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Cette île grecque oubliée des touristes pourrait bien faire de l’ombre à Santorin

Publié par Killian Ravon le 20 Mar 2026 à 12:30

À force de voir les mêmes images de Santorin, beaucoup de voyageurs finissent par croire que la Grèce insulaire se résume à quelques cartes postales saturées de visiteurs. Pourtant, dans le Dodécanèse, une autre île avance presque à contre-courant. Nísyros reste discrète, minérale, habitée, et surtout beaucoup moins exposée que les stars de la mer Égée.

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Port de Mandraki sur Nísyros, point d’entrée paisible de cette île grecque loin des foules
À Mandraki, l’arrivée sur Nísyros donne le ton d’un séjour plus lent, entre petit port, relief volcanique et atmosphère préservée.
Crédit : Dreizung

Le contraste avec Santorin n’est pas qu’une impression. Depuis plusieurs saisons, l’île emblématique fait face à une pression touristique telle que les autorités grecques ont même annoncé une taxe sur les arrivées de croisière à Santorin et Mykonos pour tenter de contenir le surtourisme. Nísyros, elle, apparaît encore comme une destination à l’écart des grands flux, sans pour autant être coupée du monde.

C’est justement ce qui la rend intéressante. On n’y vient pas pour cocher des lieux vus mille fois sur les réseaux sociaux. On y vient pour retrouver une Grèce plus silencieuse, faite de villages blancs, de petites places, de routes sèches et de baies sombres où la roche volcanique change la couleur du décor. Et plus on s’enfonce dans l’île, plus une autre réalité se dessine.

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Le monastère de Panagia Spiliani domine Mandraki depuis son promontoire rocheux. Crédit : Karelj.

Où se trouve Nísyros, l’île grecque qui échappe encore aux grands circuits

Nísyros se situe dans le Dodécanèse, entre Kos et Tilos, au sud-est de la mer Égée. L’île appartient à un petit ensemble volcanique et reste bien plus modeste que les destinations grecques les plus connues. Selon les résultats du recensement 2021 publiés par l’office statistique grec, la municipalité compte 1 048 habitants, ce qui donne immédiatement une idée de son échelle réelle.

Cette taille change tout. Ici, pas de longues artères commerciales ni de succession d’hôtels géants. Le principal port et chef-lieu, Mandraki, concentre l’essentiel de la vie locale, avec ses maisons serrées au bord de l’eau et ses façades claires posées sur un relief abrupt. L’île reste accessible par bateau, notamment depuis Kos, mais elle n’a pas développé l’arsenal touristique qui a transformé d’autres îles grecques en machines à visiteurs.

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Le site officiel de la Grèce la présente d’ailleurs comme l’une des îles égéennes les plus belles et les moins connues. Ce n’est pas un hasard. Nísyros n’offre pas la consommation rapide d’un décor. Elle demande un peu plus de temps, un peu plus d’attention, et elle récompense surtout ceux qui acceptent de ralentir pour découvrir cette destination encore préservée.

Nikia surplombe la caldeira et offre l’un des points de vue les plus marquants de l’île. Crédit : Tomisti.

Mandraki, Nikia, Emporios : une île qui se parcourt comme un village agrandi

La première surprise, en arrivant, vient souvent de Mandraki. Ce n’est pas une capitale spectaculaire au sens classique du terme. Son charme tient plutôt à son échelle, à ses ruelles courtes, à ses sols de galets décorés, à son front de mer simple et à cette impression d’être dans un bourg vivant plutôt que dans un décor mis en scène pour les visiteurs. Le guide officiel de Visit Greece insiste sur ses maisons de pierre volcanique isolées à la pierre ponce, ses places et ses rues étroites qui en font l’un des lieux les plus romantiques du Dodécanèse.

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Au-dessus du port, le monastère de Panagia Spiliani domine la ville. Son implantation, dans et sur la roche, résume assez bien l’identité de l’île : rien n’est complètement séparé du relief. Les vestiges fortifiés qui l’entourent rappellent aussi que Nísyros ne s’est pas construite pour être jolie sur photo, mais pour durer sur un territoire exposé au vent, à la mer et aux secousses de son histoire.

Plus loin, Nikia et Emporios donnent une autre lecture de l’île. La municipalité de Nísyros décrit des villages conçus en lien étroit avec le terrain, protégés des vents d’ouest et organisés autour de places qui servent autant à la circulation qu’à la conversation et à la vie commune. À Nikia, perché au bord de la caldeira, cette relation entre architecture et paysage devient particulièrement évidente.

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Pali, enfin, apporte une ambiance plus maritime. Greeka le présente comme un ancien village de pêcheurs installé dans une baie naturelle, à quelques kilomètres de Mandraki. Ce n’est pas une station balnéaire au sens où l’entendent les grands catalogues de voyage. C’est plutôt un point d’ancrage tranquille pour ceux qui cherchent la mer sans agitation.

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Mandraki, principal port de Nísyros, concentre l’essentiel de la vie locale au bord de la mer Égée. Crédit : Ввласенко.

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Des plages discrètes, mais pas une copie de carte postale

Nísyros ne joue pas tout à fait dans le registre des plages grecques les plus faciles. C’est aussi ce qui fait sa différence. Le littoral est souvent rocheux ou couvert de galets, même si l’île compte aussi quelques zones de sable. Greeka cite notamment Lies Beach et Pali Beach parmi les plages les plus connues, cette dernière étant décrite comme rarement bondée malgré sa proximité avec le village.

Ceux qui viennent ici en espérant retrouver un clone de Mykonos ou de Paros risquent donc de passer à côté du sujet. Nísyros n’est pas une île lisse. Son intérêt vient de cette beauté plus rugueuse, plus sèche, parfois presque lunaire. L’eau y reste limpide, les criques gardent un aspect brut, mais le paysage ne cherche jamais à flatter le regard de manière uniforme. Il conserve toujours une part de noir, d’ocre et de pierre.

C’est aussi ce qui explique son absence relative des grands radars touristiques. Une destination totalement pensée pour le repos immédiat se vend plus facilement. Nísyros, elle, propose autre chose : un mélange de baignades, de silence, de marches, de panorama et d’étrangeté géologique. C’est l’endroit idéal pour ceux qui veulent décaler leurs vacances en septembre pour être tranquille. À mesure que l’on avance sur l’île, on comprend que son cœur n’est peut-être pas au bord de l’eau.

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Le paysage intérieur de Nísyros révèle la puissance géologique qui distingue l’île des autres destinations grecques. Crédit : Ввласенко.

Une île grecque calme, mais pas figée

Le calme de Nísyros ne signifie pas que l’île serait vide ou hors du temps. En été, elle reçoit évidemment des visiteurs et des excursions, notamment depuis Kos. Il serait donc exagéré de la présenter comme un territoire sans aucun tourisme. En revanche, les sources consultées convergent sur un point : le développement touristique y reste nettement plus limité que sur les grandes vedettes grecques comme Zante ou Rhodes.

Cette nuance est importante. Le fantasme de l’île “secrète” peut vite devenir une formule creuse. Nísyros n’est pas inconnue. Elle est simplement moins industrialisée sur le plan touristique. C’est pour cela qu’on peut encore y trouver une ambiance de port habité, des villages peu densifiés et des points de vue qui ne ressemblent pas à des quais d’embarquement permanents pour selfies.

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Au fond, l’opposition avec Santorin se joue là. D’un côté, une île devenue symbole mondial, soumise à une fréquentation massive et à des mesures publiques pour en contenir les effets. De l’autre, une île qui attire moins, vend moins de fantasmes instantanés, mais garde une forme de respiration.

Les teintes claires et soufrées du cratère Stefanos rappellent que Nísyros est une île volcanique active. Crédit : Ввласенко.

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Ce que Nísyros cache vraiment, et que Santorin ne peut presque plus offrir

Pendant une bonne partie du séjour, on pourrait croire que le secret de Nísyros tient à ses villages ou à ses criques sombres. Ce sont bien des atouts. Mais ce n’est pas encore l’essentiel. Le vrai centre de gravité de l’île est ailleurs, au milieu des terres, dans un paysage que Visit Greece présente comme celui du plus jeune volcan de Grèce.

Nísyros n’est pas seulement une île tranquille. C’est une île volcanique active, avec une vaste caldeira et des cratères hydrothermaux qui donnent au décor un aspect presque irréel. À Nikia, le musée volcanologique surplombe ce relief et rappelle que tout le territoire se lit comme un immense musée géologique à ciel ouvert. Ce n’est plus simplement une destination de baignade. C’est une île que l’on comprend en regardant sous sa surface.

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Et c’est là que la comparaison avec Santorin bascule vraiment. Santorin impressionne d’abord par sa vue iconique. Nísyros, elle, réserve sa force pour la fin. Son moment le plus marquant n’est pas l’arrivée au port ni la première terrasse blanche. C’est cette plongée visuelle vers la caldeira, puis la découverte du cratère Stefanos, accessible et immense, au cœur d’un paysage soufflé par le volcan. Visit Greece le résumait déjà très bien en parlant de l’un des volcans les plus accessibles de Méditerranée.

Voilà pourquoi certains voyageurs repartent avec l’impression d’avoir trouvé plus rare que “des vacances sans foule”. Nísyros, ce n’est pas seulement son calme. C’est le fait de pouvoir encore vivre, en Europe, l’expérience presque silencieuse d’une île habitée dont le plus grand spectacle ne se montre qu’au dernier moment : un volcan bien réel, posé derrière les maisons blanches, comme si le paradis grec avait gardé sa part sauvage pour ceux qui prennent le temps d’aller jusqu’au bout.

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