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En hiver, ce réflexe courant avec la voiture peut être risqué, selon un garagiste

Publié par Killian Ravon le 09 Jan 2026 à 18:53

Quand le thermomètre baisse, beaucoup d’automobilistes adoptent le même réflexe : laisser tourner le moteur quelques minutes avant de partir. En ce mois de janvier, l’intention semble prudente.

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Voiture moderne au ralenti par matin d’hiver, rue enneigée en ville, vapeur visible sortant de l’échappement.
Par temps froid, le ralenti prolongé semble rassurant, mais il n’est pas toujours recommandé sur les voitures récentes.

Pourtant, derrière cette habitude rassurante se cachent des effets souvent sous-estimés, à la fois mécaniques, financiers et environnementaux.

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Un mécanicien répare un moteur dans le compartiment moteur, mains au travail, gros plan sur la mécanique
Un passage au garage rappelle vite les bons réflexes. Crédit : Wikimedia Commons.
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Un réflexe très répandu dès que le froid s’installe

Au cœur de l’hiver, le départ du matin ressemble souvent à un rituel. On démarre, on attend, on espère que l’habitacle devienne plus confortable et que la mécanique « se mette en température ». L’idée est simple : éviter de solliciter un moteur froid, perçu comme plus fragile.

Cette croyance s’explique aussi par une impression de bon sens. À froid, tout paraît plus dur : le démarrage semble plus laborieux, les vitres sont givrées, et la route impose parfois des accélérations rapides. Dans ce contexte, patienter quelques instants donne l’impression de réduire le risque.

Mais ce geste est aussi une habitude héritée. Pendant des années, il a été répété comme un conseil presque automatique, transmis sans toujours distinguer les anciennes générations de véhicules de ceux d’aujourd’hui. C’est précisément cette confusion qui entretient le réflexe.

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Fumée blanche sortant du pot d’échappement d’une voiture par temps froid, sur un pavé humide en ville
Par grand froid, on confond souvent vapeur et “moteur qui chauffe”. Crédit : Wikimedia Commons.

Pourquoi cette habitude vient d’une autre époque

Longtemps, les voitures ont eu besoin d’une montée en température plus progressive. Les technologies d’injection, les tolérances mécaniques et la qualité des lubrifiants n’étaient pas les mêmes. Laisser tourner le moteur à l’arrêt avait alors une logique plus tangible, notamment pour éviter des à-coups et préserver certaines pièces.

Aujourd’hui, les moteurs modernes sont conçus pour fonctionner à froid dans des conditions normales, sans exiger une longue phase d’attente. Les huiles actuelles circulent rapidement après le démarrage et assurent la lubrification nécessaire bien plus vite qu’autrefois. Autrement dit, la mécanique n’est plus dans la même situation qu’il y a plusieurs décennies.

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Cette évolution n’a pas forcément modifié les réflexes des conducteurs. Beaucoup continuent d’appliquer un « bon conseil » qui n’est plus adapté, surtout dans un usage urbain où les trajets sont courts, fréquents et souvent répétitifs.

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D’après TF1, cette pratique a même des effets indésirables sur plusieurs plans. Elle peut augmenter les coûts à l’usage, accélérer certains phénomènes d’usure et alourdir l’empreinte environnementale, sans apporter de bénéfice net.

Voiture entièrement recouverte de neige après une tempête, stationnée dans une rue résidentielle en hiver
Quand tout est gelé, les réflexes reviennent… même les mauvais. Crédit : Wikimedia Commons.
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Le ralenti prolongé, un fonctionnement loin d’être idéal

À l’arrêt, le moteur tourne au ralenti. Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce régime n’est pas forcément la situation la plus « douce » pour un moteur froid. La combustion peut être moins optimale, notamment le temps que l’ensemble atteigne sa température de fonctionnement.

Quand la combustion est imparfaite, certains résidus s’accumulent plus facilement. Les professionnels évoquent alors l’encrassement, un phénomène discret mais fréquent, qui se construit dans la durée. Plus les démarrages à froid se multiplient, plus les courts trajets s’enchaînent, plus ce risque est susceptible d’augmenter.

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Ce contexte peut aussi solliciter davantage des éléments liés aux émissions. Des pièces comme la vanne EGR ou le système antipollution sont conçues pour fonctionner dans un équilibre précis, et l’usage répété à froid, combiné à des phases inutiles à l’arrêt, peut favoriser des dépôts et des dysfonctionnements.

Sur certains véhicules, le filtre à particules fait également partie des composants sensibles aux usages urbains très courts. Quand la voiture ne roule pas suffisamment longtemps pour atteindre des conditions favorables, le cycle de fonctionnement peut se compliquer, et les effets se reportent sur l’entretien ou les réparations.

Enfin, il existe un risque souvent oublié parce qu’il paraît évident : laisser tourner dans un espace fermé. Même si cela ne concerne pas tous les usages, le danger lié aux gaz d’échappement dans un endroit peu ventilé reste réel.

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Gros plan sous une voiture sur un silencieux et une sortie d’échappement, perspective au ras du sol
L’échappement raconte beaucoup de choses sur nos habitudes au quotidien. Crédit : Wikimedia Commons.

Une facture invisible : carburant brûlé, pollution accrue

Laisser un moteur tourner sans avancer, c’est consommer du carburant pour… rester immobile. Cette réalité paraît anodine minute par minute, mais elle se cumule. Dans les faits, ce temps d’attente peut entraîner une surconsommation qui pèse sur le budget, surtout lorsque l’habitude se répète chaque matin.

Cette hausse s’accompagne mécaniquement d’une augmentation des rejets. À l’arrêt, la voiture émet du CO₂ sans produire le moindre déplacement. Et parce que la phase de démarrage à froid est plus sensible, elle peut aussi s’accompagner d’émissions plus importantes de particules et d’oxydes d’azote.

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En période de grand froid, ces émissions ont d’autant plus d’impact que l’air peut être plus stable et moins dispersant. Dans certaines zones urbaines, la pollution tend alors à stagner plus longtemps, ce qui rend l’effet collectif plus visible. Un geste banal, multiplié par des milliers de véhicules, finit par peser sur la qualité de l’air.

Le paradoxe, c’est que ce réflexe se veut protecteur. Pourtant, il peut coûter à la fois en consommation de carburant et en maintenance, si l’encrassement et l’usure finissent par conduire à des interventions plus fréquentes.

Vintage car repair shop with an old American car, engine hoist and tools inside a garage workshop
Un atelier, des outils… et parfois des conseils qui évitent des frais. Crédit : Wikimedia Commons.
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Ce qui est réellement recommandé pour partir sans brusquer la mécanique

Les professionnels de l’automobile s’accordent sur un point : la montée en température la plus efficace se fait en roulant, pas en restant immobile. L’objectif n’est pas d’accélérer fort dès les premiers mètres, mais de laisser l’ensemble monter progressivement en conditions.

Dans les premiers instants, quelques secondes peuvent suffire pour stabiliser le fonctionnement. Ensuite, une conduite douce sur les premiers kilomètres permet au moteur de chauffer progressivement, tout en évitant les contraintes inutiles. Cette approche agit aussi sur d’autres éléments mécaniques, qui bénéficient d’une mise en mouvement réelle plutôt que d’un simple ralenti.

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Ce détail change la logique : au lieu de chercher à « chauffer » sur place, il s’agit de démarrer normalement et d’adapter son style de conduite. C’est souvent plus rapide, plus cohérent avec la conception actuelle des véhicules, et plus avantageux sur le long terme.

Et c’est là que se situe l’essentiel, souvent découvert tardivement : faire chauffer sa voiture longtemps à l’arrêt, sur une voiture récente, n’est pas le geste protecteur qu’il semble être. Selon les garagistes, cette habitude peut au contraire favoriser l’encrassement, augmenter la consommation et la pollution, et exposer à des coûts évitables ; la recommandation est de démarrer, attendre brièvement, puis partir en douceur.