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Son chien creuse dans la neige et met la patte sur quelque chose : une heure plus tard, les convulsions commencent

Publié par Elsa Fanjul le 17 Mar 2026 à 16:45

Une sortie dans la neige, un chien qui joue, un emballage oublié sous la poudreuse. Ce qui ressemblait à une scène ordinaire a failli coûter la vie à Remi, un Berger Australien de 8 ans. Son histoire, relayée par sa maîtresse Kylie Dixon, installée en Nouvelle-Écosse au Canada, est un avertissement que tout propriétaire de chien devrait lire avant la prochaine promenade hivernale.

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Un emballage enfoui sous la neige, et tout bascule

Son chien creuse dans la neige et met la patte sur quelque chose : une heure plus tard, les convulsions commencent

Le 11 février, Kylie Dixon profite d’un moment de jeu complice avec son chien dans la neige fraîche. Remi, curieux et enjoué comme tout Berger Australien, creuse dans l’épaisse couche blanche et met la truffe sur quelque chose d’inhabituel : une brique de crème à café, visiblement jetée là bien avant les dernières chutes de neige, et restée enfouie pendant plusieurs semaines.

Kylie retire immédiatement l’emballage de la gueule de l’animal. Mais en l’examinant de plus près, elle constate la présence de moisissures noires à l’intérieur. Son sang se glace. Elle ignore encore à ce moment-là ce que son chien a réellement ingéré — et ce qui va suivre dans les soixante minutes.

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Moins d’une heure plus tard, Remi commence à trembler. Ses yeux se mettent à bouger de façon incontrôlée, ses pattes ne le portent plus. Les tremblements s’intensifient, deviennent des secousses, puis des convulsions généralisées. Sa maîtresse n’attend pas : direction la clinique vétérinaire en urgence.

Une toxine que peu de propriétaires connaissent — et qui peut tuer

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Sur place, l’équipe vétérinaire administre un traitement anti-nauséeux, du Diazépam pour juguler les crises convulsives, et du charbon activé pour limiter l’absorption des toxines dans l’organisme. Remi est renvoyé chez lui sous surveillance étroite.

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Mais les heures qui suivent sont terrifiantes. Les crises reprennent, s’enchaînent, durent de longues périodes. L’état du chien se dégrade au lieu de s’améliorer. Kylie le replace dans sa cage de transport — il convulse encore — et reprend la route pour une deuxième consultation d’urgence. De nouvelles doses de Diazépam sont administrées. Une perfusion est posée. Sa température, dangereusement élevée, doit être surveillée en continu.

La clinique habituelle ne peut pas assurer une surveillance nocturne continue. Remi est alors transféré vers un service d’urgences vétérinaires ouvert 24h/24 — au terme d’un trajet de trois heures supplémentaires, le chien toujours en crise dans le véhicule.

Dans cet établissement spécialisé, la prise en charge est complète : traitement anti-convulsivant renforcé, perfusion intraveineuse, sonde urinaire, sonde nasogastrique, électrocardiogramme. Le diagnostic tombe : mycotoxicose.

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Ce terme, méconnu du grand public, désigne une intoxication provoquée par des mycotoxines — des substances chimiques produites par certains champignons microscopiques, notamment les moisissures. Lorsqu’un chien ingère, inhale ou absorbe ces toxines, les conséquences peuvent être dramatiques. Certaines mycotoxines attaquent directement le système nerveux central et provoquent des troubles neurologiques sévères, exactement comme ceux observés chez Remi : convulsions, mouvements oculaires anormaux, perte d’équilibre, hyperthermie.

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Ce danger est souvent sous-estimé, alors qu’il guette dans de nombreuses situations du quotidien. Les accidents domestiques concernent aussi nos animaux de compagnie bien plus souvent qu’on ne le croit — et pas uniquement à l’intérieur de la maison.

Deux jours entre la vie et la mort

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Pendant près de quarante-huit heures, Remi est resté très peu réactif. Sa maîtresse a attendu, guettant le moindre signe d’amélioration. Les vétérinaires ont maintenu leur traitement intensif, surveillant chaque paramètre vital.

Progressivement, les crises ont cessé. L’état neurologique s’est stabilisé. Puis des signes d’amélioration sont apparus, timides mais réels.

Quelques jours après son admission en urgence, Remi a pu rentrer chez lui. Il reste encore légèrement instable sur ses pattes, et ses pupilles ne se dilatent pas encore parfaitement — séquelles des toxines sur son système nerveux. Les vétérinaires ont précisé qu’une récupération complète peut prendre plusieurs semaines. Mais il a déjà repris certaines de ses habitudes, notamment courir après sa balle de troupeau préférée. Il va beaucoup mieux.

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Kylie Dixon a partagé ce récit pour alerter les autres propriétaires. Un élan qu’on comprend aisément quand on mesure ce que cette histoire aurait pu coûter.

Ce danger invisible sous la neige : ce que tout propriétaire doit savoir

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L’histoire de Remi met en lumière un risque que l’on ne soupçonne pas. La neige agit comme un conservateur de surface : elle recouvre des déchets organiques, des emballages alimentaires entamés, des restes jetés n’importe où — et ces matières se dégradent, moisissent, accumulent des toxines pendant des semaines, parfaitement préservées dans le froid. Lorsque la neige fond ou qu’un chien curieux creuse, ces déchets redeviennent accessibles. Et potentiellement mortels.

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Les moisissures toxiques ne se trouvent pas uniquement dans la nature. Une mauvaise conservation des croquettes peut aussi entraîner le développement de moisissures dangereuses à la maison, sans que le propriétaire s’en aperçoive. Le danger est plus proche qu’on ne le croit.

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Les vétérinaires rappellent que plusieurs catégories d’aliments courants peuvent contenir des mycotoxines en quantités dangereuses pour les chiens : les produits laitiers avariés, les fruits et légumes moisis, les restes de pain ou de pâtisserie fermentés, les aliments pour animaux mal stockés. Dans tous ces cas, la règle est la même — si vous ne le mangeriez pas, ne laissez pas votre chien y toucher.

D’autres objets tout aussi anodins peuvent mettre la vie d’un chien en danger lors d’une simple promenade. La vigilance doit être constante, y compris — et peut-être surtout — dans des environnements qui semblent sans risque.

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Reconnaître les symptômes d’une intoxication aux mycotoxines chez le chien

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L’un des aspects les plus dangereux de la mycotoxicose, c’est sa rapidité. Chez Remi, moins d’une heure a suffi pour que les premiers symptômes apparaissent. Connaître ces signes peut littéralement sauver la vie d’un animal.

Les premiers symptômes à surveiller :

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  • Tremblements musculaires, soudains et inexpliqués
  • Mouvements oculaires anormaux (nystagmus)
  • Perte d’équilibre, démarche chancelante
  • Convulsions, secousses généralisées
  • Hyperthermie (corps brûlant au toucher)
  • Prostration, absence de réaction aux stimuli

Si votre chien présente l’un de ces signes après une promenade — surtout s’il a pu ingérer quoi que ce soit à l’extérieur — ne perdez pas de temps. Chaque minute compte dans ce type d’intoxication. Appelez votre vétérinaire immédiatement, ou dirigez-vous vers la clinique d’urgence la plus proche. Si possible, apportez ou photographiez ce que votre animal a ingéré : cela aidera les vétérinaires à poser le bon diagnostic rapidement.

Des situations similaires montrent que les chiens peuvent être exposés à des dangers insoupçonnés. Certaines négligences du quotidien peuvent s’avérer fatales — et ce n’est pas toujours là où on l’attend. L’histoire de Remi en est la preuve la plus criante.

Un drame évité de justesse — et une maîtresse qui a fait les bons gestes

Si Remi est en vie aujourd’hui, c’est en grande partie parce que Kylie Dixon a réagi vite. Elle n’a pas attendu de voir si les symptômes s’amélioraient. Elle n’a pas minimisé les convulsions en espérant que ça passe. Elle a agi — deux fois, puis une troisième fois en acceptant de confier son chien à une clinique spécialisée à trois heures de route.

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Cette réactivité a fait la différence entre un chien vivant et une issue tragique. Car dans les cas de mycotoxicose sévère, les animaux qui ne reçoivent pas de soins intensifs rapidement ne s’en remettent pas toujours.

D’autres histoires montrent que quelques minutes peuvent tout changer — dans un sens comme dans l’autre. Connaître les risques, c’est déjà se donner les moyens d’agir au bon moment.

Aujourd’hui, Remi court à nouveau après sa balle. Mais l’histoire aurait pu — aurait dû — se terminer différemment. Un déchet oublié sous la neige, un chien curieux, une heure d’intervalle. C’est tout ce qu’il a fallu pour transformer une promenade ordinaire en course contre la mort.

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