Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Faits divers

« Des asticots sortaient de sa couche » : cette femme de 60 ans pesait 24 kilos quand les secours l’ont trouvée

Publié par Cassandre le 06 Juin 2026 à 10:50
Lit défait dans un appartement négligé et sombre

En Belgique, une femme de 60 ans a été retrouvée dans un état physique que les médecins ont qualifié de dramatique. Linda ne pesait plus que 24 kilos, son corps couvert d’escarres infectées et d’asticots. Son compagnon, un homme de 77 ans, comparaît désormais devant la justice — et le parquet réclame une peine qui laisse entrevoir l’ampleur de ce que les enquêteurs ont découvert au domicile du couple.

Willebroek, 28 janvier 2025 : les secours découvrent l’horreur

C’est un appel passé le 28 janvier 2025 qui déclenche l’intervention. À Willebroek, près d’Anvers, un homme de 77 ans prénommé Willy D. S. contacte les secours pour sa compagne. Selon lui, Linda serait devenue aveugle et son état se serait dégradé brutalement.

Mais à l’arrivée des équipes médicales, la réalité est tout autre. La sexagénaire gît dans ses propres excréments. Elle n’a visiblement pas été lavée depuis des mois. Les secouristes la transportent d’urgence à l’hôpital, où les médecins dressent un constat accablant.

Linda ne pèse plus que 24 kilos. Son corps est ravagé par des escarres profondes, multiples, infectées. Des lésions couvrent sa peau. Le procureur le formulera sans détour au procès : « Il y avait des asticots qui sortaient de sa couche. » On pense à d’autres cas où une détresse physique extrême se cachait sous les apparences.

Malgré la prise en charge hospitalière, Linda décède moins de douze heures après son admission. L’autopsie conclut à une mort liée à de graves privations alimentaires et à des infections généralisées provoquées par les escarres. Des conditions que certains experts comparent à ce qu’on observe dans les pires défaillances du système de soins. Mais ici, personne n’a appelé à l’aide pendant des mois.

Des photos et des messages qui retracent 2 ans de souffrance

Au domicile du couple, l’enquête prend une tournure encore plus glaçante. Dans les téléphones saisis, les policiers découvrent des centaines de photographies documentant l’évolution de l’état physique de Linda sur plus de deux ans. Image après image, la dégradation est visible, progressive, inexorable.

Les enquêteurs mettent aussi la main sur des échanges de messages. Linda y décrit elle-même ses souffrances quotidiennes, ses douleurs, les difficultés qu’elle rencontre jour après jour. Ces écrits constituent aujourd’hui des pièces à conviction centrales du dossier, car ils attestent que la victime était consciente de sa situation — et que son entourage l’était aussi.

Face à ces éléments, le parquet estime que Willy D. S. a manqué à son devoir d’assistance. Le procureur a été direct à l’audience : « Vous auriez dû chercher de l’aide. » La justice belge considère que laisser une personne dépérir dans ces conditions relève d’une responsabilité pénale grave. Une affaire qui rappelle, dans un registre différent, ces drames domestiques où l’inaction a des conséquences fatales.

À lire aussi

Willy D. S. est d’ailleurs poursuivi pour un second chef d’accusation. Pendant l’hospitalisation de Linda, il aurait transféré plusieurs milliers d’euros du compte bancaire de sa compagne vers le sien. Une fraude informatique qui alourdit considérablement le dossier. On a vu des affaires similaires où des manipulations financières au sein du couple révélaient des dynamiques de contrôle bien plus profondes qu’il n’y paraissait.

Homme âgé assis seul devant un tribunal

Proche aidant dépassé ou négligence mortelle : le tribunal tranchera le 25 juin

Comme dans d’autres affaires de maltraitance révélée tardivement, la défense tente de dresser un portrait nuancé. Devant le tribunal, Willy D. S. conteste avoir voulu faire du mal à Linda. Il affirme s’être occupé d’elle quotidiennement, seul, sans relais.

Sa ligne de défense repose sur un argument : Linda elle-même refusait d’être hospitalisée. Selon le septuagénaire, elle craignait qu’on voie son état physique et redoutait les frais médicaux. Plusieurs témoins ont d’ailleurs décrit un homme dévoué, certes dépassé, mais sincèrement attaché à sa compagne.

Son avocat parle de la « dérive d’un proche aidant isolé », incapable de faire face à une dégradation qui le dépassait. Un homme lui-même fragilisé par des problèmes de santé, qui n’aurait pas mesuré la gravité de la situation. Les difficultés liées au grand âge sont un argument récurrent dans ce type de dossiers.

Le parquet, lui, n’achète pas cette version. Pour la justice belge, quelle que soit la volonté de la victime, un homme partageant la vie d’une personne en train de mourir de dénutrition et d’infections avait l’obligation légale d’appeler à l’aide. Le procureur a requis dix ans de prison ferme. Le jugement est attendu le 25 juin prochain.

Vingt-quatre kilos, des asticots, des mois de silence. Cette affaire pose une question que la Belgique — et bien au-delà — ne peut plus esquiver : à partir de quand un proche aidant dépassé devient-il un complice de la mort ? Le verdict du 25 juin ne répondra pas seulement pour Willy D. S. — il tracera une ligne pour tous ceux qui, seuls face à l’insoutenable, choisissent de ne rien dire.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *