« Je suis venue pour le soleil » : à Tenerife, des touristes repartent avec les nuages
Tenerife, ses plages volcaniques, son climat doux toute l’année… et ses nuages. Ces dernières semaines, plusieurs touristes ont partagé leur stupéfaction sur les réseaux sociaux après avoir débarqué sur l’île des Canaries en quête de bronzage — pour finalement ne croiser que grisaille, vent et même froid. L’« île du printemps éternel » serait-elle en train de perdre sa réputation ?
Un TikTok qui résume tout en une phrase
Vicky Walton avait réservé son séjour à Tenerife avec une idée simple : revenir bronzée. Mais dès son arrivée, la Britannique a compris que ses projets allaient prendre l’eau — au sens propre. Dans une vidéo publiée sur TikTok, elle filme un ciel uniformément gris au-dessus de l’île et lâche cette phrase devenue virale : « Tenerife. Venue pour le soleil. Je repars avec les nuages. »
En légende, elle ajoute avec ironie : « Je ne ramènerai pas le soleil à la maison ! » La vidéo a déclenché une avalanche de témoignages similaires, et visiblement, Vicky est loin d’être la seule à avoir vécu cette mésaventure. Pour ceux qui préparent leurs prochaines vacances à l’étranger, la destination mérite peut-être un second regard.
« Cinq fois ici, jamais une semaine de beau temps »
Sous la publication de Vicky, les commentaires se sont multipliés à une vitesse impressionnante. Et le constat est sans appel pour de nombreux vacanciers. Un internaute résume sa frustration en une salve : « J’y étais hier. J’en ai marre de Tenerife et de sa météo. Cinq séjours ici — jamais eu une semaine complète de beau temps. Je n’y retournerai plus. »
Un autre touriste confirme l’ampleur du phénomène : « En ce moment, toute l’île est comme ça, avec une alerte tempête. On a vécu l’hiver le plus froid de notre vie. Ça fait deux mois qu’on enchaîne les intempéries. » Les témoignages les plus marquants évoquent même le recours à une bouilloire pour se réchauffer dans la chambre d’hôtel. Certains vacanciers ont même avoué avoir écourté leur séjour en réservant des vols de retour anticipés.

Un visiteur résume le sentiment général : « La météo est catastrophique. J’y suis allé deux fois en deux mois et c’est la pire expérience. Je n’y retournerai pas avant longtemps. » Pour une île qui attire des millions de touristes chaque année grâce à son climat, la pilule est amère. Mais tout le monde n’a pas vécu le même séjour.
32 °C à 14 h : les chanceux existent aussi
Car au milieu de ce concert de déceptions, certains touristes racontent une tout autre réalité. « Très chaud ici aujourd’hui », assure un commentateur. Un autre rapporte que le thermomètre affichait 32 °C à 14 h lors de sa visite. Et un troisième ajoute : « Je suis rentrée jeudi après une semaine entière de soleil. »
Ces témoignages contradictoires s’expliquent en grande partie par la géographie de l’île. Tenerife possède un relief volcanique — le Teide culmine à 3 718 mètres — qui crée des microclimats très contrastés. La côte sud, protégée par la montagne, reste généralement plus chaude et plus sèche. Le nord, en revanche, reçoit l’humidité portée par les alizés et se retrouve souvent sous les nuages. Des touristes ayant réservé dans des hôtels au mauvais endroit peuvent donc vivre des vacances radicalement différentes de ceux installés à quelques dizaines de kilomètres.
Mais cette année, même le sud n’a pas été épargné. Et il y a une raison bien précise à cela.
Tempête Thérèse et un printemps chaotique
En mars dernier, la tempête Thérèse s’est abattue sur les Canaries avec une violence inhabituelle. Tenerife a subi des températures anormalement basses, des vents puissants, des pluies continues et même des alertes à la neige dans certaines zones d’altitude. Des vols ont été annulés, des routes coupées.

Et les effets se font encore sentir plusieurs semaines après. Les perturbations météorologiques ont été plus fréquentes et plus intenses que les années précédentes, transformant ce qui est normalement une saison douce en une succession d’épisodes instables. Pour les voyageurs qui avaient réservé leurs billets des mois à l’avance, la déconvenue est totale.
Habituellement, Tenerife affiche des moyennes de 18 à 21 °C en hiver et de 24 à 28 °C en été, avec un pic en août autour de 29 °C. C’est précisément cette stabilité qui lui a valu son surnom d’« île du printemps éternel ». Sauf que cette année, le printemps en question ressemble davantage à un automne breton.
Faut-il encore miser sur Tenerife pour bronzer ?
La question mérite d’être posée. L’île reste, statistiquement, l’une des destinations les plus ensoleillées d’Europe. Le sud de Tenerife cumule en moyenne plus de 3 000 heures de soleil par an — davantage que la Côte d’Azur. Mais les épisodes météorologiques extrêmes se multiplient aux Canaries comme ailleurs, et les touristes commencent à en faire les frais.
Pour maximiser ses chances, les habitués recommandent de privilégier la côte sud (Playa de las Américas, Los Cristianos, Costa Adeje) et d’éviter les mois de transition comme mars ou avril, où les perturbations atlantiques sont les plus imprévisibles. L’été, de juin à septembre, reste la période la plus fiable.
En attendant, certains vacanciers déçus envisagent déjà d’autres options pour leurs prochaines vacances au soleil. D’autres, philosophes, se consolent en se disant qu’au moins, ils n’ont pas eu à gérer un vol qui décolle sans eux. Et Vicky Walton ? Elle a probablement rangé sa crème solaire et sorti son parapluie — en espérant que la prochaine fois, Tenerife tiendra enfin sa promesse.
