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Dans les comptes de Lucie, infirmière en CHU à 2 350 € nets par mois

Publié par Mathieu le 28 Mar 2026 à 20:20

Lucie, 34 ans, infirmière diplômée d’État depuis dix ans, travaille en service de médecine interne dans un CHU de Nantes. Elle gagne 2 350 € nets par mois, primes de nuit et de dimanche comprises. Célibataire, locataire, sans enfant : voici comment elle répartit chaque euro.

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Infirmière souriante en couloir d'hôpital avec stéthoscope

Les revenus : 2 350 € nets, mais pas sans contreparties

Le salaire de base de Lucie, au 6e échelon de la grille indiciaire infirmière, s’élève à 1 980 € nets. C’est là que beaucoup s’arrêtent. Mais les infirmières hospitalières bénéficient d’un système de primes qui change vraiment la donne.

Lucie travaille en 12 heures, avec des nuits et des week-ends. Elle perçoit ainsi environ 190 € de prime de nuit, 100 € de prime de dimanche et jours fériés, plus 80 € de prime de service mensuelle lissée. Total net encaissé : 2 350 €.

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« Sur le papier, on dit qu’une infirmière gagne 2 000 €. Mais avec les gardes, je m’en sors un peu mieux. Le problème, c’est que ces primes se paient en fatigue », dit-elle. Elle n’a aucun autre revenu complémentaire. Pas de freelance, pas d’APL (ses revenus dépassent le plafond à Nantes), pas d’allocation particulière.

À titre de comparaison, le salaire médian en France tourne autour de 2 000 € nets. Lucie se situe donc légèrement au-dessus, ce qui peut surprendre pour un métier perçu comme épuisant et essentiel.

Les dépenses fixes : 1 420 € qui partent avant même de souffler

C’est le poste qui pèse le plus lourd dans le budget de Lucie. Et pour cause : à Nantes, les loyers ont grimpé ces dernières années.

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Son appartement de 42 m² en centre-ville lui coûte 790 € charges comprises (loyer nu 720 € + 70 € de charges). C’est son principal poste de dépense, et il représente à lui seul 33 % de ses revenus nets. Une proportion qui reste dans les normes recommandées, mais qui laisse peu de marge.

Voici le détail complet de ses charges fixes :

  • Loyer charges comprises : 790 €
  • Mutuelle santé (complément de la mutuelle hospitalière) : 38 €
  • Assurance habitation : 18 €
  • Forfait mobile (opérateur low-cost) : 13 €
  • Internet (fibre) : 28 €
  • Abonnements streaming (Netflix + Spotify) : 22 €
  • Transports (abonnement TAN mensuel + vélo électrique en leasing) : 89 €
  • Impôt sur le revenu (prélevé à la source) : 122 €
  • Cotisation syndicale : 15 €
  • Assurance auto (elle n’a pas de voiture, mais une trottinette électrique assurée) : 9 €

Total dépenses fixes : 1 144 €. Auxquels s’ajoutent environ 280 € de dépenses semi-fixes difficiles à éviter (médicaments, entretien vélo, petits imprévus récurrents). Ce qui porte le socle incompressible à environ 1 420 € par mois.

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Femme calculant son budget mensuel avec des billets et pièces

Sur les dépenses contraintes qui grignotent le budget, Lucie est plutôt dans la moyenne. Mais il lui reste tout de même à vivre avec 930 € pour le reste du mois.

Les dépenses variables : serré, mais pas austère

Avec 930 € de reste à vivre, Lucie ne se prive pas de tout. Mais elle arbitre en permanence.

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Les courses alimentaires lui coûtent environ 280 € par mois. Elle fait ses achats principalement chez Lidl et Leclerc, en évitant les supermarchés de proximité trop chers. Elle cuisine beaucoup, par habitude professionnelle et par économie.

« Je rentre à 20h30 après une nuit, j’ai faim, je suis épuisée. Le Deliveroo, c’est tentant. Je m’y autorise deux fois par mois maximum. » Ces deux commandes représentent environ 35 € de livraison. Elle déjeune à la cantine du CHU les jours de travail, pour environ 3,50 € par repas, soit 40 € mensuels.

Côté sorties et loisirs, Lucie prévoit 120 € par mois : restaurants avec des amis, cinéma, sorties culturelles. Ce n’est pas extravagant, mais elle y tient. « C’est ma soupape. Si je supprime les sorties, je deviens folle. »

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Le shopping vêtements et soins représente environ 60 € mensuels lissés. Elle achète essentiellement lors des soldes et s’est mise à Vinted pour renouveler sa garde-robe à moindre coût. La pharmacie et les soins (hors mutuelle) : 30 €.

Pour les vacances, elle met de côté 80 € par mois, soit 960 € par an. Cela lui permet de partir une semaine en été, généralement en France ou dans un pays d’Europe peu cher. Pas de City Break à 1 200 €, mais pas non plus de renoncement total.

Total dépenses variables : environ 645 €.

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Épargne et bilan : le mois est bouclé, mais à quel prix ?

Faisons le calcul : 2 350 € de revenus, 1 420 € de fixes, 645 € de variables. Il reste théoriquement 285 € par mois. Dans les faits, Lucie en épargne environ 200 € sur son Livret A, et les 85 € restants servent de tampon pour les imprévus.

« Je devrais épargner plus, je le sais. Mais certains mois, il y a la voiture de ma mère à dépanner, une ordonnance imprévue, une amie qui fête son anniversaire dans un resto un peu cher. Les 200 € partent vite. »

Elle n’a aucun crédit à la consommation en cours. Son Livret A affiche environ 4 800 € d’épargne constituée sur trois ans — un peu moins de deux mois de salaire, bien en dessous des trois mois recommandés par les experts. Sur l’évolution du Livret A, elle suit l’actualité de près.

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Femme vérifiant son épargne sur smartphone dans son appartement

Elle n’a pas d’assurance-vie, pas de PEA, rien de placé en bourse. « J’y pense, mais je n’ai pas le temps de me former là-dessus. Et avec 200 € par mois, j’ai l’impression que ça ne sert à rien. » Un sentiment répandu, même si les spécialistes rappellent qu’épargner tôt, même peu, change tout à la retraite.

Côté retraite justement, Lucie bénéficie du régime de la fonction publique hospitalière. Mais avec les réformes successives, elle ne compte plus vraiment dessus pour partir avant 64 ans. Un sujet qui l’agace. « On nous demande de tenir des rythmes impossibles pendant 40 ans. Et à la fin, on ne sait même pas ce qu’on va toucher. »

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Le mot de la fin : un budget équilibré sur le fil

Lucie s’en sort. Mais sans marge de manœuvre réelle. Une grosse réparation, un déménagement, une panne d’électroménager, et le fragile équilibre bascule.

Son rapport à l’argent est pragmatique, presque clinique : « Je gère mon budget comme je gère un patient. Je surveille les constantes, je n’attends pas que ça déborde pour réagir. » Une philosophie efficace, forgée à l’hôpital.

Pour contextualiser : avec 2 350 € nets, Lucie se situe au-dessus du salaire médian français (loin du seuil de richesse, fixé à environ 3 860 € nets pour une personne seule en 2025). Elle appartient à la classe moyenne supérieure basse — une catégorie qui travaille beaucoup, consomme raisonnablement, et épargne peu faute de reste à vivre suffisant.

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En 2026, comme beaucoup de salariés, elle surveille de près les annonces sur la baisse du salaire net liée aux nouvelles lignes de fiche de paie. Chaque euro compte, et elle le sait mieux que personne.

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