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Victime d’un malaise cardiaque à 80 ans, il apprend son licenciement depuis son lit d’hôpital

Publié par Amõn Dissa le 03 Avr 2026 à 8:31

Dimanche 29 mars, Mircea Lucescu s’effondrait lors d’un entraînement à Bucarest, victime d’un grave trouble du rythme cardiaque. Quatre jours plus tard, alors qu’il est encore hospitalisé, la Fédération roumaine de football publie un communiqué annonçant la fin de leur collaboration. Le timing a de quoi glacer le sang.

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Un malaise cardiaque en pleine séance d’entraînement

Mircea Lucescu, 80 ans, apprend son licenciement depuis son lit d'hôpital

Tout a basculé trois jours après la défaite de la Roumanie en Turquie (1-0), un résultat synonyme de non-qualification à la Coupe du monde 2026. Mircea Lucescu, 80 ans, dirigeait une séance d’entraînement quand il a été pris d’un malaise. Selon l’hôpital Universitar de Urgență de Bucarest, il s’agissait d’un « trouble majeur du rythme cardiaque ».

Le site roumain GOLAZO.ro a précisé le diagnostic : une tachycardie ventriculaire, un emballement dangereux du cœur qui peut s’avérer fatal sans prise en charge immédiate. Mihai Stoichiță, directeur technique de la Fédération, a décrit la scène avec des mots glaçants : « Il est tombé malade, s’est assis sur une chaise et ne réagissait plus. L’ambulance est arrivée et l’a emmené d’urgence à l’hôpital. »

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Détail inquiétant : ce n’était pas la première alerte. Ces dernières semaines, alors que la Roumanie préparait une rencontre décisive pour son avenir en qualifications, Lucescu avait déjà dû être hospitalisé. Son corps envoyait des signaux clairs. Mais l’homme, légendaire pour sa ténacité, était revenu à chaque fois sur le banc. Ce malaise cardiaque rappelle tristement d’autres drames survenus sur les terrains ces dernières années.

Un communiqué publié alors qu’il est encore à l’hôpital

Le jeudi 2 avril, quatre jours après l’hospitalisation, la Fédération roumaine de football (FRF) a publié un communiqué officiel. Le texte est sobre, presque administratif. Il indique que Mircea Lucescu a « terminé son mandat en tant que sélectionneur de l’équipe nationale de Roumanie ». Pas de prolongation. Pas de discussion. C’est fini.

Le problème, c’est le contexte. Au moment où ce communiqué tombe, Lucescu est toujours dans un lit d’hôpital à Bucarest. Il se remet d’un épisode cardiaque grave. Et c’est dans ces conditions qu’il apprend — comme tout le monde — que la Fédération tourne la page. On a connu des façons plus élégantes de remercier une légende du football.

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Le président de la FRF, Răzvan Burleanu, a tenté d’arrondir les angles. Il a salué un homme ayant fait « preuve d’une passion et d’un dévouement sans limites ». Mieux encore, il a évoqué un futur rôle au sein de la Fédération, « afin que le football roumain bénéficie de toutes les connaissances accumulées par M. Lucescu au cours de sa carrière ». Des mots qui sonnent creux quand on vient de mettre quelqu’un dehors depuis son lit d’hôpital.

Mircea Lucescu, une carrière hors norme

Chambre d'hôpital vide avec un lit clinique blanc, un écharpe de football posée sur le garde-corps et un journal plié sur le matelas

Pour comprendre pourquoi ce traitement choque, il faut mesurer qui est Mircea Lucescu. Ce n’est pas un sélectionneur lambda. C’est l’un des entraîneurs les plus titrés de l’histoire du football d’Europe de l’Est. Son passage au Shakhtar Donetsk reste légendaire : douze ans sur le banc, une Coupe de l’UEFA en 2009, et un palmarès national que peu de techniciens peuvent revendiquer.

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Avec la Roumanie, c’était son deuxième mandat. Le premier remontait à 1981-1986, une autre époque. Nommé en août 2024 à 79 ans, il avait accepté de reprendre les rênes des Tricolorii par amour du maillot. À 80 ans, combien d’entraîneurs accepteraient encore cette pression ? Comme d’autres figures du sport qui luttent avec des problèmes de santé liés à l’âge, Lucescu s’est accroché à sa passion jusqu’à ce que son corps dise stop.

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Son bilan avec la sélection ne fut pas glorieux : l’élimination en barrages de la Coupe du monde 2026 est un échec sportif, c’est indéniable. Mais la manière dont la page a été tournée pose question.

Le monde du football réagit au « timing » de la Fédération

Sur les réseaux sociaux et dans la presse roumaine, la polémique enfle. Le mot qui revient partout : le timing. Personne ne conteste vraiment le fond de la décision. À 80 ans, après un malaise cardiaque grave et des hospitalisations répétées, le non-renouvellement de Lucescu pouvait se justifier. Certains estiment même que c’est la décision la plus responsable pour sa santé.

Ce qui pose problème, c’est la forme. Annoncer publiquement la fin d’une collaboration alors que l’intéressé est encore sous surveillance médicale, c’est au mieux maladroit, au pire irrespectueux. On aurait pu attendre sa sortie de l’hôpital. On aurait pu lui laisser l’occasion de s’exprimer. On aurait pu, tout simplement, faire preuve d’un minimum d’humanité. L’épisode n’est pas sans rappeler d’autres urgences cardiaques qui ont frappé le monde du sport français récemment.

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Le football professionnel est un monde brutal, on le sait. Les résultats commandent, les sentiments passent après. Mais même dans ce milieu, il y a des limites. Et la FRF les a allègrement franchies.

Ce que cette affaire dit du football moderne

Au-delà du cas Lucescu, cette séquence illustre un malaise plus profond. Le sport de haut niveau est devenu une machine qui ne s’arrête jamais. Pas même pour un malaise cardiaque. Pas même pour un homme de 80 ans qui a donné sa vie au football. La question de la santé des acteurs du football — joueurs comme entraîneurs — est de plus en plus pressante.

Les fédérations fonctionnent comme des entreprises. Les mandats ont des dates de début et de fin. Les communiqués sont rédigés par des services de communication. Et parfois, dans cette mécanique bien huilée, on oublie qu’il y a un être humain au bout. Un homme de 80 ans, dans un lit d’hôpital, qui découvre par un communiqué officiel que c’est terminé.

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Mircea Lucescu méritait mieux. Pas forcément un nouveau contrat — son état de santé rend la question secondaire. Mais au moins le respect d’attendre qu’il soit debout pour lui annoncer la nouvelle en face. Dans le monde du football, vieillir est rarement un atout. Ce jeudi, la Fédération roumaine l’a rappelé de la pire des manières.

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