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Baisse des allocations familiales : combien allez-vous perdre ?

Publié par Killian Ravon le 05 Jan 2026 à 22:16

En ce début d’année 2026, le budget de la Sécurité sociale continue de faire grincer des dents. Dans le PLFSS 2026, l’exécutif assume une mesure très ciblée sur les allocations familiales, avec un objectif clair. Dégager des marges pour financer une nouvelle promesse autour de la parentalité.

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Mais derrière ce choix, une partie des foyers pourrait sentir passer la différence. Surtout au moment où les dépenses liées aux enfants accélèrent.

Façade vitrée du siège de la CAF à Paris, bâtiment moderne reflétant la rue et les immeubles voisins.
« Une agence CAF, là où se jouent aussi les arbitrages du quotidien. » Crédit « Fabio Gargano / CC BY-SA 4.0 »
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Un budget adopté de justesse, et une mesure que l’exécutif veut verrouiller

Le texte a été voté d’une courte majorité le 16 décembre. Et le gouvernement de Sébastien Lecornu ne cache pas son intention d’aller au bout. L’idée, telle qu’elle figure dans le projet de loi. Consistant à modifier le calendrier d’une majoration déjà connue des familles qui touchent ces aides.

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Le ministère de la Santé et des Familles a d’ailleurs tenu à cadrer immédiatement la portée : si la mesure s’applique, elle concernera les familles dont l’enfant atteint l’âge déclencheur à partir de 2026, et non celles qui bénéficient déjà de la hausse aujourd’hui. Dit autrement, le gouvernement veut éviter l’image d’un “retrait” immédiat pour les foyers déjà concernés, tout en changeant la trajectoire pour les générations suivantes.

Ce détail, que peu de gens repèrent à la première lecture, change pourtant la perception. On n’est pas sur une suppression frontale, mais sur un décalage progressif qui produit des effets… justement parce qu’il s’installe dans le temps.

File d’attente devant une caisse d’allocations familiales à Paris, familles rassemblées près de l’entrée du bâtiment.
« Quand l’aide devient un sujet, la CAF se retrouve en première ligne. » Crédit « Cheep / CC BY-SA 4.0 »
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Comment fonctionne la majoration aujourd’hui, et pourquoi elle compte vraiment

Actuellement, cette majoration dépend des ressources du foyer et se déclenche quand l’enfant atteint un certain âge. Elle ne se verse pas de la même façon selon la composition familiale : pour une fratrie de deux enfants, elle ne concerne que le second, alors que pour les familles de trois enfants (ou plus), elle s’applique dès le premier.

Côté montants, l’écart peut paraître modeste sur le papier, mais il devient très concret sur une année complète. Selon les niveaux de revenus, la hausse est de 18,88 euros supplémentaires quand les ressources dépassent 104 719 euros, et peut aller jusqu’à 75,53 euros lorsque les ressources sont inférieures à 78 565 euros.

Ce mécanisme fait que la mesure envisagée ne touchera pas tout le monde de la même manière. Les foyers les plus fragiles, qui se situent dans les tranches où l’augmentation est la plus élevée, sont aussi ceux pour qui l’aide pèse le plus dans l’équilibre mensuel.

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Adolescentes devant des ordinateurs en salle de classe, concentrées sur un atelier numérique, ambiance scolaire et studieuse.
« L’adolescence, ce moment où les dépenses montent vite… et les aides aussi, en théorie. » Crédit « Mompati Dikunwane / CC BY-SA 4.0 »

Ce que le gouvernement met en avant : “un âge plus pertinent” et un surcoût qui monte

Pour justifier le changement, l’exécutif avance d’abord une logique de cohérence : la majoration est censée accompagner un coût qui augmente avec l’âge de l’enfant. Dans cette vision, la référence retenue par le gouvernement serait plus “pertinente” parce qu’elle correspond à la majorité.

Le raisonnement est simple : plus l’enfant grandit, plus certains postes se renchérissent, et l’aide doit coller à cette courbe. Sur le principe, cela peut s’entendre. Sauf que tout se joue sur la période “entre-deux”, celle où l’enfant n’est plus petit mais pas encore majeur, et où les dépenses peuvent exploser : alimentation, équipement, transports, activités, sans oublier les frais liés à la scolarité.

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C’est précisément là que l’arbitrage budgétaire devient sensible. Car même si le gouvernement parle d’ajustement de calendrier, le ressenti pour les familles concernées, lui, peut ressembler à un manque à gagner net au moment où les besoins augmentent.

Portrait de famille souriante en intérieur, quatre personnes rapprochées devant l’objectif lors d’une photo souvenir.
« Derrière les chiffres, ce sont des familles qui comptent chaque mois. » Crédit « Epopl001 / CC BY-SA 3.0 »

Des économies annoncées, qui montent en puissance année après année

Le nerf de la guerre, c’est évidemment le montant des économies attendues. L’exécutif explique que la “suppression” de la majoration sur la période concernée doit d’abord représenter 200 millions d’euros d’économies par an, avant de monter crescendo à mesure que davantage de générations basculent dans le nouveau cadre.

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Le calendrier donné dans le texte est très précis : 580 millions d’euros en 2027, 910 millions d’euros en 2028, puis 1,28 milliard d’euros par an à partir de 2030. C’est ce caractère progressif qui rend la mesure politiquement plus facile à porter aujourd’hui, tout en la rendant bien plus lourde à terme.

Et c’est aussi ce qui nourrit l’inquiétude : au départ, l’effet peut sembler “limité” à l’échelle nationale. Mais une fois la bascule installée, la somme devient massive, et donc difficile à compenser si un futur gouvernement voulait revenir en arrière.

Dans le même temps, l’impact individuel peut être très concret. D’après ce qui est rapporté, pour les foyers les plus précaires, le décalage représenterait près de 900 euros d’allocations en moins chaque année. Là, on n’est plus du tout dans une simple ligne comptable.

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Le vrai objectif en toile de fond : financer le nouveau congé de naissance

Pourquoi ce choix maintenant ? Le gouvernement l’assume : l’argent doit servir à financer la montée en charge du congé de naissance prévu dans le budget 2026 de la Sécurité sociale. L’exécutif évoque clairement la nécessité de trouver des ressources pour cette mesure “dans les années à venir”.

Le coût est d’ailleurs estimé à 600 millions d’euros d’ici quatre ans après son entrée en vigueur. Et ce point est important : l’entrée en vigueur a été décalée au 1er juillet 2026. On comprend donc l’enchaînement : une dépense nouvelle arrive, et il faut un levier pour l’absorber sans creuser davantage.

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Mais c’est là que la comparaison peut faire réagir. À partir de 2030, les économies attendues (1,28 milliard par an) seraient environ deux fois supérieures au coût annoncé du congé de naissance (600 millions). Dit autrement, le “financement” finit par devenir une source de marge budgétaire bien plus large que le besoin initial.

C’est souvent dans ce genre de décalage que naissent les critiques : une mesure présentée comme un ajustement technique pour financer une politique familiale peut être perçue, au fil des années, comme un “rabot” durable sur une aide existante.

Gros plan d’un bébé tenant le doigt d’un parent, main adulte et main de nouveau-né en noir et blanc, très nette.
« La parentalité au cœur du débat budgétaire, jusque dans les détails. » Crédit « trestletech (Pixabay) / CC0 »
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Ce que la mesure change, très concrètement, pour les familles concernées

La promesse de base est donc celle-ci : préserver la création d’un nouveau droit autour de la naissance, tout en réorganisant une aide déjà en place. Sauf qu’au quotidien, une famille ne vit pas les débats budgétaires comme un tableau Excel.

Ce qui compte, c’est le moment où le versement augmente… ou n’augmente pas. Et dans l’organisation d’un foyer, ce moment est souvent lié à l’entrée dans l’adolescence, quand les dépenses s’accumulent et que les arbitrages deviennent plus serrés.

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Le gouvernement insiste sur le fait que les familles déjà bénéficiaires ne seraient pas concernées si leur enfant a déjà atteint l’âge déclencheur avant 2026. Mais pour celles qui arrivent “juste après”, l’effet est immédiat : elles attendront plus longtemps pour toucher la hausse, alors même que le quotidien, lui, ne se met pas en pause.

Et c’est là que se niche le point le plus sensible, celui que beaucoup découvrent tardivement en lisant le détail de la mesure : le gouvernement prévoit de décaler l’âge de majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans.

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