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Allocations familiales : coup dur pour certaines familles dès le 1er mars

Publié par Killian Ravon le 24 Fév 2026 à 13:00

La date approche et, pour beaucoup de foyers, le changement ne sera pas anodin. À partir du 1er mars 2026. La majoration des allocations familiales ne se déclenchera plus à 14 ans pour le deuxième enfant, mais à 18 ans.

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Allocations familiales : document et calendrier en mars 2026
Gros plan sobre sur un document de prestations et un calendrier de mars 2026, pour illustrer le changement prévu au 1er mars 2026.

Derrière cette ligne du budget de la Sécurité sociale. Ce sont des centaines d’euros par an qui peuvent disparaître au moment où les dépenses d’ados grimpent.

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Le siège de la CAF à Paris, un acteur central du versement des prestations. Crédit : Fabio Gargano.
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Un basculement au 1er mars 2026, voté dans le budget de la Sécu

Le principe est désormais acté. La majoration liée à l’âge, qui venait “doper” les allocations familiales quand un enfant dépassait 14 ans, est repoussée à 18 ans pour les nouveaux bénéficiaires à compter du 1er mars 2026. Le calendrier a été fixé dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS/PLFSS). Adoptée définitivement le 16 décembre 2025. Avec une entrée en vigueur annoncée au printemps 2026. Selon “La finance pour tous”, le mécanisme vise explicitement ce seuil du 1er mars 2026. Et prévoit une clause de maintien pour les familles déjà concernées avant cette date.

Ce détail de calendrier change tout, parce qu’il crée deux situations très différentes. Les familles dont le deuxième enfant a eu 14 ans avant le 1er mars 2026 garderaient la majoration selon les règles actuelles. Tandis que celles dont l’enfant atteint 14 ans après cette date devront attendre la majorité. Service-public rappelle d’ailleurs qu’un décret est nécessaire pour mettre en musique ce recul. Et que, dans l’attente, les règles affichées restent celles en vigueur.

En toile de fond, l’enjeu est massif. L’Insee estime que 6,4 millions de ménages perçoivent des prestations familiales (hors aides au mode de garde). Pour un montant moyen annuel de 1 670 euros par unité de consommation. Dit autrement, les prestations familiales sont loin d’être marginales dans le budget d’une partie du pays.

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Une agence CAF, là où se jouent souvent les démarches et les dossiers des familles. Crédit : Cheep.

Ce que la majoration change concrètement sur le versement

Aujourd’hui, la majoration liée à l’âge est fixée réglementairement à 14 ans dans le Code de la sécurité sociale. Le texte de référence (partie réglementaire) indique noir sur blanc que l’âge ouvrant droit à la majoration est de 14 ans. Avec des règles différentes selon la composition familiale (notamment le fait que, dans une fratrie de deux enfants, l’aîné est exclu de cette majoration).

Sur le plan des montants, Service-public détaille les niveaux de majoration selon les ressources. Pour une famille de deux enfants, la hausse mensuelle liée à l’âge du deuxième enfant peut atteindre 75,53 euros dans la tranche la plus basse, 37,77 euros dans la tranche intermédiaire. Ou 18,88 euros dans la tranche la plus élevée. Ce sont précisément ces ordres de grandeur qui rendent le report de 14 à 18 ans très visible sur le compte en banque.

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Avec le changement, le raisonnement est simple mais brutal. Pendant quatre années (de 14 à 17 ans). La majoration n’entrerait plus dans le budget des nouveaux bénéficiaires. Ensuite, elle arriverait à 18 ans, au moment où certains jeunes basculent vers l’autonomie. Les études ou l’entrée dans la vie active. Sur le papier, le gouvernement explique cette logique par l’idée que les “surcoûts” s’accentueraient davantage à la majorité. Mais les associations et syndicats qui suivent la politique familiale ne partagent pas ce diagnostic.

Famille photographiée à Paris : un rappel que la question du coût des enfants traverse les époques. Crédit : Stéphane Passet.

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Pourquoi cette mesure : économies et arbitrages autour de la politique familiale

Le gouvernement ne s’en cache pas : il cherche des économies et des redéploiements. L’UNSA parle d’une mesure destinée à dégager environ 200 millions d’euros d’économies. En lien avec le financement du nouveau congé de naissance, et dénonce un “siphonnage” de la branche Famille. Dans son communiqué, le syndicat insiste aussi sur le fait que la réforme toucherait surtout les familles. Dont les enfants ont 14 ans après le 1er mars 2026.

Du côté du débat parlementaire, l’épisode a été tendu. Public Sénat racontait dès novembre 2025 le bras de fer. Le Sénat avait refusé le principe d’un décalage à 18 ans, au nom de la réalité des coûts dès 14 ans et de la situation financière de la branche Famille, tandis que le gouvernement défendait l’idée d’autofinancer certaines mesures nouvelles.

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Pour étayer sa position, l’exécutif s’appuie sur des travaux statistiques qui relativisent la rupture des dépenses à 14 ans. La Drees, qui documente régulièrement les prestations familiales et leur public, rappelle notamment l’ampleur du système : fin 2022, 6,7 millions de familles bénéficiaient d’au moins une prestation familiale, avec un montant moyen de 404 euros par mois et par foyer aidé. Ces données ne tranchent pas à elles seules le débat “14 ans versus 18 ans”, mais elles donnent le cadre : la politique familiale concerne des millions de foyers et se joue parfois sur des détails d’âge.

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À l’Assemblée, les débats budgétaires tranchent parfois sur des détails d’âge aux effets très concrets. Crédit : Richard Ying et Tangui Morlier.

Un impact budgétaire qui tombe au pire moment pour certains foyers

Sur le terrain, le cœur du problème est moins idéologique que très concret. À 14 ans, beaucoup d’enfants entrent au lycée, changent de rythme, mangent plus, se déplacent plus loin, et ont souvent besoin d’équipement (ordinateur, logiciels, transports, activités). L’UNSA décrit précisément cette “marche” de dépenses, et conteste l’idée que tout se jouerait seulement à 18 ans.

Pour une famille située dans la tranche de majoration la plus élevée, perdre environ 75 euros par mois pendant quatre ans peut représenter un trou de plus de 3 500 euros sur la période. Les montants varient selon les ressources et la composition familiale, mais la mécanique est la même : le supplément n’arrive plus au moment où il était anticipé, alors que les dépenses augmentent déjà.

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Reste un point important, souvent oublié dans les discussions rapides : la réforme ne retire pas la majoration à ceux qui la touchent déjà. Le choc concerne surtout “l’entrée” dans le dispositif, donc les foyers dont l’enfant franchit l’âge pivot après le 1er mars 2026. Cette logique de “droits acquis” limite la casse à court terme pour certains, mais crée une frontière très nette entre deux générations de bénéficiaires.

À quoi s’attendre en pratique, et où vérifier sa situation

La première étape, c’est de regarder l’âge du deuxième enfant et la date exacte de son 14e anniversaire. Si ce cap est franchi avant le 1er mars 2026, la majoration resterait acquise selon les règles actuelles ; si l’anniversaire tombe après, la majoration se déclencherait plus tard, à 18 ans, une fois le nouveau cadre pleinement entré en vigueur. Sur ce point, Service-public signale clairement qu’un décret est attendu pour appliquer le décalage, ce qui explique pourquoi certains sites officiels présentent encore les règles “à 14 ans” en attendant la mise à jour réglementaire.

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Ensuite, il faut garder en tête que les montants exacts évoluent chaque année, notamment au 1er avril, avec la revalorisation des barèmes. Les chiffres cités (18,88 / 37,77 / 75,53 euros) donnent un ordre de grandeur, mais le bon réflexe reste de vérifier la simulation et l’espace allocataire (CAF ou MSA selon les cas), surtout si les revenus du foyer ont bougé pour obtenir les aides adéquates.

La majoration, ce sont quelques dizaines d’euros par mois… qui peuvent compter dans un budget serré. Crédit : Avij.

Un report qui fragilise le budget des familles

Ce report de la majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans pour le deuxième enfant n’est pas une simple retouche technique. En décalant l’aide de quatre ans, l’État change le moment où le soutien arrive, au risque de fragiliser les budgets des familles au cœur de la période “lycée”. La mesure, défendue comme cohérente avec d’autres priorités du budget social, continue aussi de cristalliser un débat plus large : à quel âge le coût d’un enfant “pèse” le plus, et comment la politique familiale doit-elle répondre à cette réalité ?

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