Carte grise 2026 : le tarif va augmenter
La carte grise 2026 commence déjà par une hausse du cheval fiscal dans plusieurs régions. Et ce n’est peut-être qu’un début, car le Parlement discute d’un plafond plus élevé.
Voici ce qui change, où la facture explose, et ce que vous pouvez encore anticiper.
Le cheval fiscal, le “bouton volume” de votre carte grise
Quand on parle d’augmentation, tout part presque toujours du même indicateur : le cheval fiscal (CV). C’est la valeur unitaire décidée par chaque conseil régional. Ensuite, la taxe régionale se calcule simplement en multipliant ce prix par la puissance fiscale indiquée sur votre certificat d’immatriculation, à la case P.6.
La carte grise n’additionne pourtant pas qu’une seule ligne. L’État rappelle que le coût total correspond à plusieurs taxes, dont la taxe régionale, une taxe fixe de 11 €, et la redevance d’acheminement de 2,76 €. Autrement dit, même quand la région exonère une partie, il reste souvent un “socle” à payer.
Ce détail compte, car beaucoup d’automobilistes découvrent le prix final au moment de valider la démarche sur le site de l’ANTS ou via les simulateurs officiels. Et en 2026, ce “moment de vérité” risque d’être plus douloureux.
Carte grise 2026 : quatre régions enclenchent la hausse
Depuis le 1er janvier 2026, la taxe régionale a augmenté en Provence-Alpes-Côte d’Azur, passant de 59 à 60 €, et en Corse, de 43 à 53 €, selon Service-Public.
La même source annonce aussi un mouvement très suivi : à La Réunion, la taxe régionale passera de 57 à 60 € au 1er février 2026.
Enfin, d’après Auto Plus, la Nouvelle-Aquitaine prévoit une hausse de 5 € à compter du 1er mars 2026.
Ces relèvements paraissent “petits” sur le papier. Pourtant, l’impact devient immédiat dès que la puissance fiscale grimpe. Une compacte à 7 CV ne “prend” pas 5 € de plus, mais 35 € de plus sur la seule part régionale. Et sur certains véhicules familiaux, la hausse se voit d’un coup.
Où la carte grise coûte le plus cher aujourd’hui
En 2026, plusieurs régions touchent déjà le plafond actuel, fixé à 60 € par cheval fiscal. Auto Plus indique que ce maximum est atteint dans sept régions.
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Toujours selon ce tour d’horizon, on retrouve notamment des zones à 60 € comme la Bourgogne-Franche-Comté, la Bretagne, le Centre-Val de Loire, le Grand Est, la Normandie, mais aussi désormais la région Sud (PACA) et La Réunion.
À l’autre bout, certaines régions restent bien plus basses. Auto Plus cite par exemple les Hauts-de-France à 42 € et Auvergne-Rhône-Alpes à 43 €, tandis que Mayotte reste très en dessous.
La conséquence est simple. À puissance fiscale identique, le prix change fortement selon l’adresse. Une voiture de 6 CV coûte 360 € de taxe régionale au plafond de 60 €, contre 252 € si le CV est à 42 €. L’écart dépasse vite la centaine d’euros quand on ajoute les démarches, et il nourrit un sentiment d’injustice fiscale très concret.
Le gouvernement, lui, assume le principe : la taxe régionale finance une partie des politiques locales. C’est précisément ce qui alimente, en coulisses, un débat explosif sur le plafond national.
Vers 70 € ou 80 € : le plafond qui fait trembler les automobilistes
Le sujet ne date pas d’hier, mais il revient avec force dans le projet de loi de finances. D’après Public Sénat, le plafond du cheval fiscal est aujourd’hui à 60 €, et des amendements ont porté des scénarios à 70 €, voire 80 €.
La même source souligne un autre point clé : la carte grise représente une ressource majeure pour les régions, avec environ 2 milliards d’euros en 2023.
Dans ce contexte, l’idée d’un plafond relevé devient une soupape budgétaire. Et certaines collectivités regardent déjà comment capter une part dédiée. La région Île-de-France est régulièrement citée dans ces discussions, car ses besoins de financement des transports pèsent lourd. D’après Auto Plus, un mécanisme de majoration au profit d’Île-de-France Mobilités est évoqué, avec une trajectoire qui ferait grimper le CV francilien à terme.
Le calendrier, lui, reste politique. Tant que la loi de finances n’est pas définitivement adoptée, le plafond à 60 € tient. Mais la tendance générale est claire : la carte grise devient un levier de recettes plus qu’un simple document administratif.
Les véhicules électriques : l’exonération devient l’exception
Pendant des années, l’achat d’un véhicule électrique s’accompagnait souvent d’une exonération de taxe régionale. Cette logique se fissure. Le Monde rappelle qu’avec la loi de finances 2025, l’exonération a été supprimée, sauf si une région décide de la maintenir.
Dans les faits, Auto Plus expliquait qu’en 2025, les Hauts-de-France restaient la seule région à accorder une exonération de taxes à l’immatriculation pour les électriques, et que la mesure n’était pas remise en question “à ce stade”.
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Cette évolution change la psychologie de l’achat. Le bonus écologique, la recharge, l’assurance, la décote : tout se calcule. Et voilà qu’un poste “invisible” revient dans l’équation, parfois au niveau maximal. Pour un automobiliste qui bascule à l’électrique en 2026, la carte grise redevient un vrai coût d’entrée, surtout dans les régions déjà au plafond.
Comment limiter la note avant de valider la démarche
La première règle, c’est l’anticipation. Si votre région annonce une hausse datée, déposer votre dossier avant l’échéance peut suffire à économiser plusieurs dizaines d’euros. C’est précisément le cas en Nouvelle-Aquitaine, où l’augmentation annoncée est calée au 1er mars 2026, selon Auto Plus.
Ensuite, faites une simulation officielle. Service-Public met à disposition un outil sur le prix du cheval fiscal, mis à jour au 1er janvier 2026, qui mentionne explicitement les hausses en PACA, en Corse et la hausse à venir à La Réunion.
Pensez aussi à vérifier ce que vous payez vraiment. Service-Public rappelle que le coût comprend plusieurs lignes, dont la taxe fixe de 11 € et la redevance d’acheminement de 2,76 €.
Cela permet d’éviter une confusion fréquente : même si la taxe régionale baisse ou s’annule, il reste des montants incompressibles dans beaucoup de cas.
Enfin, gardez un œil sur la dématérialisation. Depuis juin 2025, l’ANTS indique que la carte grise peut être intégrée dans l’application France Identité. Cela ne réduit pas la taxe, mais cela peut fluidifier vos contrôles et démarches, et limiter les erreurs.
Une hausse qui dit beaucoup plus qu’un simple tarif
La carte grise 2026 n’augmente pas “par hasard”. Elle révèle un mouvement de fond : les régions cherchent des marges, l’État encadre, et l’automobiliste paie la différence selon son adresse.
Avec un plafond à 60 € déjà saturé dans plusieurs territoires, et un débat ouvert sur 70 € ou 80 €, la prochaine étape pourrait être plus brutale que les hausses de janvier. Le vrai enjeu, désormais, consiste à savoir quand agir… et jusqu’où la fiscalité automobile peut encore monter sans casser l’acceptation.