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Dans les comptes de Romain, commercial à Toulouse à 2 900 € nets par mois

Publié par Mathieu le 03 Avr 2026 à 19:02

Romain, 34 ans, commercial terrain dans une PME industrielle à Toulouse, touche 2 900 € nets par mois primes incluses. Pas de 13ème mois fixe, mais des variables qui peuvent faire la différence. Voici comment il répartit chaque euro — et pourquoi la voiture lui mange une part de son budget qu’il n’avait pas anticipée.

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Commercial terrain en voiture à Toulouse

Les revenus : un fixe solide et des variables capricieuses

Le salaire fixe net de Romain s’établit à 2 350 € par mois. À cela s’ajoutent des commissions sur ventes, versées trimestriellement et lissées à 550 € net par mois en moyenne. Total : 2 900 € nets. Mais Romain prévient d’emblée : « Les mois sans gros contrat, je peux tomber à 2 400 €. C’est ça le commercial, tu vis avec l’incertitude. »

Il ne touche pas d’allocations familiales (pas d’enfant pour l’instant), pas d’APL (son loyer dépasse le plafond éligible), et aucun revenu complémentaire en dehors de son emploi principal. Son niveau de revenus le place légèrement au-dessus du salaire médian français, sans pour autant le faire basculer dans une autre catégorie.

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Les dépenses fixes : la voiture, poste n°1 sans surprise

Romain loue un T3 de 58 m² dans le quartier de Lardenne, à l’ouest de Toulouse. Loyer charges comprises : 900 €. Un montant raisonnable pour la Ville Rose, où les prix ont fortement augmenté ces cinq dernières années. Si vous comparez avec d’autres villes françaises, les villes où le coût de la vie est le plus bas permettraient de dégager facilement 200 € supplémentaires chaque mois sur ce seul poste.

La voiture est l’autre poids lourd du budget. Romain est commercial terrain, il roule environ 2 500 km par mois. Son employeur lui verse une indemnité kilométrique de 280 € nets (déjà incluse dans le calcul des revenus), mais le coût réel de son véhicule dépasse largement cette compensation. Détail du poste auto :

Tableau de bord voiture et kit déplacement professionnel
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— Crédit auto (Citroën C5 X, achetée neuve il y a 18 mois) : 320 €/mois
— Assurance tous risques : 89 €/mois
— Carburant (après remboursement employeur) : environ 80 €/mois à sa charge
— Entretien lissé : 35 €/mois
— Soit un total auto de 524 €/mois, soit 18 % de son salaire net.

Viennent ensuite les autres fixes :
— Mutuelle santé (contrat collectif avec participation employeur) : 42 €/mois à sa charge
— Électricité + gaz : 95 €/mois (contrat en cours de renégociation)
— Forfait mobile pro : 0 € (pris en charge par l’entreprise)
— Internet fibre : 28 €/mois
— Abonnements streaming (Netflix + Spotify) : 22 €/mois
— Impôt sur le revenu (prélevé à la source) : 195 €/mois (tranche à 30 %, avec abattement frais réels non demandé)
— Assurance habitation : 18 €/mois

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Total dépenses fixes : 1 824 €, soit environ 63 % de son revenu mensuel moyen.

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Les dépenses variables : les restos font grimper la note

Romain mange souvent en déplacement. Ses repas du midi sont théoriquement couverts par des tickets restaurant (valeur faciale 9 €, participation employeur 5,40 €), mais il complète fréquemment. Budget alimentation global :

— Courses alimentaires (supermarché, deux fois par semaine) : 260 €/mois
— Resto/repas à l’extérieur non remboursés : 130 €/mois
— Sorties, bars, activités culturelles : 80 €/mois
— Shopping vêtements (tenues pro + perso) : 60 €/mois en moyenne lissée
— Sport (salle de muscu) : 25 €/mois
— Vacances (lissé sur 12 mois, budget annuel 1 500 €) : 125 €/mois
— Cadeaux, imprévus, pharmacie : 50 €/mois

« Les restos, je sais que c’est là que je pourrais couper. Mais quand tu passes ta journée dans ta voiture à négocier, le soir t’as juste pas envie de cuisiner », admet-il. Total dépenses variables : 730 €.

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Homme déjeunant seul au restaurant en déplacement

Épargne et bilan : 346 € de reste à vivre, et un Livret A mal alimenté

En additionnant fixes (1 824 €) et variables (730 €), Romain dépense en moyenne 2 554 € par mois. Sur un revenu de 2 900 €, il lui reste théoriquement 346 € à placer ou à dépenser librement.

En pratique, il vire 200 € automatiquement sur son Livret A chaque mois. Solde actuel : 4 200 €, soit environ deux mois de dépenses — un coussin modeste. Il n’a pas d’assurance-vie, pas de PEA, et aucun autre placement. « Je sais que je devrais investir davantage, mais entre le crédit voiture et le loyer, j’ai l’impression de courir après mon propre salaire. »

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Les 146 € restants partent généralement en dépenses imprévues — une réparation, un week-end de dernière minute, ou simplement les mois où les commissions n’arrivent pas à temps. La stratégie d’épargne automatique l’aide à ne pas toucher à ses 200 € mensuels, mais il reconnaît que tout choc financier — panne de voiture, hausse de loyer — bousculerait immédiatement l’équilibre.

Son crédit auto se terminera dans 30 mois, libérant 320 €/mois. C’est là qu’il voit une vraie marge de manœuvre : « Quand le crédit sera fini, soit je prends un appart plus grand, soit je commence vraiment à investir. »

Main déposant des billets dans une tirelire d'épargne
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Pour la retraite, il est affilié à un régime de prévoyance collectif via son employeur, mais n’a aucune épargne retraite individuelle. À son niveau de revenus actuel, le montant nécessaire pour vivre dignement à la retraite semble encore très lointain.

Le mot de Romain : « Je gagne correctement ma vie, mais je ne me sens pas à l’aise financièrement pour autant. La voiture, c’est ma plus grosse erreur budgétaire — j’aurais dû prendre du leasing moins cher. »

À titre de comparaison, le salaire médian en France s’établit autour de 2 000 € nets par mois selon l’INSEE. Avec 2 900 €, Romain se situe clairement au-dessus de la médiane — mais la classe moyenne en 2025 recouvre une réalité bien plus contrastée que les chiffres ne le laissent croire. Entre un crédit auto lourd, un loyer toulousain élevé et des revenus variables, son confort financier reste fragile — comme celui de nombreux salariés qui gagnent « bien » sans vraiment épargner.

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