Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Sport

Marion Rousse sans détour sur Alaphilippe : « Il vieillit, on le paie cash face aux Pogacar »

Publié par Elsa Lepic le 28 Avr 2026 à 9:22

Julian Alaphilippe n’a pas pris le départ de Liège-Bastogne-Liège ce dimanche 27 avril. Troisième forfait consécutif en deux semaines pour le double champion du monde, tombé malade mi-avril. Sa compagne Marion Rousse a brisé le silence sur son état — et ses mots sur le déclin du coureur français ne laissent aucune place au doute.

Trois courses manquées en quinze jours

L’annonce est tombée samedi 25 avril, à la veille de la « Doyenne » des classiques. La formation Tudor a confirmé que Julian Alaphilippe ne prendrait le départ ni de Liège-Bastogne-Liège ni d’Eschborn-Francfort, « pour des raisons médicales ».

Julian Alaphilippe

Ce n’est pas un cas isolé. Avant ce double forfait, le coureur français de 33 ans avait déjà renoncé à l’Amstel Gold Race puis à la Flèche Wallonne — course remportée cette année par le prodige Paul Seixas à seulement 19 ans. Trois classiques ardennaises manquées d’affilée pour un coureur qui a longtemps fait de ces rendez-vous sa spécialité.

L’équipe suisse a précisé qu’Alaphilippe souhaitait « privilégier sa santé et garantir un retour complet à la compétition ». Des mots prudents, presque cliniques, qui contrastent avec la franchise de sa compagne.

Une maladie survenue en plein Tour du Pays Basque

Tout a basculé dans la nuit du 10 au 11 avril. Selon DirectVélo, le sextuple vainqueur d’étape sur le Tour de France est tombé malade juste avant le départ de la sixième étape du Tour du Pays Basque. Un coup d’arrêt brutal, alors que la campagne des classiques ardennaises devait constituer le temps fort de son printemps.

Julian Alaphilippe Marion Rousse

Depuis, plus aucune apparition en course. Quinze jours d’absence totale, sans la moindre communication officielle de Tudor sur la nature exacte du problème de santé. C’est finalement Marion Rousse, interrogée par le média belge HLN, qui a levé une partie du voile.

La directrice du Tour de France féminin a confirmé qu’Alaphilippe n’était « pas encore remis à 100 % ». Un euphémisme, au vu de la suite de ses déclarations. Mais au-delà de la maladie ponctuelle, ce sont ses mots sur l’état général du coureur qui ont marqué les esprits.

« Il vieillit aussi » : les mots cash de Marion Rousse

Marion Rousse n’a pas cherché à enrober la réalité. « Il a du mal, il n’est pas en forme. Il a besoin d’une pause pour retrouver de bonnes sensations et construire une base pour la suite de la saison », a-t-elle confié au média flamand. Des propos mesurés en apparence, mais qui prennent un tout autre poids quand on connaît la suite.

Car la consultante de France Télévisions a ensuite posé un constat sans filtre : « Il n’y a pas de miracle dans le cyclisme. Il vieillit aussi. Dans la génération actuelle, on le paie cash face aux Pogacar, Seixas, Evenepoel ou Van der Poel. » Quatre noms qui incarnent la nouvelle élite du peloton, et face auxquels le panache d’Alaphilippe ne suffit plus à compenser l’écart physique.

À lire aussi

À 33 ans, le Français se retrouve dans une position inconfortable. Pas assez vieux pour justifier une retraite, mais plus assez dominant pour rivaliser avec des coureurs qui ont entre 19 et 25 ans. Un entre-deux cruel que Marion Rousse décrit avec une lucidité rare pour une compagne de sportif — et qui rappelle les épreuves personnelles traversées par le champion ces dernières années.

« Il est trop tôt pour enterrer Julian »

Malgré ce diagnostic sévère, Marion Rousse refuse de tourner la page. Sa dernière déclaration au média belge tient du message d’espoir autant que du rappel à l’ordre pour les sceptiques : « Il est trop tôt pour enterrer Julian. Il aime toujours ce qu’il fait. Et je pense qu’il peut encore faire de belles choses : pas sur toute une saison, mais par éclairs, des coups d’éclat. »

Route de campagne sinueuse dans les collines verdoyantes du Pays Basque au lever du soleil

Des « éclairs » — le mot est choisi. C’est exactement ce qui a fait la légende d’Alaphilippe : des attaques solitaires improbables, des victoires arrachées au culot plutôt qu’à la régularité. La Classic de l’Ardèche remportée en 2023 en est l’illustration parfaite. Reste à savoir si le corps peut encore suivre quand l’esprit est prêt.

Le cyclisme professionnel ne pardonne pas les absences prolongées. Chaque semaine sans compétition creuse l’écart avec un peloton qui ne ralentit jamais. Et pendant qu’Alaphilippe récupère, la relève française a déjà pris le relais : dimanche, c’est Paul Seixas, 19 ans, qui s’est retrouvé en première ligne face à Tadej Pogacar sur Liège-Bastogne-Liège.

Seixas, Pogacar et la nouvelle ère du cyclisme

Difficile de ne pas voir un symbole dans ce passage de témoin. En l’espace de deux semaines, Paul Seixas a remporté la Flèche Wallonne — devenant le plus jeune vainqueur de l’histoire de la course — et s’est présenté au départ de la Doyenne comme le nouveau chef de file du cyclisme tricolore. Deux classiques qui étaient encore le terrain de jeu d’Alaphilippe il y a quelques saisons à peine.

Marion Rousse elle-même avait salué la performance de Seixas en Wallonie, en tant que directrice du Tour féminin. Un peloton professionnel ne s’arrête pour personne, et la génération qui arrive n’a pas l’intention d’attendre.

Pour Alaphilippe, la suite se jouera loin des projecteurs. Pas de calendrier de retour annoncé, pas d’objectif précis communiqué par Tudor. Juste cette certitude exprimée par sa compagne : le champion aime encore ce qu’il fait. Dans un sport où le mental fait parfois la différence autant que les watts, c’est peut-être le seul chiffre qui compte. Reste à transformer cette flamme en un dernier coup d’éclat — avant que la nouvelle génération ne referme définitivement la fenêtre.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *