. Et cette histoire entre les deux sélections, faite de respect mutuel et de grandes confrontations, ajoute une saveur particulière à la rencontre.
Mbappé : pourquoi il est bien dans la liste

Forcément, la question Kylian Mbappé ne pouvait pas être esquivée. Le capitaine des Bleus sortait d’une blessure au genou, et certains avaient imaginé une mise à l’écart prudente.
Deschamps a balayé les rumeurs d’un revers de main. « Rien n’est impossible, mais à partir du moment où il a respecté le protocole… »
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L’entraîneur a aussi tenu à couper court à une interprétation qui l’a visiblement agacé. Non, Mbappé n’est pas là pour des raisons marketing. Son retour chez les Bleus était motivé par une seule chose : sa volonté d’être avec le groupe en tant que joueur.
« Il voulait être là avec nous en tant que joueur », a insisté le sélectionneur. Une mise au point ferme.
Quant à son utilisation sur le terrain, Deschamps a indiqué qu’il allait faire tourner l’effectif sur les deux matchs. « Est-ce que Kylian sera concerné ? C’est probable. » Pas de certitude, mais une porte grande ouverte.
Barcola, Kolo Muani : des choix qui font débat
Bradley Barcola n’est pas du voyage. Blessé, il manque cette tournée alors qu’il était en pleine forme ces dernières semaines. Deschamps ne cache pas que l’ailier du PSG a désormais « la capacité d’être titulaire en équipe de France ».
Il trace même un parallèle avec Ousmane Dembélé, qui a lui aussi mis du temps avant d’atteindre son meilleur niveau. « Ce sont encore de jeunes joueurs. » Un message de patience, mais aussi de confiance.
Randal Kolo Muani, lui, fait son retour après une longue absence. Un choix qui a surpris plus d’un observateur, l’attaquant ne traversant pas la meilleure période de sa carrière.
Deschamps assume pleinement. Il rappelle ce que Kolo Muani a apporté à l’équipe de France par le passé, et souligne sa polyvalence. « Ceux qui ont déjà un vécu positif avec nous permettent d’aller plus dans leur sens. »
Une logique de fidélité, pas de sentiment. Une nuance importante.
Zaïre-Emery latéral, Udol, Hernandez : les coulisses de la liste

Warren Zaïre-Emery a parfois évolué en latéral droit avec le PSG cette saison. Peut-il dépanner à ce poste en sélection ? Deschamps est clair : il reste avant tout un milieu de terrain à ses yeux.
« Qu’il puisse dépanner… » La formulation est prudente. Pas question d’en faire une solution de fond.
Le nom de Mathieu Udol, le latéral gauche de Lens, a beaucoup circulé dans les médias. Deschamps reconnaît le suivre, mais sans s’emballer. « Ce n’est pas une question d’âge. » La porte n’est pas fermée, mais rien n’est acquis non plus.
Sur le côté gauche, la hiérarchie reste floue entre Lucas Digne, Théo Hernandez et d’éventuels nouveaux entrants. La concurrence est ouverte, et le sélectionneur ne veut fermer aucune porte à deux mois du Mondial.
La liste finale : rendez-vous le 13 mai

C’est la date qui fait foi. Le 13 mai au soir, Deschamps révélera le groupe officiel qui partira à la Coupe du monde 2026.
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Combien de joueurs ? La réponse dépendra des situations. L’objectif est d’avoir trois options par poste, qu’il faille 23, 24, 25 ou 26 joueurs pour y parvenir.
Mais Deschamps met en garde contre les conclusions hâtives. Jules Koundé est blessé. Barcola aussi. Des situations peuvent évoluer en deux mois. Des joueurs peuvent monter en puissance, d’autres décliner.
« Je vais me reposer les mêmes questions pour la prochaine liste. Et encore plus. » L’homme reste sur ses gardes jusqu’au bout.
Il y a aussi une réalité logistique à gérer. Avec 26 joueurs, les entraînements collectifs à onze contre onze deviennent compliqués. « Je ne me vois pas faire du douze contre douze, à moins de changer de sport », a-t-il glissé avec une pointe d’humour.
Un héritage de 14 ans qui se referme
Derrière les questions tactiques et les noms de joueurs, il y a une réalité : Didier Deschamps vit ses dernières semaines à la tête de l’équipe de France.
Sa relation avec les Bleus et la question de sa succession ont alimenté les débats pendant de longs mois. Aujourd’hui, il reste concentré sur l’essentiel : préparer au mieux un groupe pour aller chercher un titre mondial cet été.
La tournée en Amérique du Sud ne sera pas parfaite. Lui-même le dit. Mais elle donnera des réponses. Et dans deux mois, la liste finale dira tout.
D’ici là, les joueurs savent ce qui les attend. La sélection ne se donne pas. Elle se mérite, match après match, jusqu’au 13 mai.
On pense notamment à l’état d’esprit de Mbappé, scruté de près depuis plusieurs semaines, ou encore aux tensions autour de ses absences passées en sélection, qui avaient provoqué de vifs débats. Cette fois, il est bien là.
Et pour les supporters qui suivent chaque liste comme un événement national, le compte à rebours avant la grande compétition est désormais lancé. Avec, pour la première fois depuis 2012, la certitude que Deschamps ne sera plus là pour la suite.
Une page se tourne. Et le football français retient son souffle.